Société
15:20 6 mai 2022 | mise à jour le: 13 mai 2022 à 09:55 Temps de lecture: 4 minutes

Intervenir avec bienveillance

Intervenir avec bienveillance
Photo: IStock

Mélanie s’est toujours dit que quand elle serait maman, elle garderait son sang-froid et expliquerait les choses calmement. Sauf que maintenant, devant les crises répétées de son petit Milan, elle contrôle difficilement sa colère. L’éducation bienveillante, qui consiste à penser et à agir dans des dispositions favorables à l’égard de son enfant, pourrait-elle être la solution?

«Pour moi en tant qu’intervenante je dirais qu’être un parent bienveillant c’est d’être à l’écoute des besoins et des émotions de son enfant, de les accueillir dans le positif et, surtout, de s’occuper de l’émotion de son enfant en étant détaché en tant qu’adulte de ses propres émotions, ce qui peut être moins évident parfois», explique Amélie Béland-Lacasse, éducatrice spécialisée.

Lorsqu’elle a débuté sa formation, il y a une dizaine d’années, l’approche de la bienveillance en éducation n’était pas encore connue. «C’est vraiment un concept de dernière génération en tant qu’approche éducative. Avant cela, ça ne faisait pas partie du vocabulaire en éducation. C’est vraiment dans les deux-trois dernières années que le mot bienveillance a fait son émergence. Pour les parents, c’est donc encore un peu de l’inconnu», explique-t-elle.

En gros, lorsque l’on parle d’éducation bienveillante, ce qu’il faut retenir c’est que quand l’enfant se sent entendu dans ses émotions et que ses besoins sont comblés, la vie devient plus facile pour tout le monde dans la maison, ce qui réduit les crises plus rapidement. L’éducatrice spécialisée insiste d’ailleurs sur le fait que répondre aux pleurs de notre enfant, dès les premiers mois de sa vie, va déjà avoir un impact sur l’intensité et la durée de ses crises. «Un poupon en crise ne parle pas, il pleure pour nommer ses différentes émotions. Donc, de lui parler avec des mots rassurants ça va lui faire savoir que son besoin a été entendu et que nous sommes en action pour y répondre.»

«En faisant une liste de nos gestes précurseurs, on va pouvoir se retirer de la situation dès que l’on réalise que l’on vient de faire l’un de ces gestes indicateurs d’une montée de colère.»

-Amélie Béland-Lacasse

Contrôler ses propres émotions

Afin d’éviter les interventions inadéquates avec nos enfants, on peut commencer par identifier ce qui vient nous chercher le plus souvent dans leur comportement. «Nos enfants savent souvent sur quels boutons peser pour nous faire fâcher. Donc, en identifiant à l’avance les situations et les comportements enrageants, on peut décider de la façon dont nous interviendrons lorsqu’ils se produiront. En étant prêt, ça va nous permettre de moins intervenir avec émotion. Ce qui rendra l’action plus facile.»

Il faut aussi savoir identifier sur soi-même les signes d’agressivité qui indiquent que l’on va peut-être exploser. Est-ce que l’on serre les dents? Est-ce qu’on hausse le ton? Est-ce que l’on a tendance à serrer les poings ou donner un coup sur quelque chose? «En faisant une liste de nos gestes précurseurs, on va pouvoir se retirer de la situation dès que l’on réalise que l’on vient de faire l’un de ces gestes indicateurs d’une montée de colère. Aller prendre l’air deux minutes, au sous-sol, sur le balcon, sortir de la pièce et respirer. Prendre le temps de se calmer ça va nous permettre de reprendre le contrôle de nous-même pour ensuite intervenir dans la non-violence», termine l’intervenante.

C’est quoi une intervention inadéquate?

Il peut y avoir une variété de comportements qui entrent dans la catégorie des interventions inadéquates ou violentes, par exemple: un geste, une parole, un regard ou une réaction qui se veut blessante, dénigrante, irrespectueuse, ignorer et laisser l’enfant seul dans sa détresse ou encore une réaction démesurée par rapport à la situation qui vient de se produire. «Par exemple l’enfant renverse son verre de lait, et son parent explose, retire l’enfant de façon drastique de la pièce, ça peut être considéré comme démesuré, ce qui en fait une réaction inadéquate», image Amélie Béland-Lacasse.

Pour contacter Amélie Béland Lacasse : www.laboiteaoutilsdamelie.ca

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