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15:25 28 août 2020 | mise à jour le: 28 août 2020 à 15:25 temps de lecture: 5 minutes

Le sport scolaire sur pause: la frustration est palpable

Le sport scolaire sur pause: la frustration est palpable
Les athlètes-étudiants en train de revendiquer.(Photo Métro Média – Jean Carrier)

ÉDUCATION. L’annonce du ministre de l’éducation Jean-François Roberge de placer le sport scolaire sur pause jusqu’au 1er octobre a pris les différents acteurs du milieu par surprise. Après que la poussière soit retombée, on sent non seulement de la déception, mais bien une réelle frustration à travers le réseau du sport scolaire de la région de Québec.

Les étudiants-athlètes devant le Parlement. (Photo Métro Média – Jean Carrier)

Le Réseau du sport étudiant de Québec et de Chaudières-Appalaches (RSEQ-QCA) n’a pas hésité à prendre une position opposée au ministre. «Il nous semble clair que le sport scolaire pourrait jouer un rôle important dans la sensibilisation et l’éducation des élèves sur l’éthique de vie et les obligations que nécessite la pratique sportive en temps de pandémie», a fait savoir le directeur général Mathieu Rousseau par voie de communiqué.

Injustice

Pour Daniel Fleury, responsable des sports à l’Académie Saint-Louis, la situation reflète un grave manque de cohérence. «Il y a une énorme injustice présentement entre le sport scolaire et le sport civil. Il est inconcevable de permettre la tenue de sports associatifs après l’école alors que le sport scolaire est menotté. Le concept de bulle-classe est brisé à la seconde que des jeunes de plusieurs écoles se rencontrent pour faire un sport associatif.»

Daniel Fleury a confirmé que le RSEQ-QCA avait rencontré le sous-ministre de l’éducation, Éric Blackburn, la veille et que la position du gouvernement n’a pas bougé après avoir écouté les doléances du milieu scolaire sportif de la région.

Solidarité

Si par le passé le milieu sportif scolaire privé et celui du public ont eu des prises de bec notamment au sujet du nombre de joueurs J6 qu’une formation pouvait compter dans ses rangs, ce n’est absolument pas le cas avec cette pause forcée.

Le responsable des sports de l’école secondaire Roger-Comptois, Patric Gaudreau, confirme que la nouvelle apportée par le ministre Roberge a uni tous les acteurs du milieu autour d’une même cause. «Il n’y a pas de public et privé dans cette histoire, tout le monde fait front commun et dénonce l’incohérence de la décision. Je suis très déçu et je dois dire que je sens de la frustration auprès de nos jeunes athlètes. Je crains de voir des jeunes décrocher si rien n’est fait»

Les deux organisateurs de la marche: Tristan Lévesque et Maxime Jabin. (Photo Métro Média – Jean Carrier)

Manifestation

Deux athlètes finissants en football de la région ont d’ailleurs organisé une manifestation qui démontre bien cette solidarité pour essayer de faire entendre raison au ministre Roberge. Maxime Jabin, un secondeur de l’Académie Saint-Louis, et Tristan Lévesque, un joueur de ligne défensive de Roger-Comptois, avaient convié les étudiants-athlètes de la région à montrer leur mécontentement avec une marche jusqu’au parlement.

«Il y a beaucoup de frustration. Nous sommes là parce que nous voulons que le gouvernement fasse marche arrière et laisse les jeunes jouer. Nous ne sommes pas seulement là pour notre sport qui est le football, mais pour tous les sports et les arts également. Si le gouvernement s’entête, nous voulons avoir une explication claire du ministre parce que le concept de classe-bulle ne tient pas la route. Il y a une grande injustice avec le sport civil et nous voulons savoir pourquoi», affirment les deux comparses.

Appui de taille

La réponse à cette invitation lancée sur le réseau social Facebook a été très bonne si l’on tient compte de la courte échéance (une journée) à laquelle les participants devaient se soumettre. Près d’un millier de personnes ont répondu à l’appel alors que la foule était principalement composée d’étudiants-athlètes de plusieurs écoles, mais aussi de parents, d’entraîneurs, responsables de sports et même d’officiels.

«J’espère au moins qu’il va entendre notre cri du cœur. Certains sports comme le football ne peuvent pas attendre un mois», ont mentionné les deux étudiants-athlètes avant de terminer l’entrevue.

Enrico Ciccone, porte-parole de l’opposition officielle en matière de sports et loisirs, était également sur place et offrait son appui inconditionnel aux jeunes. «Je suis heureux de voir les jeunes se mobiliser, car j’ai l’impression que le gouvernement ne pensait pas avoir ce genre de réaction aussi vive. C’est inconcevable de voir des jeunes être dans la rue en train de revendiquer alors qu’ils devraient être sur le terrain en train de pratiquer leur sport préféré. Je trouve ça inacceptable qu’on en soit rendu-là.»

Le député de Marquette en rajoute avec son franc-parler. «Il y a un manque évident de cohérence dans ce dossier. On va se le dire, ils l’ont échappé, mais il n’est pas trop tard pour faire marche arrière et laissez les jeunes jouer tout en respectant les normes de la santé publique. Cependant, le temps presse et je dois dire que je m’en fais beaucoup pour le décrochage que peut engendrer la décision du gouvernement.»

Enrico Ciccone ne comprenait toujours pas la décision du gouvernement caquiste sur le sport scolaire. (Photo Métro Média – Jean Carrier)

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