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22:23 7 mars 2016 | mise à jour le: 7 mars 2016 à 22:23 temps de lecture: 4 minutes

François Duguay: faire de sa passion une carrière

BOXE. François Duguay n’a plus besoin de présentation dans le monde de la boxe québécoise. Son métier d’entraîneur l’a amené à voyager aux quatre coins du globe. Au fil des ans, deux choses ne changeront jamais chez lui: la passion de la boxe et faire de la santé de ses poulains une priorité.

Le père de Duguay a transmis son amour pour la boxe anglaise à François et à son frère aîné dès leur tendre enfance. Le cadet, un fervent amateur de Muhammad Ali, organisait des galas dans le sous-sol. Au terme de la soirée, le gagnant remportait la ceinture qu’il avait fabriquée en carton!

Détenteur des Gants dorés en 1983 et en 1984, il accroche ses gants en 1992 à l’âge de 25 ans pour devenir entraîneur du Club de Drummondville.

La boxe est un milieu de contacts, rappelle Duguay. Il se lie d’amitié avec l’entraîneur Stéphane Larouche, puis, en 1999, ce dernier l’intègre dans le camp du pugiliste Éric Lucas, alors en pleine ascension. Une association qui a duré cinq ans.

Ce père de deux filles rigole en racontant une anecdote de son temps aux côtés de celui qui a été champion du monde pendant une vingtaine de mois entre 2001 et 2003.

« Quand on voyageait à l’extérieur, les promoteurs de notre adversaire organisaient et payaient nos repas au restaurant. Larouche craignait toujours un empoisonnement, alors je devais manger la même chose qu’Éric et échanger l’assiette. J’ai risqué ma vie! »

En 2004, il déménage à Sainte-Foy. Il est à l’emploi d’un club de boxe jusqu’en 2009. Lorsque celui-ci ferme ses portes, il fonde le Club de boxe Empire. Il y enseigne les rudiments de la boxe par l’entremise de cours privé à tout citoyen motivé, à des athlètes de calibre amateur et à une poignée de professionnels.

Des opportunités à saisir pour «Baho» et «Bouch»

François Duguay et son protégé Éric Martel-Bahoeli (11-5) sont, depuis douze ans, complices autant dans la victoire que dans la défaite.

En avril 2014, après un revers en Angleterre contre le géant Lucas Browne, Duguay lui recommande de prendre sa retraite.

Plus de deux ans après cette recommandation rejetée, Martel-Bahoeli et son entraîneur iront en France le 27 mars prochain pour une bataille pour le titre WBC de la Francophonie. Une victoire le propulserait dans le top 15 mondial des poids lourds. La dernière année a été difficile pour « Baho », il a vu son combat contre la légende James Toney être annulé après trois changements de date.

« Il va devoir suivre le plan de match établi, et éviter de se laisser emporter par les émotions », lance Duguay, confiant que Martel-Bahoeli revienne au pays en déclarant la ceinture aux douaniers.

Coach Duguay admire également la persévérance de Sébastien Bouchard (12-1), qui s’est finalement trouvé un promoteur, en l’occurrence le Groupe Yvon Michel. Depuis le début de sa carrière en 2011, la détermination de Bouchard a été mise à rude épreuve.

« Il a su briller au bon moment. Yvon a remarqué sa détermination. Sébastien a travaillé extrêmement fort. Je l’ai connu à 203 lbs, le voilà maintenant à 147 lbs. Il a le potentiel de devenir champion du monde. »

Le mystère Apou

François Duguay n’a jamais eu la chance de voir l’un de ses poulains devenir champion du monde. En Pier-Olivier Côté, il pensait bien en avoir un futur sous la main, mais les choses ne se sont pas déroulées ainsi.

Gloire et richesse lui étaient promises, mais celui qu’on surnommait «Apou» dans le monde de la boxe est disparu de la carte depuis quelques années. Son dernier combat remonte au 26 avril 2012. Il avait alors signé sa 19e victoire en autant de rendez-vous chez les pros.

Beaucoup de questions, mais peu de réponses sur les mystérieuses raisons qui ont poussé cet enfant de Charlesbourg au grand potentiel à ne plus remettre les pieds dans un ring.

« Je n’ai pas de nouvelles de lui. Tout ce que je lui souhaite, c’est qu’il se sent bien et qu’il s’occupe de sa petite famille. »

Québec Hebdo

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