Société
16:44 28 octobre 2021 | mise à jour le: 28 octobre 2021 à 16:44 Temps de lecture: 4 minutes

Carbone riverain: Protéger les cours d’eau avec des bandes riveraines végétalisées

Carbone riverain: Protéger les cours d’eau avec des bandes riveraines végétalisées
Photo: Métro Média Vincent DesbiensLes instigateurs du programme Carbone riverain ont de grandes ambitions pour leur projet.

La coopérative Arbre-Évolution a présenté le programme de compensation du carbone volontaire, Carbone riverain, le 18 octobre dernier à la baie de Beauport. L’organisme veut élargir les bandes riveraines le long des terres agricoles afin de maximiser la protection des cours d’eau en offrant une solution intégrée en matière de gestion du carbone.  

«Les lois actuelles forcent les agriculteurs à laisser un espace de trois mètres à l’état naturel où il est interdit de cultiver. Notre plan est de faire passer ces-mêmes bandes à huit mètres d’épaisseur», affirme le coordonnateur général d’Arbre-Évolution, Simon Côté.

L’espace supplémentaire permettrait à la coopérative d’instaurer une zone de «séquestration de dioxyde de carbone (CO2)», par la présence d’une multitude d’espèces végétales. Sur les cinq mètres adjacents aux bandes riveraines actuelles, Arbre-Évolution mettra en place une zone de verdure qui emmagasine du CO2 sur les terres des producteurs agricoles intéressés à participer au projet.

La parcelle de cinq mètres de profondeur sera séparée en deux rangs distincts. Une rangée de peupliers prendra place sur la ligne la plus proche du cours d’eau, afin de créer un couvert forestier près duquel les bêtes de champs agricoles pourront trouver refuge à l’ombre, lors des journées chaudes.

La deuxième rangée sera composée d’arbustes fruitiers pour offrir une diversité alimentaire intéressante à la faune. Le sol sera également ensemencé avec des plantes herbacées mellifères comme le lotus et le trèfle, pour favoriser l’accumulation de carbone dans le sol.

«Tous ces éléments réunis permettront également d’attirer les pollinisateurs, qui utilisent souvent les morceaux d’écorce et les débris des arbres pour construire leur nid. Ça leur permettra de trouver un bon emplacement pour s’installer et perdurer», fait valoir M. Côté.

Purification de l’eau

L’élargissement des bandes riveraines et leur ensemencement permettront de ralentir le parcours de l’eau qui descend des champs vers les rivières et ruisseaux. Ce processus facilite son infiltration dans le sol, où le liquide entrera en contact avec différentes racines. Ce passage souterrain fait que l’eau perd peu à peu les pesticides, les fertilisants, les sédiments et les coliformes fécaux qu’elle transporte avant d’atteindre la rivière.

Le plongeur et photographe sous-marin québécois Mario Cyr s’est associé à ce projet qu’il considère comme très novateur. «J’ai été fortement interpellé quand on m’a approché avec cette idée-là. Pour moi, la protection des cours d’eau c’est quelque chose de primordial. Je pense que Carbone riverain fait assurément partie de la solution pour prendre soin de l’une des plus importantes richesses du Québec», soutient-il.

Avantageux pour les agriculteurs

Jusqu’à maintenant, les bandes riveraines végétalisées que propose Arbre-Évolution ont été implantées par un seul producteur agricole de la province, la ferme du Ruisseau Fleury située à Val-Alain.

«Le MAPAQ (ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec) nous a parlé de ce programme-là et on a tout de suite été intéressés. La perte de terres est minime et de toute façon, ce ne sont pas les plus productives. Les inconvénients sont vraiment limités pour les bénéfices que ça apporte à notre champ en termes de biodiversité, explique le copropriétaire de la ferme du Ruisseau Fleury, Matthieu Giroux.

La coopérative a également créé une fiducie qui administre les fonds du programme, qui devrait s’échelonner sur 40 ans, et qui offre des redevances intéressantes aux agriculteurs qui stockeront du CO2 sur leurs terres en vertu du marché du carbone volontaire. Arbre-Évolution assurera l’entretien des rives aménagées pendant toute la durée du programme. En échange, l’agriculteur qui participe s’engage à ne plus jamais cultiver dans cette zone.

Pour en apprendre davantage sur le programme Carbone riverain et son fonctionnement, consultez le https://carboneriverain.org/

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