Tribune Libre
09:00 3 mars 2020 | mise à jour le: 3 mars 2020 à 09:04 temps de lecture: 3 minutes

Un lancement au profit de l’industrie immobilière commerciale

Un lancement au profit de l’industrie immobilière commerciale

C’est en juin 2018 que la Ville de Québec lançait une démarche de consultation afin d’adopter une Vision de l’habitation, dans l’objectif de remplacer sa politique d’habitation qui n’avait pas été revue depuis 2006. Une démarche à laquelle ont participé plusieurs acteurs et actrices du droit au logement, par le biais de groupes de discussions, d’un forum et d’une consultation en ligne.

Depuis quelques mois déjà, nous étions en attente de cette nouvelle politique. Une politique qui, pour plusieurs d’entre nous, devait répondre aux besoins des ménages mal-logés, tant au niveau du logement social que l’état du parc locatif privé existant qui se dégrade. Une Vision de l’habitation globale qui aurait eu l’audace d’anticiper l’impact du Réseau structurant de transport en commun qui risque de provoquer avec une forte gentrification tout au long de son tracé.  Une Vision de l’habitation qui actualiserait l’urgence d’agir avec la pénurie de logements qui sévit.

À l’heure actuelle, nous ne savons toujours pas ce que contient cette Vision de l’habitation de la Ville de Québec. Mais ce que nous savons, c’est qu’elle sera lancée en exclusivité le 11 mars prochain, lors d’un événement* de l’Institut de développement urbain du Québec, une organisation qui regroupe les grands joueurs de l’industrie immobilière commerciale. Ce que nous savons, c’est que, pour y assister, il faut pouvoir débourser des frais d’environ 200 $.

Nous ne pouvons que dénoncer le choix de la Ville de Québec de faire le lancement de cette politique dans un évènement aussi coûteux, empêchant plusieurs personnes et acteurs et actrices du droit au logement d’accéder à cette première présentation. De plus, le choix stratégique de la Ville de Québec de lancer celle-ci auprès des promoteurs immobiliers nous laisse craindre le pire quant à la « vision » réelle qu’elle souhaite se donner. Aurons-nous encore droit à des vœux pieux, sans mordant, qui n’auront pas d’impacts réels sur la qualité de vie des ménages mal-logés de la Ville de Québec ? Changer une politique pour une vision reviendrait, dans ce cas, à changer quatre trente sous pour un dollar.

* Pour voir l’événement en question : https://www.idu.quebec/fr/evenements

 

Nicole Dionne, Bureau d’animation et information logement (BAIL)

Éloïse Gaudreau, Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur (CCCQSS)

Cheryl Ann Dagenais et Anne-Sophie Trottier, Comité logement d’aide de Québec-ouest (CLAQ)

Marie-Ève Duchesne, Comité populaire Saint-Jean-Baptiste

Véronique Laflamme, Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)

 

 

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