Tribune Libre
14:20 21 décembre 2017 | mise à jour le: 21 décembre 2017 à 14:20 temps de lecture: 2 minutes

Heureux les pauvres?

Dans un petit ouvrage de quelque 155 pages intitulé Heureux les pauvres? (Édition Médiaspaul, 2016), Nicole Croteau, une assistée sociale, de la catégorie « sans contraintes à l’emploi », nous parle de sa vie. 

Tribune libre (Photo TC Media – Archives)

« Le cercle d’amis qui rétrécit parce que mal à l’aise devant cette pauvreté inattendue. Les leçons que tout un chacun se croit en droit de lui donner et qui minent sa confiance. L’énergie déployée pour arriver à manger tous les jours. La difficulté d’aller se chercher un emploi quand on n’a pas les moyens de se payer des billets de bus.

Et puis, plus traîtreusement, « comment démontrer sa compétence quand […] offrir ses services n’est ni plus ni moins qu’un appel au secours? ».  De fait, dans nos sociétés qui aiment les gagnants, les employeurs ne sont pas très portés sur la pitié. Quand en plus la fatigue de survivre jour après jour marque les traits, ça les rend encore moins enthousiastes.

Nicole Croteau raconte donc comment, peu à peu, elle a vu sa place rapetisser, sous les regards, les reproches, l’insouciance des autres. Solitude, colère, méfiance, tout ce qu’elle a ressenti se résume dans ce troublant aveu: « Même si je ne suis plus dans l’indigence, l’idée d’inviter des amis à ma table ou de leur apporter un plat continue d’être une menace. » Partager n’est plus un cadeau quand c’est autant de moins pour soi, à qui il reste très, très peu… »
Extrait de l’article de Josée Boileau intitulé « Être pauvre, ça gruge plus que le porte-monnaie », Châtelaine.

En cette période de réjouissances qui s’apprête à agrémenter nos vies, j’ai cru bon d’attirer notre regard, le temps de quelques minutes, sur les tristes retombées d’une assistée sociale…

Henri Marineau

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