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Cas vécu témoignant de l'avancement de la médecine

Publié le 8 octobre 2018

Tribune libre.

©(Illustration Métro Média - Archives)

Peau artificielle et laser: deux ‘’miracles’’ auxquels a contribué la recherche à l’Université Laval. Semaine réjouissante pour la recherche scientifique! Plaisir de rappeler des souvenirs personnels de collaborations inter et multi disciplinaires!

Peau artificielle

La presse mentionne que des chercheurs de Québec (recherche organogénèse à l’UL et LOEX) réussissent à générer de la peau, derme et épiderme,  à partir de cellules du patient. Pour le traitement des grands brûlés par exemple. Ce qui me ramène aux années ’70-’80 où mes cours Analyse multivariées, destinés à nos étudiants de doctorat en psychologie, attiraient nombre de ceux d’autres disciplines (dont mathématiques, médecine expérimentale, administration, agriculture).

Et par effet d’entraînement, des invitations à des collaborations avec professeurs et chercheurs dont quelques noms me reviennent à la mémoire tels les Bernier, Guidoin, Auger, Radouco-Thomas (Simone et Corneille) de la Faculté de médecine. Certaines de ces collaborations portaient précisément sur la comparaison (fonction discriminante de l’analyse des données où j’apportais mon expertise) entre divers matériaux susceptibles de remplacer les transplantations, dont autogreffes, et éviter infections et problèmes de rejet.

Laser

On apprend aussi que le Prix Nobel de physique 2018 a été attribué à trois chercheurs pour leurs travaux sur des applications du laser. On sait bien sûr l’importance de l’optique et laser dans les travaux poursuivis à l’UL et à l’INO (Institut national d’optique) et leurs retombées dans les domaines de l’économie et de la santé (à Québec seulement ce sont 53 entreprises, 19 centres et laboratoires, 3000 emplois). On sait moins que l’un des Prix Nobel, Gérard Moudou, était venu travailler à l’UL au début de sa carrière, attiré ici par le dynamisme en ce domaine. Ce que l’on sait moins aussi c’est qu’il s’en est fallu de peu pour que le laser ne disparaisse de la recherche à la Faculté des sciences et génie.

Voici comment. Chaque année j’amenais mes étudiants en psychologie au laboratoire de la FSG pour leur faire observer un hologramme, produit de lumière monochromatique donnant des images en trois dimensions (j’avais aussi étudié la physique à l’UdeM et l’un de mes professeurs, Hubert Reeves, m’avait ouvert les portes de Cornell). Pour la simple raison qu’un modèle du cerveau me fascinait, celui de l’hologramme, genre de diapositive où l’information est répartie sur toute la surface (avec apparence de moiré résultant de l’interférence de faisceaux de laser) tellement qu’on peut en supprimer une section sans perte de l’entièreté de l’image, sauf sa précision.

On était au début des années ’70 et le directeur du laboratoire m’avait dit : ‘’Ceci est sans doute la dernière année où vous pourrez amener vos étudiants. Car il est question de fermer le laboratoire, considérant que le laser n’est que de l’optique du 19è siècle …’’ Heureusement que des personnes avisées (je pense en particulier au physicien J.-G. Paquet, futur directeur de l’INO et recteur) ont persévéré.

Je n’ai pas eu à profiter moi-même des avancées scientifiques de la culture de peau … jusqu’à maintenant du moins et je m’en réjouis. Mais pour ce qui est du laser, oui. Il y a une semaine le Dr Caron, ophtalmologiste, constatant (et moi aussi bien sûr, résigné, car après tout je suis né en ’35 …) une opacification de capsule (suite à remplacement de cristallin, autre merveille technique) m’a ‘’réglé le problème’’ en moins de cinq minutes : bombardement laser de haute intensité (mais impulsions de très courte durée, sans douleur) de la dite capsule. Miracle.

Dire qu’il y a peu d’années la cécité m’eut atteint implacablement comme c’était le cas très souvent. Ce qui me permet de poursuivre mille occupations dont la lecture quotidienne de dizaines de pages des musiques les plus belles de la Renaissance, souvent au clavecin ‘1733’ et à l’orgue ‘1753’ du Musée de l’Amérique francophone.

Hubert Laforge, phd, Québec