Tribune Libre
11:47 26 août 2020 | mise à jour le: 26 août 2020 à 11:47 temps de lecture: 2 minutes

L’école, milieu d’apprentissage

L’école, milieu d’apprentissage

D’entrée de jeu, je veux dissiper toute équivoque à l’effet que le projet de Lab-École ne contient pas des éléments positifs, notamment l’effort déployé par les instigateurs du projet pour améliorer la qualité de vie des élèves. De vouloir transformer l’école en milieu de vie incarne à première vue une intention louable.

Toutefois, je demeure convaincu que l’école est et doit demeurer d’abord et avant tout un milieu d’apprentissage, à défaut de quoi la raison d’être de l’école risque de s’effriter au profit d’une conception qui privilégierait le contenant au détriment du contenu. Et, si cela s’avérait être le cas, nous commettrions une grave erreur d’aiguillage.

Au cours des dernières décennies, la plupart des école élémentaires du Québec ont fait une place grandissante aux nouvelles technologies de l’enseignement, tel l’avènement de l’informatique sous toutes ses formes. Au primaire particulièrement, les élèves sont regroupés en équipes de 4 ou 5 pendant toute la durée de l’année scolaire, une stratégie qui favorise nettement le phénomène de la socialisation et par ricochet, le travail en équipe.

Par ailleurs, je vois un danger dans l’implantation du Lab-École, à savoir que, dans l’emballement qu’il suscite, il risque de perdre de vue l’essence même de l’école au détriment d’un changement radical dans l’aménagement des lieux qui risque de « déboussoler » les élèves et de les distraire de leur concentration essentielle à leur apprentissage.

En résumé, je suis d’avis qu’il ne faut pas tout faire tomber les remparts de l’école traditionnelle au profit d’un concept tout à fait nouveau. Il m’apparaîtrait plus réaliste, voire plus productif, d’amalgamer les avantages de l’école traditionnelle à ceux du Lab-École qui irait dans la continuité de l’école d’aujourd’hui pour le plus grand bien de l’école, milieu d’apprentissage.

Henri Marineau, ex-enseignant et ex-directeur d’école au secondaire, Québec

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Commentaires 1

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  • Denis Beaulé

    « Milieu d’apprentissage ».

    DE ?…

    Une fois cela dit, ça ne dit pas quel est ou quels sont le ou les principaux apprentissages à y faire.

    Si vous demandez, par exemple, à madame unetelle, prof à l’UdeS, probablement vous répondra-t-elle qu’on se méprend eu égard aux ‘essentiels’ en Éducation :

    https://www.latribune.ca/actualites/la-rentree-la-rentree-e09b1ee7c98c32cdab7690eb2e4c8492

    https://www.latribune.ca/actualites/estrie-et-regions/enseigner–ou-est-lurgence-d1d4582d944e0817d23eeecf8187c316

    Et c’est ce que moi-même r’évoquais en début de semaine en en appelant « À l’école de la vie »*.

    https://journalmetro.com/opinions/tribune-libre/2504900/a-lecole-de-la-vie-3/

    C’est aussi ce à quoi ‘référais’-je, il y a beaucoup plus longtemps, lorsque suggérant qu’une certaine grève étudiante, épique, eût pu s’avérer « un apprentissage [sic] à créditer »… !

    (Page 23 du doc suivant):

    https://www.agecvm.org/sites/www.agecvm.org/files/fichiers/2012/08/rph12hausse-debats.pdf

    ‘Facile’, en effet, de ne voir en l’école ou de voir d’abord en l’école un lieu d’apprentissages de type prépondéramment intellectuel. Or…
    1) On sait qu’en la Grèce antique, grandissime culture s’il en fût, différemment d’en la culture romaine… ‘paulinienne’, le corps n’était pas moins considéré ou ‘honoré’ que l’esprit;
    2) on ne peut ne pas se rappeler cet énoncé cartésien voulant que la santé soit le plus grand bien et fondement de tous autres biens;
    3) preuve en étant que : de quoi, donc, est-il Question en ce moment? De quoi se Préoccupe-t-on?
    Réponse: santé. Santé, santé, santé. **
    4) de telle sorte qu’essayez d’y trouver une « logique ‘rationnelle’ » – en cette idée, là, de (faire) considérer le sport-étude-scolaire, à ce moment-ci précisément, comme important moins que d’autres activités, moins propres à stimuler, favoriser, préserver ou accroître la santé, justement.

    Enfin, on n’apprend pas qu’aux enfants. On apprend aussi des enfants. Comme le disait hier un éminent populaire pédiatre — (et comme l’écrivais-je moi-même mardi)* —, ceux-ci peuvent être, parfois, à certains égards, de véritables « instructeurs ».

    Agents, donc, autant que receveurs d’instruction. Laquelle est dynamique, mutuelle.

    ** Bien sûr, n’y a-t-il pas que la santé physique en cause. Celle mentale importe aussi.
    Et des activités autres que physiques peuvent concourir tout autant à sa maintenance ou bonification.
    N’en demeure pas moins que l’aspect santé physique a été et continue d’être ce dont on s’occupe et se préoccupe le plus eu égard à covidixneuf. Comme l’ont illustré les manières de faire à l’égard d’aîné.e.s en résidences et comme continue d’en témoigner l’éloignement-retrait (généralisé) préconisé ou agi, sitôt connue la condition de contaminé.e de qqn.e.