Tribune Libre
10:46 6 mars 2020 | mise à jour le: 6 mars 2020 à 11:45 temps de lecture: 2 minutes

La DPJ de l’Estrie sous tutelle

La DPJ de l’Estrie sous tutelle

Décidément, les cas de négligence et de lenteur de la part de la DPJ de l’Estrie continuent de ressurgir, cette fois-ci, ce sont quatre enfants d’une même famille maltraités pendant cinq mois avant que la direction de la DPJ n’intervienne.

Dans le cas qui nous concerne, le premier signalement à la Direction de la protection de la jeunesse a eu lieu en février 2019. Il aura toutefois fallu attendre en juillet pour qu’une intervenante de la DPJ prenne en charge le dossier, puis le jugement n’aura été rendu qu’en novembre.

Or, pendant toute cette période, les enfants vivaient dans un appartement insalubre et encombré. Trois d’entre eux dormaient sur le même matelas double, sale et sans draps. Une douzaine de chiens vivaient dans l’appartement et leurs excréments se retrouvaient jusque sur les matelas. Il y avait de la vaisselle sale couverte de moisissures qui trainait et l’électricité avait été coupée.

Dans son jugement, la juge Pascale Berardino n’arrive pas à comprendre la décision de la direction de la DPJ de maintenir les enfants à la maison avec un suivi social.  L’intervenante ne changera ses recommandations et ne demandera un placement que le 1er novembre après une visite d’un inspecteur des incendies qui mettait en garde contre la dangerosité de l’appartement. Il n’en fallait pas davantage pour que la DPJ de l’Estrie soit placée sous tutelle.

En lançant ses audiences en octobre 2019, Régine Laurent, la présidente de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, déclarait que, « comme société, on a failli à notre principale responsabilité, celle de protéger nos enfants les plus vulnérables ; être ici aujourd’hui est un constat d’échec, mais il faut le faire »…tout au moins en mettant à profit notre devoir de mémoire envers l’enfant martyre de Granby qui aura servi de déclencheur à cette vaste consultation.

 

Henri Marineau, Québec

 

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Commentaires 1

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  • Denis Beaulé

    Pas d’hier. Il s’en passe des choses en Estrie !… Il s’en dit, s’en écrit aussi.

    Tout récemment, le directeur du service de police de Sherbrooke est venu dire à la Commission Laurent qu’il n’est pas ‘en option’ de dénoncer malfaisance ou maltraitance; que « c’est une obligation de signaler ».
    https://www.latribune.ca/actualites/maltraitance-ou-abus-denfant-appelez-denoncez-9aa0473613a4068650c40a359bdf023b

    Cinq ans plus tôt, une prof-psy à l’UdeS avait exposé fort en détail au premier ministre que ç’avait pas d’allure la façon dont il sabrait dans les services, que c’était inhumain, qu’il faisait preuve d’inacceptable insensibilité.
    https://www.lapresse.ca/debats/votre-opinion/201503/26/01-4855852-vous-etes-insensible-m-couillard.php

    Une quinzaine d’années auparavant, soit il y a maintenant une couple de décennies déjà…, une travailleuse sociale à Sherbrooke concluait sa lettre ouverte in La Tribune, à un autre… premier ministre, d’un autre parti, comme suit :
    « Cependant, je tiens juste à vous préciser en terminant que je travaille dans les services sociaux, particulièrement au niveau de la protection de la jeunesse. Je subis vos coupures sauvages depuis de nombreuses années et vous ne lâchez pas encore. Nous sommes épuisés et de moins en moins en mesure de protéger les jeunes: nous ne répondons qu’aux urgences. Mais, là encore, vous ne voulez pas croire nos directions et vous nous envoyez des « conseillers » sans connaissance du milieu et… vogue la galère avec de belles menaces de tutelles. »

    !

    Comme on peut voir, la tutelle, à Sherbrooke en Estrie, sera finalement advenue…

    Sans que rien ne soit résolu par contre. Et pour cause.

    La DPJ n’est pas LE Problème. Elle n’en est qu’UN.

    Comme on vient de le voir en effet, à la lecture de doléances adressées ici, pour les unes aux gouvernements et premiers ministres, pour d’autres à la population même ‘at large’ (e.g. police pressant celle-ci de tout dénoncer ce que doit); il n’y a pas moins de torts attribuables à celle-ci et à ceux-là qu’à la DPJ même. À tel point que…

    Hier soir, j’ai fait parvenir un message au ministre titré : « Gouvernement (Q) à mettre en tutelle ». Lui illustrant ensuite brièvement en quoi lui-même et son gouvernement ne s’avèrent pas moins à blâmer que la DPJ concernant la négligence ou maltraitance d’enfants.

    Enfin, y aura-t-il une couple de choses à inculquer et se mettre bien en tête, si l’on escompte s’élever à hauteur de… soi, humain.e.s… La toute première de ces choses étant que, contrairement à ce que d’aucun.e.s professent, la loi n’est pas première. Pas vrai que ce soit ce qui doive être « respecté », par-delà tout et tou.te.s, indépendamment des conséquences.

    Ce qu’il y a à respecter, d’abord et avant tout, plus que quoi que ce soit d’autre, c’est d’une part sa conscience et d’autre part… les gens! Les personnes. À commencer par « les femmes et les enfants d’abord ». N’est-ce pas? Tu ne peux pas enjamber des êtres humains, en laisser dans une tourmente infligée ou la pourriture, sous prétexte qu’une loi le permettrait, voire le prescrirait. Dignité et humanité, surtout-plus-encore, d’abord.

    Puis, pour la même raison, dénoncer des infamies prévaut sur le « devoir de loyauté » « à l’employeur ». Méchante gamique que celle-là où enjoint-on de taire l’horrible horreur, à fin de ‘cohésion’ de l’entreprise, allègue-t-on. La cohésion de la société ‘as a whole’ transcende, et pas qu’un peu, celle d’entreprises particulières. Or, impossible d’atteindre à telle cohésion en laissant des sien.ne.s (ou des ‘autres’ même) abusé.e.s, harcelé.e.s, gravement négligé.e.s, délaissé.e.s, oublié.e.s, maltraité.e.s ou violenté.e.s.