Hockey
16:00 5 juin 2018 | mise à jour le: 5 juin 2018 à 16:00 temps de lecture: 5 minutes

De Loretteville à Chicago

En 2012, Louis-Philippe De Courcy parlait à peine la langue de Shakespeare lorsqu’il a quitté pour les États-Unis. Six ans plus tard, il est l’un des meilleurs étudiants universitaires de tout le pays. Voici son histoire.     

Tôt ou tard, il délaissera ses jambières et son masque pour enfiler un complet et faire carrière dans les finances

Photo Métro Média – Charles Lalande

Retranché au pré-camp du Blizzard du Séminaire Saint-François au niveau Midget AAA, le gardien de but a choisi de continuer à faire confiance à l’Académie Saint-Louis pour son développement. En joignant le programme Prep School, est venu son désir de s’exiler aux États-Unis.

Bon étudiant, il avait reçu «plusieurs bonnes offres». Il a donc choisi de déménager au Connecticut, acceptant la bourse d’études complète de Hotchkiss School.

«Je ne parlais pas l’anglais, c’était un autre pays, une autre culture, j’étais habillé différemment. La transition a été difficile, mais ce fut la plus belle expérience de ma vie.»

Lake Forest College

À sa première année au Connecticut, il a été frappé de plein fouet par la mort de sa mère. Il s’est relevé de cette lourde épreuve.

Photo fournie par Louis-Philippe De Courcy

Disputant le deux tiers des matchs des siens à Hotchkiss, le natif de Loretteville attire l’attention de quelques universités grâce à ses performances sur la patinoire et à son rendement académique.

Il quitte le Connecticut pour Chicago, en s’engageant à Lake Forest College, dont le programme de hockey évolue dans la troisième division de la NCAA.

Lors de sa première saison, il a défendu la cage une seule période lors du calendrier de 26 joutes. L’équipe alignait quatre gardiens, dont celui qui avait été nommé joueur de l’année lors de l’hiver précédent. «Je m’y attendais, mais c’était tout de même difficile mentalement», admet celui qui avait toujours été l’homme de confiance de son entraîneur-chef avant d’arriver à Lake Forest.

L’année suivante, le gaillard de 6’4 et 217 lbs a subi une commotion cérébrale lors de la première rencontre préparatoire. Il a été contraint de manquer la moitié de la saison. À son retour, il reprenait tranquillement la forme, toujours dans un rôle de spectateur lorsque ses coéquipiers bataillaient sur la surface glacée. Il a été envoyé dans la mêlée à trois reprises.

L’an dernier, Louis-Philippe De Courcy a pris du galon, ne tardant pas à s’emparer du poste de cerbère numéro un. Mieux encore, il a été nommé joueur le plus utile de l’équipe et meilleur gardien de la ligue. Il a signé quatre blanchissages, égalant un record du programme.

Pour la troisième année consécutive, son nom est apparu sur le Honor Roll, une liste des meilleurs étudiants aux États-Unis. Pour y figurer, un élève doit maintenir une moyenne académie de 3,7 sur 4. Le principal intéressé frôle la perfection avec un dossier de 3,96 (!).

En plus du hockey, De Courcy a aussi brillé au lancer du disque aux États-Unis, terminant au 4e rang en Nouvelle-Angleterre. Il a aussi joué à la crosse.

Photo fournie par Louis-Philippe De Courcy

Les finances

Un tel dossier lui a permis de décrocher un stage à New York l’été dernier pour l’entreprise Fitch Readings. «Wall Street, une jungle, a-t-il imagé. C’est gros, intimidant et impressionnant. Comme stagiaire, c’est difficile de demander mieux.»

Cet été, il a obtenu un emploi dans une banque d’investissement à Chicago. «Si tout se passe bien, on va m’offrir un emploi à temps plein à la fin de mes études. Ce serait toute une opportunité.»

À l’aube de sa dernière saison universitaire, il entend «tout donner» Quant au hockey professionnel, il aimerait «y goûter», mais pas à n’importe quel prix.

Se relever d’une difficile épreuve

En avril 2013, quelques mois après son arrivée au pays de l’Oncle Sam, Louis-Philippe De Courcy reçoit la visite inattendue de son père au Connecticut.

«Ma mère venait de se suicider, et il ne voulait pas m’annoncer cela au téléphone. Cette journée-là, mon quotidien a changé. Perdre un parent, c’est un deuil qui ne finit jamais, et cela fait en sorte que tu dois prendre de nouvelles responsabilités. J’ai pris beaucoup de maturité. Dans cette épreuve, j’ai su qui étaient mes vrais chums, autant à Québec qu’aux États-Unis. J’ai appris à garder et à apprécier ce qui est important et à supprimer le superficiel.»

À ses débuts au hockey, il s’était essayé à l’attaque. «J’étais pourri, alors je suis allé devant le filet et je n’ai jamais changé de position.»

Photo Métro Média – Charles Lalande

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