Sports
12:00 7 août 2016

La capoeira, absente des Jeux olympiques, regrette un instructeur brésilien

BRÉSIL. Elle est au cœur de la culture brésilienne, mais on ne la voit pas aux Jeux de Rio, se désole l’instructeur João «de Deus» Carmo, qui travaille à faire gagner ses lettres de noblesse à la capoeira à Québec, depuis 15 ans.

S’il s’est établi au Canada, João Carmo raconte que c’est parce que tout restait à faire pour son sport, un art martial dansé, purement brésilien. Quinze ans après s’être installé à Québec, l’instructeur décorait récemment ses premiers professeurs canadiens; un véritable «rêve» pour lui.

Si le sport qu’il pratique depuis 33 ans se fait connaître tranquillement à l’extérieur du Brésil, João Carmo estime que le sport souffre encore de «racisme» dans son pays natal. Son histoire intimement liée à la libération des esclaves n’est pas étrangère au phénomène, selon lui: «C’est dommage, parce que le Brésil, c’est ça», commente M. Carmo, en parlant de la capoeira dans un français teinté de portugais. «Les gens vont préférer que son enfant fasse du karaté, du judo, que le propre sport du Brésil, la capoeira».

Sport et travail social

Au Brésil, le sport est particulièrement présent dans les favelas, les bidonvilles. Danse et art martial à la fois, tout y est question d’esquiver les coups, de tomber et de faire tomber sans blesser: «Ton but est toujours: rentrer propre et sortir propre!», illustre João Carmo, en pointant le blanc de l’uniforme que les capoeiristes portent. Pour lui, l’image s’utilise aussi au sens littéral: la discipline, le contrôle et le respect sont à la base du sport et ont le potentiel de placer jeunes et moins jeunes sur le droit chemin.

À Québec, João Carmo rêve en ce sens de fonder sa propre école: «J’aimerais du faire travail social ici. Il y a des gens qui ont besoin d’aide pareil et j’aimerais faire du travail comme on fait au Brésil». L’instructeur qui compte environ 120 élèves à son actif accorde d’ailleurs beaucoup de valeur au fait de rejoindre majoritairement des Québécois.

À long terme, il souhaite néanmoins voir son sport rayonner davantage: «Ce que j’aimerais pour la capoeira, c’est qu’elle soit respectée par tout le monde et qu’elle devienne olympique, qu’elle devienne un sport mondial [et qu’on puisse] faire des championnats», conclut-il.

Québec Hebdo

Monica Lalancette


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