09:04 8 mai 2022 | mise à jour le: 10 mai 2022 à 16:34 Temps de lecture: 4 minutes

Les banques alimentaires font face à l’inflation et l’effritement de la classe moyenne

Les banques alimentaires font face à l’inflation et l’effritement de la classe moyenne
Photo: gracieusetéTravailleur communautaire chez Amélie et Frédérick, Service d’entraide, Yves Trahan offre support et accompagnement aux usagers dans leur autonomisation et leur intégration.

ENTRAIDE. Mises à l’épreuve, les organismes communautaires, comme Regroupement Actions familles à Lac-Saint-Charles (RAFAL) et Amélie et Frédérick, redoublent d’efforts face à la précarité alimentaire qui frappe de plus en plus.

«L’augmentation des coûts de la vie fait en sorte que les donateurs d’hier sont les usagers d’aujourd’hui», confie André Larose, directeur général de l’organisme Amélie et Frédérick, Service d’entraide desservant le secteur Les Rivières. «L’augmentation des usagers durant la pandémie et l’inflation de 2022 a fait passer de 40 à 60 le nombre de paniers offerts à chaque distribution. Une augmentation qui se fait sentir», précise M. Larose.

«On ne bénéficie pas de subventions régulières du gouvernement et si c’était juste de Moisson Québec, on n’y arriverait pas. C’est grâce aux dons, au Programme de récupération en supermarché (PRS) et à la coopération avec d’autres organismes qu’on arrive à aider ceux dans le besoin.»

Donner au suivant

«Heureusement, plus les gens sont conscients des difficultés dans leur communauté, plus ils se mobilisent. C’est le dévouement des citoyens engagés qui nous permet d’accomplir notre mission. Souvent ce sont des bénéficiaires reconnaissants qui veulent rendre au prochain et ça développe un réseau qui s’alimente de lui-même, une vraie communauté.»

Pour M. Larose, tout comme pour Nancy Desharnais, coordinatrice de RAFAL, la formation d’un réseau communautaire est essentielle au rétablissement. «On veut briser l’isolement et créer un réseau social positif d’entraide qui aide les gens à régler les problèmes qui se cachent souvent derrière la précarité alimentaire, qu’ils soient psychologiques, juridiques ou familiaux», déclare André Larose.

L’éducation avant tout

Avant la pandémie, RAFAL ne faisait pas de distribution alimentaire. Préoccupé par le contexte de précarité et le manque de services, l’organisme a décidé de lancer un programme de distribution de denrées. «Au total, 52 familles bénéficient d’un service qui n’existait pas auparavant, trahissant les pressions économiques et l’effritement de la classe moyenne», explique la coordinatrice de RAFAL. «On a également doublé le nombre de cuisines collectives. Pour 90 sous, chaque participant repart avec cinq repas différents et des astuces pour cuisiner», renchérit-elle.

Ainsi, tout en offrant le poisson, RAFAL propose des activités de formation et apprend aux usagers à «pêcher». Favorisant l’entraide et l’autonomie alimentaire par différentes initiatives, tel leur jardin communautaire, RAFAL travaille actuellement à reformer des groupes d’achat qui s’approvisionnent directement au producteur pour déjouer l’inflation.

L’éducation est un moyen privilégié par RAFAL comme par Amélie et Frédérick pour aider leurs usagers dans leur intégration. «Tout en sortant l’individu du besoin, la formation contribue à renflouer la force de travail et à combler les besoins du système tout ayant pour effet de réguler l’inflation», argumente M. Larose.

«Notre mandat c’est d’aider les gens et de leur donner les moyens de s’en sortir. Celui du gouvernement c’est de continuer à nous supporter et d’adapter ses contributions à la situation pour que l’on puisse soutenir la communauté.» – André Larose, directeur général de Amélie et Frédérick

«La hausse des prix accentue et généralise la précarité alimentaire tout en portant à croire que la problématique va s’étirer dans le temps.» – Nancy Desharnais, coordinatrice de RAFAL

Pour en savoir plus sur les services et les activités organisées par ces organismes actifs dans Les Rivières et La Haute-Saint-Charles, consultez leur page Facebook Amélie et Frédérick et RAFAL.

Le FRIGO, nouveau projet devant le Revend’Dons, signé Amélie et Frédérick, Service d’entraide dans l’arrondissement Les Rivières. Photo gracieuseté

(Collaboration spéciale: Samuel Genest)

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