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13:15 4 août 2014 | mise à jour le: 4 août 2014 à 13:15 temps de lecture: 5 minutes

L’industrie du golf forcée de se renouveler

LOISIRS. Le ciel s’assombrit sur une passion plus que centenaire qui semble avoir connu ses heures de gloire. Devant l’abondance de loisirs offerts aux jeunes nés avec un ordinateur dans une main et une manette de jeu vidéo dans l’autre, il devient difficile de susciter leur intérêt pour assurer une relève aux clubs de golf. Un défi qui se vérifie à Québec, comme ailleurs au Québec et en Amérique.

Devant la décroissance de l’industrie ces dernières années, la Table de concertation des associations de golf du Québec cherche à identifier les causes et solutions. Pour cerner les enjeux d’avenir, on a confié le mandat de dresser un état de la situation à la firme Ipsos Marketing. Déposée en septembre 2013, l’étude «Analyse du potentiel du marché du golf au Québec» révèle plusieurs aspects inquiétants.

Il en ressort notamment que la strate des 25-45 ans se fait cruellement absente des verts. Aussi, sur le quart d’ex-golfeurs que compte la population adulte, 15% ne souhaite pas recommencer à jouer. Enfin, le manque d’équipement, le coût des parties et le protocole trop strict ont été identifiés comme des freins à la pratique du golf chez les jeunes âgés de moins de 25 ans, une clientèle à séduire pour assurer la relève.

Non surpris par ce constat sombre, Jacques Bédard et André Gagné, respectivement président et conseiller de Golf Québec région de la capitale, se montrent néanmoins préoccupés. «La perte d’intérêt est manifeste. Entre 2011 et 2013, l’étude provinciale note que le nombre annuel de parties a chuté de 8,6 à 6,2 millions. Au cours des quatre dernières années, on est passé de 55 à 31 parties par golfeur. Cette baisse fait en sorte que les clubs se livrent une lutte pour attirer les mêmes membres», observent-ils.

Défi d’avenir

Selon ces deux membres du Royal Québec résidant à Beauport et Boischatel, assurer le renouvellement de la clientèle s’avère le principal défi d’avenir pour le golf. «Le sport est confronté à un moment charnière de son histoire, soutient M. Bédard. La société a changé et l’offre de loisirs a explosé, alors que la vie trépidante fait qu’on manque de temps pour satisfaire nos passions. Il faut choisir parmi la diversité d’activités de plein air, de sorties culturelles et de festivals de toutes sortes, sans compter les jeux vidéo et les médias sociaux. Bref, il reste peu de temps pour s’élancer sur un parcours.»

«Autrefois, les membres passaient leurs vacances entières sur les verts de golf, ajoute M. Gagné. Ce n’est plus le cas, même pour les plus passionnés. Alors, imaginez pour les jeunes ménages avec enfants et dont les deux parents travaillent. Manque de temps et manque de budget sont régulièrement évoqués. Ce qui donne à penser que des pistes de solution se trouvent potentiellement dans le développement d’activités familiales et de bonifications pour faciliter l’initiation au golf.»

Croissance ou épuration

Golf Québec rappelle que son sport occasionne des retombées économiques de 14G$ au pays, soit davantage que le ski, le hockey et le vélo. Or, le retour à la croissance s’annonce difficile d’après l’étude Ipsos, en raison du faible potentiel de conversion et du peu de variables sur lesquelles miser. La firme chargée de l’enquête établit aussi que la tarification demeurera l’élément le plus déterminant pour l’avenir.

Ce qui fait dire à Marc Morency, directeur de Golf Stoneham et administrateur à l’Association des terrains de golf du Québec (ATGQ) qu’il ne faut pas se leurrer. «La solution ne se trouve pas du côté des promotions à rabais, tranche-t-il. Cela ne fait qu’hypothéquer les meilleures heures de la journée et, une fois la mauvaise habitude ancrée, les joueurs ne veulent plus revenir au plein tarif.»

Assurément, l’industrie du golf est confrontée à la nécessité de revoir ses façons de faire. Elle devra trouver des moyens de séduire pour fidéliser sa relève, sans quoi il pourrait survenir des coupures dans la qualité des installations voire une épuration. Certains terrains feraient déjà l’objet de pression de la part de promoteurs immobiliers.

Principaux irritants

-Tarifs élevés et se restreindre à un seul terrain une fois membre

-Temps de jeu trop long alors que l’offre de loisirs se multiplie

-Préférence des 25-45 ans pour les activités en famille

-Milieu conservateur lent à s’ajuster aux nouvelles réalités

-Protocole élitiste rébarbatif pour les plus jeunes

Profils de golfeur et avenir

-Accro (12% – le jeu et rien d’autre) OUI

-Exigeant grisonnant (13% – recherche une expérience globale) OUI

-PR People (41% – par plaisir ou pour affaires) OUI

-Débutant en dilettante (24% – passe-temps plutôt que sport) NON

-VIP puriste (10% – privilégie les terrains haut de gamme) NON

 

À LIRE DEMAIN : Efforts pour ramener les golfeurs sur les verts

 

Québec Hebdo

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