Quebec Hebdo
09:57 29 juin 2020 | mise à jour le: 3 juillet 2020 à 16:46

Les filles canadiennes abandonnent le sport

Les filles canadiennes abandonnent le sport
(Montage photo Instagram Laurie Blouin/Média World Rugby)

Les médaillées olympiques Karen Paquin et Laurie Blouin déçues de la situation

ÉDUCATION. Selon l’étude de Femmes et sport au Canada et de la Fondation bon départ réalisée en février 2020, les filles canadiennes délaissent la pratique du sport et la situation est spécialement alarmante chez les adolescentes. Les chiffres sont éloquents alors que 62% des adolescentes ne pratiquent aucun sport et qu’une fille sur trois abandonne le sport avant la fin de l’adolescence. Une situation catastrophique qui amène une vive déception pour la joueuse de rugby de l’équipe nationale du Canada Karen Paquin.  

«Je suis un peu surprise, mais surtout déçue. J’espérais de meilleurs chiffres, mais c’est très similaire à une étude de 2016. Il n’y a pas eu d’amélioration. J’ai l’impression que les obstacles à la participation sportive ont changé de forme. L’explosion des médias sociaux exacerbe les problématiques», affirme celle qui a toujours milité pour faire une plus grande place médiatique au sport féminin.

Karen Paquin est ingénieure chimique quand elle n’est pas sur le terrain de rugby. (Photo gracieuseté – Kevin Light)

Selon l’étude, plusieurs facteurs sont cités pour expliquer l’abandon de la pratique du sport. Faible confiance en soi, image corporelle négative, manque de compétences perçues, faible sentiment d’appartenance contribuent à diminuer la qualité de l’expérience sportive.

Mauvaise conception

«Il y a beaucoup de choses positives avec les réseaux sociaux, mais il y a aussi le culte de la perfection qui est présent et je spécule que cela n’aide pas la cause sportive. À mon avis, un point majeur du problème est le manque de modèles sportifs féminins. C’est difficile de s’identifier à quelque chose et développer des valeurs positives quand il n’y a presque pas d’athlètes féminins auxquelles on peut se rattacher.»

L’athlète originaire de Charlesbourg croit également que l’image qu’on se fait du sport est possiblement erronée. «On pense encore à tort que le sport n’est que pour les enfants et c’est faux. Le sport est encore important quand on devient adulte et c’est pour cela que le moment crucial pour intervenir est le passage du primaire au secondaire. C’est là qu’il faut travailler pour garder les jeunes filles actives. La clé pour une athlète qui fait du sport de compétition ou de participation, c’est le plaisir. Il faut que ça soit l’fun», mentionne la médaillée de bronze aux Jeux olympiques de Rio en 2016.

Mauvaise surprise

Laurie Blouin possède tous les atouts pour inspirer les jeunes filles à faire du sport. Elle est la preuve vivante qu’il est possible de concilier performance sportive de grande qualité et plaisir. Elle semble toujours s’amuser sur sa planche et donne l’impression d’incarner la liberté. L’athlète de Stoneham était plus ébranlée après avoir vu les chiffres de l’étude. «Je ne connaissais aucunement ces statistiques. Je suis vraiment déçue. Je pensais plutôt le contraire. Nous ne sommes plus en 1950 avec une vision de la femme restrictive. J’imaginais qu’il y avait beaucoup plus de filles qui faisaient du sport. Pour ma part, je peux seulement parler pour mon sport et il y a plus de filles qui le pratiquent que dans mon temps», affirme la médaillée d’argent en slopestyle aux Jeux olympiques Pyeongchang en 2018.

Laurie Blouin aime bien faire du motocross et du trampoline en plus du snowboard. (Photo tirée d’Instagram)

Témoignage

Pour celle qui vivait souvent dans ses bagages avant le coronavirus, le sport lui a été d’une grande aide à l’adolescence.

«J’étais un peu rebelle et le sport m’a permis de me garder sur la bonne voie. Je crois également que le fait d’exceller dans quelque chose m’a vraiment aidée à prendre confiance en moi. Cela n’a pas de prix et même si la vie sociale est difficile pour une athlète internationale, je n’imagine vraiment pas ma vie sans la pratique sportive.

Alternative possible

Celle qui comprend de mieux en mieux son rôle de modèle auprès des jeunes offre cette suggestion pour mousser la participation sportive des filles. «J’ai participé à un évènement l’an dernier où c’était seulement des filles qui étaient sur la montagne. C’était vraiment l’fun et les jeunes filles venaient nous voir sans stress. Je crois que ces journées juste pour les filles pourraient être un bon moyen de promouvoir le sport féminin. Je n’ai aucun problème à voir des jeunes Laurie Blouin gravir les échelons», termine à la blague l’athlète de 24 ans.

 

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