Sports
20:45 30 janvier 2015

La lutte remonte dans l’arène et attire les foules à Limoilou

SPECTACLE. Un, deux et… trois! Au tapis la lutte professionnelle après le décompte? Rien n’est moins sûr, si on se fie à la charge d’adrénaline que des passionnés du combat au corps à corps transmettent à la foule endiablée venue assister au gala mensuel qui anime le Centre Horizon à Limoilou.

Depuis cinq ans, la lutte professionnelle effectue un retour fracassant à Québec. Les belligérants de la North Shore Pro Wrestling (NSPW) – univers très anglicisé dont le pinacle est la WWF présentée dans les arénas et à la télé – cassent littéralement la baraque. Les galas, montés par l’équipe du promoteur fondateur Steve Boutet, ne cessent de gagner en popularité. Les habitués en redemandent.

Il n’est pas rare que la salle déborde et affiche complet. Les billets vendus entre 10$ (prévente) à 15$ (VIP) s’envolent vite pour occuper les quelque 500 places du Centre Horizon. La foule compacte et bruyante fait l’envie de bien des organisateurs. À tel point que des lutteurs de tout l’est du Canada et du nord-est des États-Unis s’efforcent pour obtenir une invitation à se produire à Québec. D’anciens grands noms aussi.

«L’ambiance est électrisante. La foule se fait entendre et interagit continuellement avec les gars dans le ring. L’atmosphère est vraiment particulière au Centre Horizon. On fait des tournées à la grandeur du Québec et des Maritimes, puis on s’en fait parler partout. La progression a été fulgurante depuis que la ligue fondée en 2008 a quitté Pont-Rouge, au tournant de 2010. Il m’arrive de combattre jusqu’à Boston et on n’y atteint pas les foules d’ici», décrit le lutteur vedette Marko Estrada, champion défendant de la saison 2014.

Sport spectacle

À ceux tentés de dénigrer la lutte comme étant un loisir arrangé plutôt qu’un sport, le détenteur de la ceinture NSPW sert plusieurs arguments percutants. D’abord, il met n’importe qui au défi de se démener dans l’arène durant trois rondes. Aussi, les prises et les coups, la plupart du temps bien réels et douloureux, requièrent autant d’agilité que d’endurance. Enfin, il s’agit certes d’un spectacle, mais il faut savoir encaisser et, surtout, pouvoir soutenir le rythme du combat. Car, la foule n’est pas dupe.

«De nos jours, tous les lutteurs pratiquent et s’entraînent. Il est essentiel d’être en forme pour livrer une performance appréciable. Et puis, lorsqu’on saute du troisième câble ou que ça dérape et se termine à coups de chaise de métal, ça fait mal pour vrai. Récemment, au cours d’une même soirée, il est arrivé que trois gars se retrouvent à l’urgence. Il y a un risque de blessure. Il faut être alerte, car personne ne gagne sa vie avec ça. On doit rentrer au travail le lundi suivant le gala», explique Marko.

Alors comédie tout ça? Sans vendre la mèche, convenons que des directives sont établies. Toutefois, pour arriver au résultat, il y a place à l’improvisation. À l’instar d’un téléroman, le scénario prévaut davantage pour l’ensemble de la saison, qui s’étend d’août à mai. Les rivalités entre les clans des «bons» et des «méchants» sont montées en épingle jusqu’au gala final. En cours de route, des alliances se tissent et des conflits surgissent. Sans compter que la foule prend position et peut faire basculer le fil de l’histoire. Bref, un divertissement de haute intensité, durant lequel personne ne s’ennuie.

Pour en juger, il suffit d’assister au prochain gala de lutte au Centre Horizon, le samedi 7 février à 20h. Prochains rendez-vous, 7 mars, 10 avril et 9 mai, «si Dieu le veut» clamait le défunt Édouard Carpentier. Information : www.nspw-wrestling.com

Les qualités d’un bon lutteur :

-Rester en forme

-Développer sa technique

-Avoir du charisme

-Créer son personnage

-Interagir avec la foule

François Cattapan


Commentaires 0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles en vedette