Tribune Libre
11:23 21 mai 2019

#youknowme

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C’est le mot-clic qu’a lancé l’animatrice américaine Busy Philipps sur les médias sociaux après avoir témoigné de l’avortement qu’elle a vécu à l’âge de 15 ans. Depuis lors, des langues se délient en réaction à l’adoption de lois anti-avortement dans plusieurs États américains. Des femmes du monde entier ont choisi de briser le silence en racontant leurs histoires d’avortement. Elles veulent libérer la parole, faire tomber les tabous, mais surtout en finir avec la honte.

Au Canada, il n’existe pas de loi sur l’avortement qui est décriminalisé, ce qui fait en sorte qu’on ne pourrait pas morceler le droit à l’avortement. Par contre, les liens entre les groupes pro-vie américains et canadiens sont indéniables. Par ailleurs, même si plusieurs politiciens canadiens, ouvertement contre l’avortement, comme Jason Kenney et Andrew Scheer, affirment n’avoir aucune intention de rouvrir ce débat au pays, leur position pourrait tout de même galvaniser les troupes pro-vie. Un glissement que redoutent certaines femmes qui ne peuvent que constater que les droits des femmes ne sont jamais complètement acquis.

À mon sens, les groupes pro-vie viennent contrecarrer des dizaines d’années de dures batailles pour le droit à l’avortement menées, notamment, par le Dr Henry Morgentaler grâce à qui l’avortement a été décriminalisé au Canada le 28 janvier 1988, suite au verdict de la Cour suprême du Canada qui a déclaré inconstitutionnelle l’ancienne section du Code criminel qui traitait d’avortement… Reculer maintenant balaierait sans vergogne le droit inaliénable des femmes à un avortement légal dans un pays qui a officialisé sa décriminalisation depuis plus de trente ans.

Henri Marineau, Québec

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