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16:12 18 septembre 2013 | mise à jour le: 18 septembre 2013 à 16:12 temps de lecture: 3 minutes

«On banalise la fugue» – Louise Fortin

Cela fait six mois que le Squat Basse-Ville a réduit ses offres de services. La directrice de l’établissement, Louise Fortin, est en colère : «On nous a forcés à abandonner les jeunes.» Avec ces nouveaux horaires, la moitié des jeunes fugueurs ne se présentent plus à l’organisme.

«Déplorable, triste, pathétique», voici comment Louise Fortin, la directrice du Squat Basse-Ville, qualifie les coupures de services, exigées par le ministère de la Santé.

Depuis avril dernier, le Squat Basse-Ville a été contraint, en raison d’un déficit budgétaire, de fermer ses portes de 10 h à 16 h et les fins de semaine, pour devenir un refuge de nuit.

«Ce dont on avait peur, c’est concrétisé», explique Louise Fortin. Et chiffres à l’appui, le Squat a accueilli la moitié moins de jeunes fugueurs entre avril et août de cette année qu’en 2012, avec un même nombre d’avis de fugues.

La fugue évoque une souffrance

«Un jeune qui arrive ici et qui trouve la porte barrée, c’est évident qu’il va se retourner de bord. Il ira dans la rue et ce sera le réseau criminalisé, les pédophiles ou les proxénètes qui viendront le chercher», déplore la directrice.

«On banalise la fugue. Elle exprime une souffrance. Ces jeunes et leurs parents ont besoin d’aide», martèle-t-elle.

Depuis les coupures de services, le Squat est fermé trois nuits sur sept. «On s’est battu si fort. On a essayé de tout faire pour éviter d’en arriver là. Malheureusement, on savait que les adolescents viendraient moins. On était une famille de substitut», confie-t-elle.

Louise Fortin soutient que cette situation est le résultat d’«un manque de volonté politique. On demande 132 000 $ récurrents par année pour atteindre le seuil plancher de 350 000 $. On va déjà chercher 70 % de notre budget par différents évènements-bénéfices. C’est inconcevable de voir le ministère se fermer les yeux comme ça», rappelle-t-elle.

«On parle de «mourir dignement». Est-ce que ces enfants peuvent vivre dignement ? Peut-on leur donner une chance?, interroge-t-elle. Ces jeunes représentent le nouveau visage de l’itinérance», rajoute la directrice

La direction du Squat a récemment présenté ses statistiques à l’Agence de la Santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale dans l’espoir d’obtenir une rencontre avec Véronique Hivon, ministre déléguée aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse. «On attendait de l’Agence qu’elle fasse une démarche auprès du Ministère pour nous venir en aide, mais elle ne le fera pas», confie-t-elle.

Louise Fortin invite, de nouveau, Agnès Maltais et Véronique Hivon à venir dans les locaux du Squat : «Je les invite à venir nous rencontrer, à rencontrer les parents, les travailleurs qui sont sur le terrain. Je demande une rencontre pour qu’elles puissent juger de l’impact de cette décision sur ces jeunes.»

Des statistiques

Entre avril et août 2012, le service de police a recensé 274 avis de fugue institutionnelle.

Le Squat Basse-Ville a accueilli 89 fugueurs institutionnels rejoints en hébergement (33 %) et 110 fugueurs institutionnels rejoints en visite (40 %).

Entre avril et août 2013, le service de police a reçu 222 avis de fugue institutionnelle.

Le squat Basse-Ville a aidé 47 fugueurs institutionnels rejoints en hébergement (21 %) et 59 fugueurs institutionnels rejoints en visite (27 %).

Le Québec Express, membre du Groupe Québec Hebdo

Louise Fortin, directrice du Squat Basse-Ville, et Maxime Dubé, coordinateur à l’intervention, déplorent les coupures de services de l’organisme.

(Photo Isabelle Le Maléfan)

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