Sports
18:54 9 mai 2012

Du tir à l’arc dans les cours d’éducation physique

À l’école Ts8taïe à Wendake, une nouvelle discipline s’est ajoutée au programme régulier d’éducation physique. Depuis le mois de janvier dernier, les élèves des classes de cinquième et de sixième années découvrent le tir à l’arc.

«On est un groupe de quatre personnes du village, des mordus de tir à l’arc. On a pris des cours d’instructeurs, puis on a approché le conseil de bande», explique l’un des instructeurs du club Les Archers de Wendake, Richard Grondin. Les fondateurs du groupe sont Marcel Lainé, Dominique Lainé, Steven Lainé ainsi que M. Grondin. À ces quatre passionnés deux autres personnes participent de près aux activités du club, soit Richard Duchesneau et Jérôme Parent. Et c’est ainsi que l’aventure a débuté. Depuis quelques mois, M. Grondin dirige de jeunes apprentis archers. Somme toute, l’intégration de cette nouvelle discipline semble s’effectuer facilement.

Le club souhaite développer un intérêt chez les jeunes pour ce sport traditionnel et ancestral. À cet objectif s’ajoute le rêve de former éventuellement de nouveaux athlètes en vue de compétitions comme les Jeux du Québec. Déjà après quelques mois, certains enfants démontrent de bonnes habiletés.

Des règles strictes ont été établies pour le déroulement sécuritaire des cours en période scolaire. La discipline est un élément clé pour assurer la sécurité. «On attend le sifflet avant pour tirer et après pour aller chercher nos flèches», fait remarquer M. Grondin qui est aidé de l’enseignante Chantal Langlois. Lors du passage de L’Actuel, un calme règne dans le gymnase. Les six jeunes, visiblement concentrés, accomplissent les différents gestes tranquillement. Les cibles, installées dans le gymnase de l’école, sont placées à 5 mètres de la ligne de tir.

«Moi, c’est la patience. Ça nous apprend à patienter. Au début, j’étais surpris parce qu’on n’en avait jamais fait. La première fois, tu ne sais pas où viser. Avec le temps, la flèche se rapproche du centre», confie un des élèves, Yohan Gros-Louis. La stabilité, la coordination et la précision sont également des habiletés importantes en tir à l’arc. «Ça développe la concentration. Il y a des élèves qui ont des déficits d’attention. Quand ils arrivent ici, ils sont beaux à voir», ajoute l’instructeur, adepte de ce sport depuis maintenant 32 ans. En plus d’apprendre les techniques de base du tir à l’arc, les jeunes découvrent comment faire pour monter et démonter son arc. Le sport est particulier puisque chaque archer compétitionne contre lui-même.

Du même coup, l’activité sort de l’ordinaire. Aucun ballon, pas de course, les sportifs doivent apprendre à respirer en harmonie avec leur geste, être reposés et relaxes. «Quand on est arrivé la première fois, on voyait les flèches et les cibles, ça avait l’air le fun. C’est comme un retour dans le temps comme quand les Amérindiens chassaient pour trouver la nourriture», témoigne Isabelle Huot tout en comparant le sport à ce qu’elle a vu dans les films. Le projet ne s’arrête pas là. Une troisième classe, les élèves de quatrième année de niveau primaire, s’ajoutera au programme de tir à l’arc l’an prochain.

La crosse fait également un retour dans le programme d’éducation physique. Depuis 2011, toutes les classes de niveau primaire découvrent ce sport. «C’est un mélange. Ça ressemble au hockey», commente Yohan Gros-Louis.

Pratique de tir à l’arc en soirée

Une dizaine d’adeptes, petits et grands, se donnent rendez-vous en soirée afin de parfaire leurs techniques. Les membres du club Les Archers de Wendake se donnent rendez-vous les mardis et les jeudis soirs. Le groupe est né en septembre 2011. Les passionnés semblent avoir réussi leur pari. Un engouement se fait sentir dans le milieu. «C’est un loisir qui prend de l’ampleur et qui est intéressant. Il n’y a pas de limite encore. On pense de produire des champions qui vont aller aux Olympiques, en tout cas, certainement au Panaméricain. On a déjà des bons tireurs à l’arc, des jeunes hommes et des jeunes femmes», commente le grand chef du Conseil de la nation huronne-wendat (CNHW), Konrad Sioui.

Certains archers, en plus d’exercer à l’intérieur, souhaitent mettre en pratique leurs acquis à la chasse. «Il ne faut pas oublier non plus qu’il y a la chasse à l’orignal à l’arc. On a eu le tirage au sort récemment et il y a des gens qui veulent aller à la chasse à l’orignal juste à l’arc. Ils sont assez capables pour ne pas blesser les animaux. On est en train de s’organiser pour trouver des zones pour qu’ils puissent chasser convenablement et de façon sécuritaire», confirme le grand chef.

Par ailleurs, l’espace de pratique extérieur prévu à cet effet pour l’été devra être déplacé en raison des travaux planifiés au centre récréatif Omer Lainé.

 

L’Actuel, membre du Groupe Québec Hebdo

Isabelle Chabot


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