uncategorized
16:47 23 février 2018 | mise à jour le: 23 février 2018 à 16:47 temps de lecture: 3 minutes

Risques de violence des séparatistes: Trudeau nie avoir évoqué le Québec

Justin Trudeau a catégoriquement nié vendredi avoir utilisé l’exemple de la lutte des souverainistes au Québec pour illustrer les risques de violence que peuvent poser les mouvements indépendantistes.

Justin Trudeau

THE CANADIAN PRESS/ Geoff Robins

«Le rapport est entièrement faux. Je n’ai pas dit ça», a-t-il tranché en conférence de presse à New Delhi, en Inde.

Le premier ministre a plaidé qu’il avait «toujours été très fier du fait que le Canada et le Québec ont des leçons à partager avec le monde sur le pluralisme, la diversité, les différents points de vue, sans avoir recours à la violence».

Il était questionné sur un compte-rendu émanant du bureau du ministre en chef du Pendjab, Amarinder Singh. Selon celui-ci, il aurait cité le mouvement souverainiste du Québec en exemple pour convaincre ses hôtes qu’il était bien au fait des périls liés à ce type de mouvance.

«Citant le mouvement séparatiste au Québec, Trudeau a affirmé qu’il avait composé avec de telles menaces toute sa vie et qu’il était pleinement conscient des dangers de la violence, qu’il a toujours combattus avec toute sa force», a déclaré Raveen Thukral, porte-parole du dirigeant.

C’est à tout le moins ce qu’on peut lire dans un sommaire de l’entretien qui a été publié mercredi dernier sur un site gouvernemental du Pendjab.

Avant que le premier ministre canadien ne le fasse lui-même, son bureau avait contredit cette information. «Cette affirmation est complètement fausse», avait réagi la porte-parole Chantal Gagnon en entrevue téléphonique depuis la capitale indienne.

Selon ce qu’a par ailleurs confié une source gouvernementale à La Presse canadienne, Justin Trudeau a «parlé du Québec» avec son hôte, mais «en aucun cas n’a fait de comparaison entre les mouvements indépendantistes québécois et sikhs, surtout pas avec la violence».

À l’issue de sa rencontre avec le premier ministre canadien, mercredi dernier, le ministre en chef Singh avait écrit sur sa page Facebook qu’il était «ravi d’avoir obtenu la ferme assurance» de M. Trudeau que le Canada appuyait une Inde unie.

«Nous sommes impatients de voir ce gouvernement combattre la frange séparatiste», avait-il poursuivi.

La majorité des Indo-Canadiens sont des sikhs originaires de l’État indien du Pendjab, où un mouvement séparatiste milite en faveur de la création d’un État sikh indépendant, le Khalistan. Avant l’arrivée de Justin Trudeau en Inde, on l’a accusé d’avoir au sein de son cabinet des sympathisants à la cause, dont le ministre de la Défense, Harjit Sajjan.

«Mensonger et irrespectueux»

Les propos sur la violence attribués au premier ministre par le représentant indien ont évidemment fait sursauter au Québec.

«Que Justin Trudeau se ridiculise en Inde, c’est son affaire. Mais identifier le mouvement indépendantiste québécois actuel à la violence est mensonger et irrespectueux pour des millions de Québécois», a écrit vendredi matin sur Twitter le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée.

Quelques députés conservateurs fédéraux du Québec se sont aussi tournés vers le même réseau social pour exprimer leur étonnement et leur mécontentement, vendredi.

«J’ai des amis souverainistes et même si je ne partage pas leur vision, JAMAIS ils n’ont pensé recourir à la violence pour faire la souveraineté. Trudeau fait du ‘Québec bashing’ pour se sortir de la m… dans laquelle il s’est mis lui-même en Inde», a commenté le député Luc Berthold.

 

Mélanie Marquis , La Presse canadienne

Articles similaires

Commentaires 0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *