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14:22 18 janvier 2015 | mise à jour le: 18 janvier 2015 à 14:22 Temps de lecture: 6 minutes

Qualité de l’air à Limoilou, comment gérer les problèmes liés au Port de Québec?

PORT DE QUÉBEC. La pollution de l’air inquiète dans Limoilou. Le Port de Québec est régulièrement accusé de ne pas se soumettre à différents tests et de ne pas faire ce qui serait optimal pour la population. De l’autre côté, le Port confirme que des efforts en matières environnementales sont effectués et se dit injustement pointé du doigt. Portait de la situation qui inquiète à Limoilou.

Un peu d’histoire

Depuis l’épisode critique de 2012 (poussière rouge, 1er événement qui a alerté les gouvernements et l’Agence de la santé publique) où une résidente de Limoilou mettait en évidence la présence de matériaux lourds et dangereux pour la santé (nickel, etc.), le Port de Québec est perçu par beaucoup comme étant à l’origine de la pollution avoisinante. Pourtant, c’est depuis les années 1970 que sont répertoriés les problèmes de pollution et de contamination venant du Port de Québec. Les problèmes ont bien sûr pris de l’ampleur avec l’augmentation des activités industrielles du Port et du volume manutentionné.

Les nuisances au quotidien

Il s’agit de problèmes en continu liés à la manutention, le transbordement ou l’entreposage. «C’est en continu, même si le problème est parfois plus visible dans certains quartiers [on parle d’épisodes]», déclare Véronique Lalande, du Comité Vigilance Port de Québec. La contamination est créée par les minerais: le charbon, le fer et leurs dérivés (nickel, zinc, gypse, bauxite). Dans d’autres secteurs, c’est le sel, le sucre et les produits calcaires (pour le secteur de Cap-Blanc).

Le sucre avec le vent et l’humidité crée une mélasse, qui se retrouve sur les voitures. Par exemple, les essuie-glaces ne fonctionnent plus. Ça fait de la colle, comme le mentionne Mme Lalande. Il y a eu deux épisodes non documentés par le Port de Québec. Pour la poussière retrouvée régulièrement sur le bord des fenêtres, dans les cours et ailleurs, c’est la santé de la population qui serait menacée. La source du problème, selon le Comité Vigilance Port de Québec, ce sont les vents qui propagent les matières, et les vents ne sont pas contrôlables. Il faut donc trouver une solution ailleurs.

Des pistes de solutions pour régler le problème

Pour Véronique Lalande, la situation n’est pas complexe. Le Port de Québec gère des opérations industrielles dans une zone densément peuplée. «Si on veut maintenir ce type d’activité là, à ce niveau-là, ça prend un circuit fermé. Ça a été demandé par le ministère, ça a été demandé par la Santé publique», explique-t-elle. Le Québec Express a formulé officiellement la question suivante au Port de Québec: «Pourquoi le Port de Québec n’investit pas dans un système de manutention sécurisé fermé pour régler définitivement les problèmes de qualité de l’air? Quels en seraient les obstacles et les inconvénients?» «Le port et ses partenaires ont investi près de 30M$ dans plusieurs technologies afin de limiter au maximum ses impacts. Prenons par exemple les canons à eau qui créent des murs d’eau et qui agissent comme une zone de cloisonnement. De plus, plusieurs produits dont par exemple le nickel, l’alumine, le zinc, les granules de bois, les céréales, etc. sont entreposés à l’intérieur de dômes ou de hangars spécialisés. Les empilements de produits de vrac solide qui ne sont pas entreposés à l’intérieur sont soit recouverts d’une bâche étanche, ou encore humidifiés via le système de canon à eau», a répondu Mme Blanchet.

Les efforts du Port de Québec

Le Port de Québec se dote actuellement des «meilleures pratiques environnementales». Les trois assises de cette nouvelle procédure seront notamment l’obligation d’informer et d’impliquer les citoyens selon différentes formes, l’obligation de faire appel à une firme indépendante pour produire les études des effets environnementaux, l’obligation pour le promoteur de prendre en compte les commentaires émis par les citoyens. Le Port de Québec a installé des bâches sur les matières à particules entreposées à l’extérieur, et a mis en place un système de gicleurs qui humidifient et empêchent les particules de s’envoler dans l’air.

Ces procédés sont jugés par Mme Lalande comme des mécanismes périphériques qui ne régleront pas le problème à la source. «Malheureusement, on n’a toujours aucun résultat tangible de ces améliorations annoncées», rapporte la résidente de Limoilou. Selon Mme Lalande, il n’y a rien de nouveau dans l’annonce faite récemment aux médias en janvier. (lire: Port de Québec: les études sur la qualité de l’air retardées et Nouveau processus d’évaluation environnementale pour le Port de Québec sur http://www.lequebecexpress.com)

Malgré leur volonté de régler le problème, « ils n’ont pas la compétence scientifique pour juger de la qualité de ce qu’ils mettent en place. La consultation publique auprès des citoyens ne garantit pas la qualité de leurs pratiques», décrète Mme Lalande.

«La procédure environnementale va être rendue publique prochainement, et le processus vient formaliser l’obligation d’informer les citoyens», a déclaré Marie-Andrée Blanchet, porte-parole de l’administration portuaire de Québec. On apprenait en janvier que les résultats des analyses, prévus pour l’automne 2014 seraient reportés. Pour Marie-Andrée Blanchet, «la diffusion des résultats a été reportée pour différentes raisons techniques [raisons d’emplacement, notamment]».

Quelle juridiction?

Le Port de Québec se réclame de juridiction fédérale, puisqu’il est sur un terrain fédéral (le Bassin de la Couronne), et le transport maritime est aussi sous juridiction fédérale. Cela dit, la qualité de l’air est sous contrôle du ministère de l’Environnement, donc de juridiction provinciale. Les différents niveaux se renvoient la balle. Le ministère de l’Environnement a juridiction sur les impacts, mais prétendent ne pas avoir accès à la source. «Ils devraient être soumis aussi à la juridiction provinciale puisqu’ils opèrent au Québec, et même municipale en fonction des règlements sur le zonage, la pollution. Le système de partage des pouvoirs a été conçu normalement pour éviter les gouffres, les poches», explique Véronique Lalande.

D’après elle, des entreprises se soumettent, elles, aux bons procédés. Selon Mme Lalande, le Port de Québec devrait perdre don droit d’être autogéré, car il n’a pas démontré ses capacités à gérer ses affaires sans avoir des impacts nuisibles pour les citoyens.

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