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20:42 21 octobre 2014 | mise à jour le: 21 octobre 2014 à 20:42 temps de lecture: 3 minutes

Foncer pour mieux comprendre

ALPHABÉTISATION . Les 13 adultes qui étudient en alphabétisation à Alphabeille Vanier ont lancé officiellement leur livre Foncer pour mieux comprendre il y a quelques semaines. Les écrivains, dont certains n’étaient pas en mesure de lire une adresse il y a un an, ont travaillé très fort pour arriver à un résultat dont ils ne sont pas peu fiers.

«Ce livre, on l’a pleuré», soutient une auteure, pour montrer la difficulté du parcours que ces nouveaux-nés de l’écriture ont dû accomplir. Un livre, qu’il soit à lire ou à écrire n’est pas à la portée de tous. Mais ces adultes étaient en plus dans une démarche d’apprentissage d’une éducation qu’on pourrait qualifier de base de nos jours. Ces adultes analphabètes sont tous québécois, à part une immigrante, qui est ici depuis longtemps. Ce sont des personnes comme tout le monde. Mais, de par leur parcours de vie, ils ou elles ont dû abandonner l’école ou y sont à peine allés. À leur âge, parfois pas tout jeunes, ils ont décidé de reprendre leur vie en mains.

La démarche d’écriture de l’ouvrage était balisée à l’aide d’un croquis en plusieurs étapes. Le processus a duré huit mois. Micheline, qui a eu l’idée du titre Foncer pour mieux comprendre, trouve que retourner [et revivre] le passé était difficile. Pour Christian, qui a raconté dans l’ouvrage l’histoire d’Alphabeille Vanier, la recherche historique lui a pris beaucoup de temps. «Je me suis déjà levé la nuit pour écrire», raconte Marcel, devenu passionné d’écriture. Apprendre à lire et à écrire demande beaucoup de courage à un certain âge. «Mais grâce à nous, ça montre que tout le monde peut y arriver», soutient Claudette.

On retrouve dans les différents parcours des grands élèves diverses difficultés. Pour Marcel, c’était un déficit d’attention et de la dyslexie, dont personne ne s’occupait à l’école. Claudette avait quant à elle des problèmes d’audition. «Les bonnes sœurs m’ont mise de nombreuses fois à la porte à cause de ça». Diverses problématiques, qui n’étaient pas prises en charge à l’époque ont eu des conséquences sur la vie de ces personnes qui devaient fonctionner normalement mais qui ne savaient pas lire une adresse, et parfois pas écrire leur nom. «On a atteint les objectifs qu’on voulait [avec ce livre]», raconte Marcel.

Comment fonctionner sans points de repères?

Le monde actuel est plein de signes écrits, que ce soit chiffres, lettres, codes, mots-clics. Selon les résultats de l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA), 49 % des Québécois, âgés de 16 à 65 ans, ont des difficultés de lecture. Parmi ceux-ci, 800 000 adultes sont analphabètes (source fondationalphabetisation.org )

Grâce à de l’alphabétisation populaire comme Alphabeille Vanier, qui se différencie des autres grands centres d’alphabétisation et d’éducation aux adultes de par sa taille familiale, les adultes peuvent, en petits groupes, apprendre à communiquer autrement que par oral. L’organisme n’est pas réservé aux résidents de Vanier.

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