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16:18 15 août 2008 | mise à jour le: 15 août 2008 à 16:18 temps de lecture: 4 minutes

Un, rue des Apparences

L’exposition interactive «1, rue des Apparences» qui donne la parole à des personnes vivant différentes formes d’incapacités est de retour à Québec. Elle est présentée jusqu’au 25 septembre à l’Institut de réadaptation en déficience physique de Québec en parallèle avec le 21e Congrès mondial Rehabilitation International.

«L’exposition s’adresse surtout au grand public même si bien sûr elle est totalement accessible aux personnes à mobilité réduite, explique Francis Charrier, coordonnateur du Réseau international sur le Processus de production du handicap (RIPPH) qui présente cette exposition. Beaucoup d’organismes de défense des droits créent la possibilité d’échange entre les personnes vivant une incapacité. Nous souhaitons lors de cette exposition créer un pont avec le grand public, déconstruire les préjugés, en donnant la parole aux 10 à 12% de la population qui vivent différentes formes d’incapacités, qu’elles soient de nature physique, intellectuelle ou liées à des problèmes de santé mentale.»

Afin de donner le ton, trois personnes vivant un problème de mobilité ont été engagées comme interprète dans l’exposition.

Mise en scène par Gill Champagne, l’exposition interactive a été développée par le Musée de la civilisation en 2002 en partenariat avec l’Office des personnes handicapées du Québec.

De retour à Québec, suite à une tournée dans différentes villes du Québec, elle se présente comme un collage de confessions sur l’oreiller, de party de cuisine et de discussions de salon rassemblant des témoignages, des anecdotes et des histoires de vie de personnes ayant des incapacités et de leurs proches.

En se déplaçant au travers de différentes pièces d’une maison recréée, les personnes nous racontent leurs expériences quotidiennes d’exclusion, d’isolement et de tristesse, mais également de joie, de nostalgie et de bonheur. À titre d’exemple, sur un des miroirs de la pièce représentant la salle de bain, on peut lire: «Quand je prends mes médicaments je me sens mal, mais si je ne les prends pas ce sont mes proches qui ne se sentent pas bien. Je dois donc me sentir mal pour que mes proches se sentent bien». Dans la chambre à coucher en appuyant sur les oreillers on peut entendre des confessions où on aborde des sujets aussi tabous que la sexualité des personnes à mobilité réduite.

L’exposition permet d’entrer un bref instant dans l’existence des personnes ayant des incapacités, forçant du même coup, la réflexion sur les processus de marginalisation auxquels ils font face. Les créateurs souhaitent que les témoignages présentés dans le cadre de cet événement feront reculer les sentiments de peur, de mépris, de gêne, de pitié envers les personnes différentes et amènent la population à se rendre compte que la différence ne fait pas de ces gens des étrangers.

La tenue de l’exposition «1, rue des Apparences» n’est pas étrangère à la venue du 21e Congrès mondial de Rehabilitation International dans la Ville de Québec qui se tiendra du 25 au 28 août 2008. En fait, le Réseau international sur le Processus de production espère que la présentation d’une telle exposition poursuivra la mission que s’est donnée la direction de cet événement soit contribuer à la réalisation d’une société inclusive, sans discrimination, et ouverte à tous.

L’exposition du 525 boulevard Wilfrid-Hamel Est est ouverte de 10 à 18h, du lundi au mercredi, de 10h à 19h les jeudis et vendredis et de 9h à 17h les samedis et dimanches jusqu’au 25 septembre 2008. L’accès y est gratuit.

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