Tribune Libre
10:00 17 juillet 2021 | mise à jour le: 27 juillet 2021 à 10:03 Temps de lecture: 2 minutes

Empesticide : la petite pancarte anachronique

Empesticide : la petite pancarte anachronique
Photo: Photo Métro Média

Déambulant dernièrement dans mon quartier, je me plaisais à contempler les parterres de mes concitoyens. Gazon bien tondu y côtoie plates-bandes soigneusement entretenues. Et puis l’inévitable petite pancarte qui m’avertit qu’un produit dangereux vient d’être épandu sur le gazon. SVP allez marcher ailleurs. Anachronisme?  Attachement dépassé à la pelouse parfaite?  « Attention à nos enfants » affiché ici et là dans nos rues s’adresse-t-il seulement aux automobilistes?

On a du mal à comprendre que la ville continue d’autoriser l’utilisation de pesticides pour usage domestique esthétique, après en avoir abandonné l’usage pour traiter ses plates-bandes – c’est qu’ils causaient des problèmes de santé comme la maladie de parkinson et le cancer de la prostate à ses employés. Dresser une « liste blanche » de produits autorisés et en faire respecter l’utilisation pour limiter l’exposition de la population aux pesticides nocifs n’est pourtant pas irréaliste : la ville de Laval a d’ailleurs récemment légiféré en ce sens.

Le problème des pesticides se répercute jusque dans notre eau potable. C’est avec stupéfaction que j’ai appris que l’eau de surface des rivières agricoles bénéficie d’un suivi beaucoup plus serré pour la détection que notre eau potable (détection du glyphosate à partir de 0,04 ug/l dans les rivières contre 10 ug/l dans l’eau potable). Certains pesticides testés par le ministère de l’Environnement ne sont même pas testés pour détection dans l’eau potable.  Pour ce qui est des seuils à respecter, il suffit de se comparer à l’union européenne pour comprendre la désuétude de nos balises. Par exemple, le seuil permis pour le glyphosate en Europe est de 0,1 ug/l pour chaque pesticide comparativement à 210 ug/l au Québec.

Les élections municipales approchent : demandons à nos élus de légiférer sur l’usage esthétique des pesticides et leur détection dans l’eau potable. Je vous invite à consulter le site Web de Vigilance OGM (https://www.vigilanceogm.org/) pour en apprendre davantage et, si le cœur vous en dit, à vous joindre à notre collectif de citoyens de Québec mobilisés sur ces questions en vue des prochaines élections municipales.

 

Dominique Beaulieu, Québec

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