Opinion
07:18 10 mars 2021 | mise à jour le: 10 mars 2021 à 12:34 temps de lecture: 5 minutes

Contre un édifice en hauteur au golf de Cap-Rouge

Contre un édifice en hauteur au golf de Cap-Rouge

Des citoyens se mobilisent depuis plus d’une année contre le projet immobilier en hauteur du Club de Golf de Cap-Rouge (CGCR). Il est temps que la Ville de Québec prenne acte de leurs revendications.

À la suite des premières rumeurs au sujet de la construction d’un édifice de 15 étages au CGCR à l’automne 2019, des citoyens se sont mobilisés. Après avoir obtenu la confirmation qu’un projet immobilier en hauteur allait être présenté à la Ville de Québec par le CGCR et le promoteur Groupe Tanguay, le Comité citoyen a été officiellement créé afin de faire entendre la voix de ses concitoyens résidant au pourtour du golf.

Voici les principales raisons pour lesquelles nous croyons que la majorité des résidents du quartier trouve toujours la dernière mouture du projet immobilier inacceptable :

  • Le secteur ne se prête pas à de la densification en hauteur. L’insertion d’une tour à condo à plusieurs étages ne pourrait en aucun cas s’intégrer au cadre bâti du quartier que nous habitons sans en affecter à jamais sa nature propre.
  • Le règlement de zonage a été instauré pour protéger un quartier contre toute insertion disparate, un qualificatif qui s’associe sans contredit aux trois moutures présentées jusqu’ici dans un secteur composé uniquement de résidences unifamiliales d’une à deux étages.
  • L’ajout d’un bâtiment en hauteur de 150 unités de condo présente des enjeux non seulement sur le plan de l’urbanisme, mais comporte également des impacts négatifs réels, tels que la baisse de la valeur mobilière des résidences avoisinantes, la perte d’intimité et d’ensoleillement, ainsi que l’augmentation de la circulation locale.
  • Bien que Jacques Tanguay, président du Groupe Tanguay, ait indiqué aux citoyens lors du dévoilement de la première mouture que, sans acceptabilité sociale, ce dernier ne serait pas partenaire du projet, force est de constater qu’après trois refus, dont deux confirmés par sondage: 90% contre 15 étages en mars 2020 et 80% contre 10 étages en février 2021, cette acceptabilité sociale n’est pas au rendez-vous. Le Groupe Tanguay est quant à lui toujours bien présent.
  • Les finances du club sont-elles à ce point fragiles? Le CGCR est-il vraiment si près de la faillite? Ces questions méritent d’être posées sachant que le CGCR a engrangé des profits de près de 315 000$ au cours de la dernière année sans avoir eu recours à sa marge de crédit. Comment les citoyens sont-ils sensés accepter l’idée selon laquelle, pour éviter la faillite, le CGCR ait besoin d’une injection massive de fonds? Rappelons que cette manœuvre requérant un changement de zonage permettrait au CGCR de se doter d’un Club House haut de gamme d’une valeur de 5M$.
  • Les citoyens sont également en droit de se demander si le CGCR s’est doté d’un plan d’affaires qui lui permettrait de réellement renouer avec la rentabilité financière. Ce splendide site devrait attirer davantage de golfeurs qu’il ne le fait actuellement. Par exemple, juste de l’autre côté du fleuve, un club de golf a investi dans la construction d’un deuxième parcours de 18 trous, signe d’une rentabilité financière certaine. Quels correctifs le CGCR devrait-il apporter pour connaître, lui aussi, une meilleure rentabilité financière?
  • Les résidents sont très conscients que d’autoriser un tel projet en hauteur créerait un précédent sur le plateau de Cap-Rouge, comme en témoignent les tours de 12 étages construites tout juste à l’ouest à Saint-Augustin-de-Desmaures. En effet, partout où une tour à condos a été construite, l’histoire nous a montré à maintes reprises que d’autres ont suivi. Ce n’est pas du tout ce que nous souhaitons dans notre quartier.
  • Le Pôle Chaudière constitue un site de densification plus logique au sein du même arrondissement, notamment en raison des accès à des axes routiers majeurs et à la création éventuelle d’une ligne de tramway. Dans un souci de respect des citoyens, notre conseillère municipale, Marie-Josée Savard, a d’ailleurs publiquement reconnu que les résidents du secteur Chaudière avaient raison de ne pas vouloirde bâtiments en hauteur à proximité de leurs demeures. Pourquoi en serait-il autrement pour les résidents en périphérie du golf? Pourquoi la Ville de Québec a autorisé à deux reprises la promotion d’un bâtiment de 10 étages et plus par l’entremise d’ateliers d’échanges dits «en amont»? En amont de quoi au fait?
  • D’autres solutions existent pour permettre au CGCR de renouer avec la rentabilité. Pensons entre autres à une ouverture pleine et entière du golf aux non-membres, combinée à un renforcement du rôle de parc hivernal, lequel pourrait être davantage soutenu financièrement par la Ville de Québec, permettant de ce fait d’obtenir une source additionnelle de revenu fixe et prévisible pour le CGCR.

À la lumière de toutes ces considérations, nous croyons que le CGCR et son promoteur doivent tout simplement abandonner le concept de projet immobilier en hauteur. Le Comité citoyen demande également à la Ville de Québec de refuser tout changement de zonage en ce sens, et ce, dans le respect de la volonté exprimée par la majorité de citoyens des cinq zones contiguës.

Les cosignataires de ce texte, qui coordonne le Comité citoyen, ont obtenu l’appui de 87% des 193 résidents du secteur ayant répondu au sondage réalisé en février 2021.

Louis Beaupré, Manon Bérubé, Martin Delage, Christian Laliberté, Alexandre Lavoie, Julien Mainguy, Marielle Prince et Alain Schreiber, résidents de Cap-Rouge

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