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21:00 6 août 2016 | mise à jour le: 6 août 2016 à 21:00 temps de lecture: 4 minutes

Raphaël Gagné: une route pavée de succès

DOSSIER. Le 29 juin, en soirée, Simon Gagné empoigne sa trompette du Carnaval, sort dans la rue et souffle trois bons coups qui résonnent dans son voisinage de Lac-Beauport. Son fils, Raphaël, vient de recevoir la confirmation, par message texte, de sa qualification pour les Jeux olympiques de Rio en vélo de montagne.

La conjointe de M. Gagné raconte l’anecdote en riant. «Il fallait qu’il exprime sa joie!» s’excuse-t-elle auprès des voisins. Après tout, cette joie, le couple l’aura contenue pendant plusieurs mois, dans l’attente d’un verdict qui, à la lumière des performances de Raphaël sur le terrain, présageait jubilation, fierté, soulagement. «On se doutait fortement qu’il serait sélectionné, mais on n’avait pas le droit d’en parler avant l’annonce officielle de Cycling Canada», mentionne Odette Boucher.

«On était tellement certains qu’on a acheté notre hébergement [à Rio] avant la confirmation», ajoutera Simon Gagné. Pas question de rater cette chance d’encourager leur fils de 29 ans dans ce rêve qui, depuis cinq ans, flirtait de plus en plus avec la réalité.

La route vers les sommets

Encore que les Olympiques, c’est probablement un accomplissement qui, a posteriori, se devine déjà dans les premiers coups de pédale… ou presque. Raphaël Gagné a 3 ans et demi quand il relève son premier défi cycliste, celui de passer de trois à deux roues, mais ce seront surtout ses premières compétitions de vélo de montagne, vers l’âge de 9 ans, qui apparaîtront déterminantes avec le recul. «Il était le plus petit, le plus miniature, le plus maigre… mais il dépassait tout le monde», se remémore Odette Boucher.

Raphaël connaît donc un bon départ alors que les commanditaires parient d’emblée sur lui. Les sentiers vers le fil d’arrivée ne seront pas pour autant exempts de revers pour l’athlète de Charlesbourg. Il en aura notamment à découdre avec quelques ennuis de santé qui le ralentiront çà et là dans sa course. Mais «il a toujours su se relever – c’est la passion qui fait ça», estime celle qui se dit impressionnée par cette énergie résiliente.

Cette passion, elle se révélera par ailleurs contagieuse: toute la famille y succombera en participant aux mêmes compétitions au tournant des années 2000. Même la foule, plus tard, se laissera porter par la ferveur de Raphaël, ses prouesses suscitant des élans d’enthousiasme qui toucheront les parents en plein cœur. Le Championnat mondial en France en 2004, les Jeux panaméricains à Toronto en 2015, deux victoires fracassantes dont le récit provoque encore aujourd’hui la même décharge d’émotions vives chez Odette Boucher et Simon Gagné.

Une occasion unique

Présents physiquement ou en pensée, ils n’auront donc pas l’impression d’avoir eu à disputer Raphaël à sa passion du vélo de montagne. «C’est du temps qu’on a partagé», se félicite le père. Tout au plus font-ils parfois le sacrifice de sa présence, mais c’est le prix à payer quand on a un fils qui vise l’élite.

Ce prix payé, ils espèrent d’ailleurs que «Raph» en goûtera les retombées aux Olympiques. «C’est un accomplissement de vie» qui doit donc se vivre «comme une grande fête», jugent-ils.

L’histoire ne dit pas si Simon Gagné traînera sa trompette du Carnaval à Rio.

Comment l’histoire a commencé

Raphaël a 9 ans, ou presque. Parti chez son ami Charles pour jouer, il revient, tout penaud: Charles ne peut pas jouer, c’est l’heure de son entraînement en vélo de montagne. Veux-tu essayer? lui demande alors son père pour faire disparaître ces grands yeux déçus. «Ça a été le déclic. La vie de vélo a commencé», se souvient Simon Gagné.

L’épreuve olympique en vélo de montagne pour les hommes aura lieu le 21 août.

À lire aussi dans le même dossier : Marie-Ève Croteau: le parcours de la combattante

Québec Hebdo

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