16:28 2 février 2019 | mise à jour le: 4 février 2019 à 12:27 Temps de lecture: 3 minutes

Première convention pour 150 travailleuses de Buanderie Blanchelle

MONTRÉAL — Quelque 150 travailleuses à bas salaire dans une buanderie, qui étaient parfois contraintes de faire des heures supplémentaires obligatoires, et qui s’étaient syndiquées au cours des derniers mois, viennent d’améliorer sensiblement leur sort en concluant leur première convention collective.

Les 146 travailleuses de la Buanderie Blanchelle, une buanderie industrielle à Saint-Jean-sur-Richelieu, étaient même contraintes de faire des heures supplémentaires obligatoires, tant les délais à respecter, notamment pour les clients américains, étaient serrés, a indiqué en entrevue vendredi le représentant du Syndicat des métallos, Claude Langlois. Cette buanderie dessert notamment des établissements de santé.

Plus tôt cette semaine, c’est dans une proportion de 95 pour cent que ces travailleuses, membres de la section locale 9414 du Syndicat des métallos, affilié à la FTQ, ont ratifié leur première convention collective.

La convention prévoit des augmentations de salaire de l’ordre de 8,3 pour cent sur trois ans, soit 2,6, puis 2,7 et 3 pour cent.

De plus, plusieurs primes ont été instaurées, notamment pour les chefs d’équipe; deux congés mobiles ont été ajoutés. La convention prévoit également la possibilité d’une retraite progressive.

Et, surtout, l’obligation qui était parfois faite de travailler en heures supplémentaires a été encadrée. «Ça va permettre de mieux concilier le travail et la famille», a fait valoir M. Langlois.

En vertu des nouvelles règles, l’employeur devra d’abord recourir à des employés volontaires qui sont déjà au travail, puis à une liste d’employées qui se sont inscrites sur une liste de disponibilité. S’il doit contraindre des employées à faire des heures supplémentaires, il devra le faire par ordre d’ancienneté inversée, c’est-à-dire en commençant par celles qui ont le moins d’ancienneté.

De plus, un comité paritaire en santé et sécurité au travail a été instauré, puisqu’il s’agit d’un travail exigeant physiquement.

La négociation d’une première convention collective est souvent laborieuse. Il faut parfois recourir à un arbitrage de première convention. Cette fois-ci, cela n’a pas été le cas; les parties ont réussi à s’entendre. «C’est une négociation qui a été assez bien», a conclu M. Langlois.

Au moment d’écrire ces lignes, la direction de Buanderie Blanchelle n’avait pas encore rappelé La Presse canadienne.

L’entreprise a fini par publier un communiqué samedi matin. Selon son président, Pierre Ferron, les conditions salariales et de travail de ses employés sont «compétitives, les meilleures dans [cette] industrie».

Lia Lévesque, La Presse canadienne

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