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18:05 23 janvier 2013 | mise à jour le: 23 janvier 2013 à 18:05 Temps de lecture: 4 minutes

Le Squat Basse-Ville menacé de fermeture

Le Squat Basse-Ville, ce service d’hébergement temporaire destiné aux jeunes fugueurs, pourrait fermer ses portes le 18 février prochain, pour des raisons financières.

Avec un déficit financier de 60 000 $ et sans aide du gouvernement, l’organisme fermera ses portes le mois prochain. Pour limiter les dépenses, la direction a décidé de réduire son offre de service.

Des dépenses en forte augmentation

En déménageant l’été dernier dans ses nouveaux locaux, situé sur Notre-Dame-des-Anges, dans le quartier Saint-Roch, la directrice de l’établissement, Louise Fortin, a vu ses dépenses augmenter considérablement. «Aujourd’hui, nous devons payer l’électricité et les taxes. Avec la création des 17 studios, il a fallu intégrer deux intervenants supplémentaires. Et puis, nous avons connu une hausse de la fréquentation. En 2011, nous avons reçu, en visite, 315 jeunes fugueurs contre 329 en 2012. Et pour ce qui l’hébergement, nous avions, en 2011, 172 jeunes et en 2012, 206. Notre budget nourriture a triplé», constate Louise Fortin.

Même si la Ville a donné le terrain sur lequel le Squat est construit, le déficit est tel que l’organisme risque de mettre la clef sous la porte. «Il me reste de l’argent pour payer mes employés jusqu’au 18 février», explique-t-elle.

Besoin d’une aide gouvernementale

La directrice estime que le gouvernement provincial devrait lui allouer la somme de 350 000 $. «C’est le seuil plancher que le gouvernement donne aux maisons d’hébergement. On réclame cette somme», explique-t-elle.

Actuellement, le gouvernement provincial lui octroie 218 000 $. L’organisme finance par des dons privés la balance de son budget qui avoisine les 600 000 $. L’organisme mettra en ligne, dans les jours qui viennent, sur sa page Facebook une pétition afin de mobiliser la population.

«Si on ferme que vont devenir ces jeunes», interpelle la directrice. Sa crainte : qu’ils retournent dans la rue. «On sait très bien qu’il y a des hébergeurs malsains. Les jeunes filles sont très à risque vis-à-vis des proxénètes juvéniles. Nous sommes le seul organisme, à Québec et sa région, à accueillir les jeunes fugueurs», rappelle la directrice.

L’établissement propose un accueil, mais aussi aide ces jeunes dans leur réinsertion sociale. «Si le Squat ferme, je me retrouve dans la rue. Ici, j’avais des projets, je voulais retourner à l’école, j’avais enfin trouvé une place stable. J’ai peur de ce qui risque de nous arriver», témoigne Kassandra Roach, 18 ans, qui vit au Squat depuis trois mois.

«Ici, on nous donne un coup de pouce pour recommencer dans la vie. On est encadré. Les intervenants du Squat, ce sont comme nos parents. Ils sont là pour nous», souligne Marie-Chloé Veillette, 18 ans, résidente au Squat.

Pour Alex Le Madec, cet établissement était sa bouée de sauvetage. «Moi, où je vais aller, à votre avis? Là où j’étais, près du viaduc dans une bouche d’aération. Ça sent la friture, mais au moins je serai au chaud», témoigne la jeune femme de 21 ans. «Avec l’annonce de cette fermeture, c’est un lien de confiance qui va se briser. Le Squat, c’est ma famille, c’est la stabilité. Je viens ici depuis que j’ai 12 ans. Je suis en rupture avec ma famille. Avant d’être locataire au Squat, j’étais une junky, je me prostituais. Tout mon projet de vie tombe à l’eau», poursuit celle qui souhaitait retourner à l’école de cuisine.

«C’est vraiment dommage que la société ne voit pas l’utilité du Squat», déplore Marie-Chloé. Et en attendant le 18 février, l’établissement sera dorénavant ouvert du lundi au jeudi contre sept jours sur sept.

Le Squat Basse-Ville organise le 1er février prochain, de 10h à 21h, une porte ouverte de son établissement, situé au 97 rue Notre-Dame-des-Anges, à Québec.

Le Québec Express, membre du Groupe Québec Hebdo

Daphné, Marie-Chloé, Alex et Kassandra sont locataires des studios du Squat Basse-Ville.

(Photo Isabelle Le Maléfan)

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