14:19 11 février 2022 | mise à jour le: 10 février 2022 à 17:53 Temps de lecture: 4 minutes

Pas tous égaux devant les régimes amaigrissants

Pas tous égaux devant les régimes amaigrissants
Photo: iStockDivers facteurs de stress viennent perturber les résultats liés au suivi d’un régime alimentaire chez certaines personnes, malgré leur volonté et les efforts consentis.

SANTÉ. Tout le monde ne part pas sur la même base en vue de concrétiser ses résolutions de meilleures habitudes alimentaires en début d’année. Certaines personnes auraient un profil qui réduit les chances de succès d’un régime. Ainsi, la réussite d’un programme amaigrissant ne dépend pas uniquement des efforts et du respect des consignes.

Tel est le constat auquel arrive une équipe de chercheurs dirigée par le professeur Angelo Tremblay, professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval. Leur travail révèle que des caractéristiques individuelles, dont plusieurs liées au stress, nuisent à l’atteinte des objectifs d’un régime nutritionnel. Les résultats de cette étude internationale ont été publiés récemment dans la revue Frontiers in Nutrition.

Celle-ci s’appuie sur des données récoltées auprès de plus de 2000 sujets en surpoids et prédiabétiques qui ont participé à une intervention en deux temps. La première phase, d’une durée de deux mois, visait une perte d’au moins 8% du poids initial. Ceux qui parvenaient à atteindre l’objectif pouvaient entreprendre la seconde phase visant le maintien de la perte de poids sur une longue période. Au terme de la première phase, 191 participants n’avaient pas atteint la cible prescrite.

«Le stress, la fréquence cardiaque et le sentiment de restriction alimentaire sont trois facteurs perturbateurs importants.» – Angelo Tremblay, professeur de médecine et chercheur à l’INAF et à l’IUCPQ

«Leur engagement dans le programme a été mesuré par leur taux de participation aux activités de suivi et de soutien. Et pourtant, il s’avérait aussi grand que celui des sujets qui avaient atteint l’objectif», constate M. Tremblay. Le chercheur à l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF) et au Centre de recherche de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) ajoute que les analyses montrent qu’avant d’entreprendre le régime, les sujets du groupe «Insuccès» avaient une sensation de faim plus élevée que les sujets de l’autre groupe.

Autres constats, plus le niveau de stress, la fréquence cardiaque au repos et le sentiment de restriction alimentaire étaient élevés en début d’intervention, moins la perte de poids subséquente était grande. «Il existe donc des caractéristiques individuelles qui font qu’une démarche efficace pour les uns ne fonctionnera pas pour les autres. Les professionnels de la santé doivent adapter leurs interventions, afin qu’elles respectent ce que le corps et l’esprit de leurs patients peuvent tolérer», conclut le professeur Tremblay.

Encadrer l’industrie de l’amaigrissement

La culture de la diète, l’insatisfaction corporelle et la préoccupation à l’égard du poids sont des enjeux bien réels. Un sondage Léger mené pour le compte de l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) confirme que six Québécois sur 10 ont fait des efforts pour perdre ou maintenir leur poids l’an dernier. De plus, 52% de la population se dit insatisfaite de son poids, soit 45% des hommes et 59% des femmes.

«La pandémie a exacerbé les problématiques du poids au Québec. Et le marketing souvent trompeur de l’industrie de l’amaigrissement pousse de nombreuses personnes à avoir recours à des produits, services ou moyens amaigrissants (PSMA)», déplore Laurence Sauvé-Lévesque, chargée de la campagne Méfiez-vous des apparences trompeuses! à l’ASPQ.

Dans un récent rapport rendu public, l’organisme dénonce l’omniprésence en ligne des offensives axées sur l’image corporelle. Il s’inquiète également de voir l’industrie de l’amaigrissement se réapproprier le discours populaire basé sur les saines habitudes de vie, le bien-être ou encore le mode de vie santé. Le document propose diverses pistes d’action afin de mieux encadrer leurs pratiques de commercialisation dans ce domaine très lucratif.

Dans un récent rapport, l’ASPQ souhaite un meilleur encadrement des solutions prônées allègrement sur Internet par l’industrie de l’amaigrissement. Illustration gracieuseté – ASPQ

Métro Média

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