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15:11 21 juillet 2015 | mise à jour le: 21 juillet 2015 à 15:11 temps de lecture: 5 minutes

Jardin pour soi: Cultiver dans la solidarité

COMMUNAUTE. Le Jardin pour Soi, c’est l’initiative mise en place par le YWCA de Québec. Depuis 2011, des femmes bénévoles de tout âge se retrouvent régulièrement pour prendre soin de 80 variétés de plantes médicinales et aromatiques. Des herbes qui sont ensuite récoltées puis transformées afin d’être vendues au bénéfice de l’organisme.

«Pour beaucoup de bénévoles, ce projet, c’est leur bébé. On a une grosse part de femmes à la retraite qui ont besoin de s’investir. On fait en sorte de lâcher du lest pour leur laisser des responsabilités. Le but c’est qu’elles se sentent valorisées. On veut qu’elles s’épanouissent, un peu comme les fleurs dont on s’occupe» déclare Audrey Pernis, chargée du projet «Jardin pour soi». La jeune femme se tient sur une terrasse du YWCA transformée en jardin. Chaque jardinière est alignée de manière à former un cœur «pour envoyer de l’amour aux résidentes de l’étage au-dessus». Une idée venue directement des femmes qui contribuent chaque jour à entretenir les plantes.

L’objectif premier de l’atelier est de développer le leadership de ses membres. Mais au final, «chacune vient un peu chercher ce qu’elle souhaite» sourit Audrey Pernis. Aujourd’hui, l’atelier est destiné aux femmes du programme La grande marelle, qui résident au sein du YWCA. Assises en terrasse, elles discutent tranquillement au soleil avant que le cours ne commence: «On a créé des liens entre nous en dehors de cette activité, mais on l’apprécie beaucoup. Surtout d’en apprendre autant sur les plantes. Et il y de a l’entraide, les gens sont souvent de bonne humeur. On ressent une bonne énergie et une bonne harmonie» assurent-elles, ne manquant pas de fournir une quantité d’informations sur les plantes qui les entourent.

Une petite entreprise bien rôdée

D’autres ateliers sont organisés dans la semaine. Le seul prérequis initial pour toutes les futures membres est la motivation. L’inscription n’ayant aucun caractère obligatoire, seul le volontariat poussent les bénévoles à donner de leurs temps à l’entretien du jardin puis à la fabrication et la vente des produits.

Les plantes médicinales et aromatiques sont disposées dans deux jardins, un devant la façade du YWCA, un autre sur la terrasse. Une fois que tout est arrivé à maturité, c’est le temps de la récolte puis du séchage. «Ensuite, on fait des sachets pour les tisanes par exemple, ou on les vend comme herbes, huiles, crèmes. Et on utilise même des fleurs pour les sels de bain. On a un laboratoire où on pratique la transformation» explique Audrey Pernis.

Le projet s’autofinance à travers les recettes des ventes, notamment durant la grande vente de plants annuelle qui «connaît un gros achalandage vu que nous sommes les seuls sur le marché» indique Audrey Pernis. À ne pas oublier aussi, une salle «des pensées sauvages», un endroit de formation pour les membres où s’organise des conférences et des ateliers une fois par mois. Pour celles qui ont le goût de s’engager encore d’avantage dans l’activité, le «comité des sorcières» décide des idées de nouveaux produits. Mais il n’est pas seul. Le comité organisateur veille au projet, celui de la communication s’assure de la publicité et enfin celui de la production s’occupe de la planification et de l’entretien des semis. Toute une entreprise bien pensée.

Favoriser l’agriculture urbaine tout en luttant contre l’isolement

Environ dix femmes bénévoles sont réunies par atelier. Au-delà d’un objectif de formation sur les plantes médicinales et de management à travers les conférences et comités, ces réunions quotidiennes permettent de briser l’isolement, des femmes âgées notamment. Car la mission du jardin est avant tout solidaire. «C’est une activité qui apporte de saines habitudes de vie mais principalement du loisir. Les femmes reviennent régulièrement parce qu’à travers les ateliers, elles forment un gang de copines» s’amuse Audrey Pernis.

Et ce n’est pas Mireille Bonnet, bénévole depuis un an, qui dira le contraire. «Quand on effeuille à 10 ou 12 les branches de framboisiers, on jase toutes ensembles, c’est extrêmement riche comme milieu de vie» indique la jeune retraitée. Elle se rappelle encore de son premier jour au sein de l’atelier, où une des anciennes avait pris le temps de lui faire visiter tous les locaux. «Il y a beaucoup de bienveillance de celles qui sont là depuis longtemps, c’est un peu intimidant quand on arrive de voir toute cette énergie qu’ont les anciennes, mais elles savent prendre les nouvelles par la main. Sans compter qu’on a mis en place un programme de jumelage, de parrainage » détaille la responsable des ateliers.

Mireille Bonnet, inscrite aux cours depuis un an, a choisi cette activité pour mieux comprendre la nature qui l’entourait. Elle aura fini par créer son propre jardin: «J’ai produit le mien avec mon voisinage, et c’est beau de voir les enfants, les familles se réunir pour l’entretenir. Finalement, ce qu’on apprend ici, le but c’est aussi de le reproduire chez nous. On participe à l’agriculture urbaine, à verdir nos quartiers, c’est un vrai outil de sensibilisation pour la ville».

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