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13:00 29 octobre 2014 | mise à jour le: 29 octobre 2014 à 13:00 temps de lecture: 3 minutes

Des milliers de morts au cimetière Saint-Matthew

CIMETIÈRE. Le cimetière Saint-Matthew est le premier cimetière protestant de la ville. Il fut inauguré en 1771, et les premiers enterrements eurent lieu en 1772. Petit repose-âmes niché au cœur de la Haute-ville, il est le plus ancien cimetière anglophone de Québec, et un des plus anciens anglophones de la province.

Plus de 300 pierres tombales se dressent, qui commémorent au-delà de 500 personnes (puisqu’étaient enterrés parfois des personnes de la même famille). «Mais de 6000 à 10 000 personnes sont enterrées là-dessous, anonymement, dans des fosses communes», explique David Mendel, historien de l’art. Les stèles qui sont érigées sont donc des traces de personnes qui avaient les moyens de se payer une pierre tombale privée.

«On trouve ici les gens qui avaient réussi dans la vie (militaires, gouverneurs, gens d’affaires) ou encore des marins, des cordiers (qui fabriquaient des cordes pour les navires), bref, toutes sortes de métiers de gens qui ont eu un certain succès», soutient David Mendel.

Histoire et patrimoine

En plus d’être l’un des plus anciens cimetières de la province, Saint Matthew représente un monde anglophone oublié à Québec. «Il ne faut pas oublier que 40% de la population de Québec était anglophone au milieu du 19e siècle», rappelle David Mendel.

«En 1979, l’Église St Matthew’s a été transformée en bibliothèque, l’église anglicane l’a cédée à la ville de Québec pour 1$, parce qu’il n’y avait pas beaucoup de paroissiens», rapporte M. Mendel. Le parc devait rester public à la condition de le conserver en bon état.

«Lors de la première restauration du cimetière, en 1986, la ville a mis des plaques commémoratives qui expliquaient les destins particuliers des personnes enterrées», explique l’historien. Finalement les plaques ont été retirées, et le public peut en apprendre plus grâce à une application.

Mini visite guidée

Au cimetière, on trouve la plus ancienne pierre tombale au Québec (photo)d’un officier écossais du général Wolfe. L’épitaphe est écrite en français et en anglais. Le défunt est mort en 1759, quelques jours avant la bataille des Plaines d’Abraham. Sa pierre tombale a été transférée ici à l’ouverture du cimetière Saint-Matthew.

Une rumeur qui court depuis des centaines d’années fait croire que Robert Wood (photo), un riche marchand, possesseur de navires, aurait été le fils illégitime du duc de Kent, et par conséquent le demi-frère de la reine Victoria du Royaume-Uni.

Samuel Casely a été victime d’un meurtre. C’était un marin anglais qui s’est fait attaquer alors qu’il marchait sur la grève. «Sur plusieurs pierres tombales, on fait parler les morts», souligne l’historien. En effet, quelques phrases sont là, comme s’il s’agissait de paroles du défunt.

À l’aide de l’application « cimetière St Matthew’s », sur iPod, le public peut avoir une visite guidée enregistrée qui l’aidera dans le parcours. Il peut aussi se procurer la visite audio à l’entrée de la bibliothèque située dans l’église anglicane St Matthew’s, au comptoir.

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