Tribune Libre
12:15 24 octobre 2020 | mise à jour le: 24 octobre 2020 à 12:15 temps de lecture: 3 minutes

Racisme envers les Autochtones : s’excuser ne suffit plus

Il est un fait indéniable, le premier ministre François Legault éprouve des réactions quasi épidermiques à associer le mot « systémique » au terme « racisme ». Toutefois, là où le bât blesse avec le plus d’acuité, c’est que cette opinion du premier ministre émerge inopportunément sur la scène politique et dans les divers médias en accaparant l’avant-scène du débat sur le racisme envers les Autochtones.     

Et, pendant cette guéguerre de mots complètement oiseuse, une mère Atikamekw de 7 enfants, Joyce Echaquan, est morte dans un hôpital de Joliette dans des circonstances troubles, au vu et au su de millions de personnes qui ont pu assister à la scène injurieuse de la part d’infirmières envers Mme Echaquan via la caméra personnelle de la victime.

Et pendant ce temps, un rapport de l’observatrice indépendante nommée par Québec, Me Fannie Lafontaine, fait état de quelque 200 dossiers d’enquêtes criminelles qui ont été ouverts en cinq ans au Québec à la suite d’allégations d’Autochtones à l’endroit de policiers ayant utilisé la violence sans coup férir contre eux.

Et pendant ce temps, un autre rapport, celui de la Commission Viens, qui contient quelque 141 mesures concrètes à mettre en œuvre pour transformer les services de santé et les services sociaux, mais aussi protéger la jeunesse, réformer les services de police et de justice autant que les services correctionnels en plus de proposer des mécanismes de suivi rigoureux pour que les droits des Autochtones soient enfin respectés, dort sur les tablettes d’un placard depuis un an en attendant que le caucus du gouvernement en prenne tout au moins connaissance.

Mais quel est le cœur du problème? À mon avis, il est ancré profondément dans les comportements et les attitudes racistes inacceptables qui perdurent telle une gangrène incurable qui ne fait que proliférer au sein des corps de police et qui sèment des ravages psychologiques et physiques odieux auprès des communautés autochtones, particulièrement chez les femmes.

Devant ce triste constat, s’excuser ne suffit plus face aux plaies qui demeurent vives malgré les excuses. Il est plus que temps de tirer le rideau sur le mot qui commence par la lettre « s » et de faire toute la place à des actes concrets dans les meilleurs délais afin qu’enfin les Autochtones soient considérés comme des êtres humains à part entière dans ce Québec que l’on qualifie de l’adjectif « inclusif »… à moins que ce ne soit qu’un « mot » qui voile depuis des lunes une discrimination retorse envers les peuples autochtones de la part des services publics, notamment des forces policières!

Henri Marineau

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