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19:23 7 octobre 2014 | mise à jour le: 7 octobre 2014 à 19:23 temps de lecture: 3 minutes

Des jeunes accros aux nouvelles technologies

PRÉVENTION. «Savez-vous qu’on peut vous enregistrer via webcam sans vous le dire?», demande Cathy Tétreault aux élèves de L’Escale. Les mains levées se font rares. Beaucoup plus rares que lorsqu’elle veut savoir combien fréquentent Facebook. Pour autant, elle n’en découragera aucun d’utiliser les nouvelles technologies. Le message que la directrice et fondatrice du Centre Cyber-Aide délivre aux enfants comme aux adultes qui participent à ses ateliers sur la cyberdépendance et la cybercriminalité, c’est bien plutôt de faire attention à la façon dont ils les utilisent.

Cette année, le Centre Cyber-Aide visitera des dizaines d’écoles primaires et secondaires – dont cinq à Charlesbourg: Les Sentiers, Le Sommet, Guillaume-Mathieu, L’Escale et Le Plateau. Les élèves de la fin du primaire seront surtout sensibilisés à la cyberdépendance et à la cyberintimidation, tandis que les adolescents aborderont le problème de la pornographie juvénile, facilité par les nouvelles technologies.

Interactifs, ces ateliers de prévention adoptent au passage la formule d’intervention de groupe, bien souvent à l’insu du groupe lui-même. Informée par le professeur de l’identité d’un élève intimidateur, par exemple, Cathy Tétreault le mettra en situation de prendre conscience de son manque d’habiletés sociales – à la source, selon elle, du réflexe d’intimidation. «Je leur fais vivre plein d’émotions», admet celle qui ne mettra pas de gants blancs. Car devant l’ampleur des phénomènes de la cyberdépendance et de la cybercriminalité, il n’est plus temps de se mettre la tête dans le sable, juge-t-elle.

Des adultes démunis

Des parents démunis devant la crise de leur enfant à qui ils ont enlevé l’accès à Internet ou à son iPod. Des établissements scolaires aux prises avec des cas d’adolescents qui partagent les photos intimes que leur envoient en privé leurs copines. Des professeurs en manque d’outils pour intervenir auprès de têtes fortes. Ces appels au secours sont désormais devenus monnaie courante alors qu’il y a trois ans, au moment de monter le Centre Cyber-Aide à Limoilou, «les gens ne voulaient pas trop en parler», se rappelle Cathy Tétreault.

Il aura fallu le soutien d’organismes comme la Caisse Desjardins de Charlesbourg, le Patro de Charlesbourg et la Polyvalente de Charlesbourg, énumère-t-elle avec reconnaissance, pour démarrer les programmes de sensibilisation, entrer dans les écoles et répondre aux besoins d’une clientèle qui se dira soulagée d’être mieux outillée pour aborder les problèmes liés aux nouvelles technologies. Surtout à l’heure où la tablette électronique achetée pour l’école est ramenée chaque soir à la maison.

Pour celle qui a travaillé en centre de thérapie fermée auprès de toxicomanes et d’accros aux jeux de hasard et d’argent, la clé de toute dépendance est dans la prévention en bas âge.

Votre enfant vous pique une crise quand vous lui interdisez l’accès à Internet?

– Évitez de transformer Internet en moyen de punition; visez plutôt à encadrer son usage

– Proposez des activités de remplacement intéressantes

– Fixez un temps d’utilisation

Membre du Groupe Québec Hebdo

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