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00:00 29 septembre 2016 | mise à jour le: 29 septembre 2016 à 00:00 temps de lecture: 3 minutes

Sébastien Fortier: le chasseur en fauteuil roulant

CHASSE. En attendant les Jeux d’hiver de Corée de 2018, le paralympien Sébastien Fortier s’adonne a une passion pour la moins inusitée pour quelqu’un dans sa condition physique: la chasse au chevreuil.

Par Raphaël Beaumont-Drouin

À voir l’athlète devenu paraplégique s’habiller pour se rendre à son camp forestier, on pourrait croire qu’un blizzard s’est abattu sur Saint-Janvier de Joly. Trois couches de vêtements, tuques, gants; c’est à se demander si le camp de chasse de Sébastien Fortier ne se trouverait pas dans un igloo.

«Vous devriez me voir en hiver, j’ai l’air d’un ours», rigole-t-il. Dans sa condition, le Jolyen ne prend aucun risque. Immobilité et patience, des qualités essentielles à tout bon chasseur, sont deux grands ennemis lorsque vient le temps de lutter contre le froid, et davantage lorsqu’on n’a plus l’usage de ses jambes.

C’est en 2003 que la vie de Sébastien Fortier bascule. Alors qu’il est à l’emploi d’une entreprise de fabrication de structures de bois, 19 charpentes de toiture s’effondrent violemment sur lui, le rendant paraplégique.

Alors qu’il est en période de réadaptation physique, il rencontre Pierre-Hugues Dufresne et Louis-Denis Maheux, deux mordus de la chasse, qui sont également aux prises avec un handicap physique. Curieux, le Jolyen décide de les suivre dans leur passion, il n’en fallait pas plus à Sébastien Fortier pour qu’il ait la piqûre pour ce sport.

«C’est vraiment trippant. L’adrénaline, le plaisir, ça permet de changer le mal de place», explique celui qui est souvent incommodé par des spasmes et des douleurs aux bas du corps, en raison de longues périodes d’immobilité.

Un havre forestier

Aidé de ses parents, l’athlète a désormais son propre petit camp de chasse sur la terre familiale, à Saint-Janvier-de-Joly. Un ingénieux système de poulies et de cordes bricolé par son père lui permet d’entrer, sortir et de fermer la porte de la petite cabane sans quitter son quad.

Grâce à une discrète ouverture pratiquée dans l’un des murs, Sébastien peut scruter la clairière du regard. La semaine dernière il a été chanceux, à peine était-il assis sur son siège qu’un chevreuil, son premier de la saison, est apparu dans la lunette de son arbalète.

«Vous ne devez pas en voir souvent des chasseurs en chaise roulante», lance-t-il.

En plus de vouloir étudier en droit à l’Université Laval, le skieur paranordique s’entraîne présentement six jours sur sept en préparation pour les jeux Olympiques de Corée de 2018.

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