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12:26 23 septembre 2020 | mise à jour le: 23 septembre 2020 à 13:17 temps de lecture: 5 minutes

Le sport scolaire annulé: frustration, désarroi et impuissance

Le sport scolaire annulé: frustration, désarroi et impuissance
(Photo gracieuseté – Académie Saint-Louis)

COVID-19. Les activités de la ligue de football juvénile division 1 devaient normalement commencer lors du prochain week-end. Cependant la règle 70, qui émane du ministère de l’Éducation qui empêche une institution scolaire de participer à des compétitions interscolaires s’il y a un cas de COVID-19 à l’intérieur de ses murs, est en train de tout chambouler. Le résultat est désastreux alors que sept parties sur neuf au calendrier sont annulées, une situation qui fait monter la grogne chez les intervenants sportifs du milieu scolaire ainsi que chez les étudiants-athlètes alors que le sport civil peut continuer d’opérer sans trop de restrictions. Devant cette situation le sport scolaire de la région de Québec et Chaudières-Appalaches  a pris la décision d’annuler sa saison de football et de soccer.   

Il existait une ultime chance de faire jouer le sport scolaire alors qu’une réunion entre les gens du sport étudiant et le gouvernement a eu lieu pour possiblement faire casser la règle 70. La mauvaise nouvelle a été divulguée hier soir.  «J’ai reçu un courriel de Claire Bélanger qui est la numéro deux au RSEQ et elle mentionnait qu’il n’y avait rien de changé avec la règle 70. Je dois maintenant aller annoncer à mes jeunes qu’ils ne joueront pas de l’année. Il y aura beaucoup de frustration», assure le responsable des sports du Séminaire Saint-François, Antoine Gendron.

Antoine Gendron (mains sur les genoux) ne comprend toujours pas l’énorme disparité entre le sport scolaire et le sport civil durant la pandémie. (Photo gracieuseté – fotoPCsports)

Toujours l’incohérence

Une situation qui ne fait aucun sens aux yeux du dirigeant alors que le gouvernement met en doute son propre système. «Je comprends le principe des bulles classes, mais c’est justement pourquoi ce système a été mis en place. S’il y a un cas, on retire simplement le groupe où il y a le coronavirus et on ne punit pas ceux qui n’ont pas été en contact avec le groupe. À ma connaissance, dans toutes les parties qui seront annulées en juvénile division un et je m’attends à voir toutes les parties annulées, il n’y a aucun cas de COVID-19 à l’intérieur des équipes, c’est tout simplement irréel.»

Tous les sports scolaires étaient grandement amputés en raison de cette fameuse règle. «Au soccer, c’est 45 équipes sur 75 sur le territoire de la région qui ne peuvaient jouer en raison de la règle 70, c’est tout simplement impossible d’avoir un calendrier viable dans ces conditions. Je ne connais aucun intervenant sportif présentement qui défend cette règle. C’est unanime partout que cette règle ne fait aucun sens», précise Daniel Fleury, responsable des sports à l’Académie Saint-Louis.

Hypocrisie?

Pour Antoine Gendron, cette réponse du gouvernement au sport scolaire ne veut dire que deux choses. «Soit il y a un énorme manque de compréhension sur la façon dont le sport scolaire fonctionne, soit c’est un moyen détourné pour ne pas faire jouer les étudiants-athlètes. C’est un ou l’autre. Pendant ce temps, observez que toutes les parties du football midget AAA ont lieu sans aucun problème alors que les jeunes proviennent de plusieurs écoles où il y a des cas de COVID-19, c’est tellement frustrant!»

Pour Daniel Fleury, il n’y a rien d’étonnant dans la décision alors qu’il dénonce un manque de cohérence depuis le début de la pandémie. «Dès le commencement de la crise, on sentait de l’improvisation du gouvernement. Honnêtement, on ne sait plus sur quel pied danser et le sport scolaire a tout fait pour respecter les règles demandées et être en mesure de donner du sport aux personnes les plus importantes, nos jeunes.»

Des jeunes en colère

Les deux dirigeants s’entendaient également sur les conséquences que pourraient avoir cette situation chez les jeunes étudiants-athlètes. «La chose que le gouvernement ne veut surtout pas, c’est d’avoir des partys avec plein de jeunes. Je viens de perdre le levier qui me permettait de garder mes athlètes motivés. Même si je leur demande de ne pas faire de partys en fin de semaine, je sais très bien ce qui va arriver. Je garantis que s’il y avait une partie, mes jeunes se tiendraient tranquilles», fulmine Antoine Gendron.

«Je suis entièrement d’accord avec ça. À mon avis, le meilleur levier que le gouvernement pouvait avoir pour garder les jeunes disciplinés face à la crise de la COVID-19, c’était le sport et il vient de le perdre. Il ne faudrait vraiment pas s’étonner s’il y a une augmentation des cas dans cette tranche d’âge dans les prochaines semaines», termine Daniel Fleury.

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