Opinion
06:51 3 octobre 2020 | mise à jour le: 4 octobre 2020 à 10:15 temps de lecture: 2 minutes

Le racisme systémique

Le racisme systémique

Les derniers événements dramatiques concernant la mort tragique d’une jeune femme autochtone de sept enfants dans un Centre hospitalier du Québec relance, pour une énième fois, le débat sur le racisme systémique au Québec.

Parmi tous les témoignages qui ont fusé de toutes parts depuis ce terrible incident, je retiens celui d’une invitée à l’émission 24/60 télédiffusée sur la chaîne de RDI le 30 septembre, à l’effet qu’une véritable concertation, avec des représentants autochtones, soit établie entre la volonté politique du gouvernement d’une part, et les autorités des services de sécurité publique et de santé d’autre part sur les moyens à prendre pour contrer définitivement les comportements racistes contre les autochtones.

Le dépôt du rapport de l’honorable Jacques Viens sur la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec date du 30 septembre 2019, et ses recommandations sont encore à l’étude dans diverses instances. Les délais s’étirent et rien de concret ne transpire des échanges entre les diverses parties en cause.

Or, la publication d’une vidéo choquante montrant Joyce Echaquan, une femme atikamekw, victime de racisme par du personnel soignant depuis son lit d’hôpital, tient d’un film d’horreur. Des scènes semblables doivent bien sûr être condamnées avec véhémence.

Toutefois, tant et aussi longtemps que le gouvernement actuel ne manifestera pas une ferme volonté politique de lutter avec énergie contre ces scènes inhumaines, le Jour de la marmotte risque de prendre l’affiche encore longtemps dans les hôpitaux et lors des contacts entre policiers et autochtones… À quand une véritable politique contre le racisme systémique?

Henri Marineau, Québec

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Commentaires 2

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  • Denis Beaulé

    « À quand » ? Bien, cela ne débutera, il semble, que lorsqu’on aura-commencé-par reconnaître la chose. Car…

    Tant qu’on s’obstine à la nier, on ne saurait guère ‘progresser’ en sa résolution. C’est là l’évidence même.

    Hier, le premier ministre a répondu en anglais que le racisme systémique évoquerait trop le racisme anti-noir.e.s étatsunien pour qu’on qualifie semblablement le racisme existant au Québec. Or, stupéfiante, au contraire, la ressemblance entre le racisme anti-noir.e.s aux États-Unis et celui ayant cours au Québec à l’endroit d’Autochtones.

    Quelque chose comme ce qui vient d’advenir à Joliette eût pu très très difficilement advenir, comme il l’a fait, s’il n’était pas systémique, justement, ce racisme manifesté là.

    Observez bien, en effet, et la teneur des propos tenus et l’incroyable assurance de celle(s) les énonçant. «Tu» ne peux manifester autant d’assurance, en parlant et te comportant ainsi, lorsque «tu» n’as pas le sentiment d’être «’backé.e’», soit par ta société d’appartenance ‘as a whole’, soit par tes supérieur.e.s institutionnel.le.s immédiat.e.s, soit par l’Institution plus largement, soit enfin par l’État même chapeautant-régissant le tout. Or, qu’est-ce, cela, alors, sinon un système, justement?

    Il ‘paraît’ qu’il faudrait s’abstenir de nommer la chose, car cela pourrait ‘faire de la peine’ aux « ‘Québécois.es’ ». Du fait que ce qui serait compris par « racisme systémique » équivaudrait à qualifier l’ensemble des Québécois.es, considéré.e.s individuellement, de racistes. Alors que c’est exactement le contraire. C’est en refusant d’admettre le systémique du racisme à l’endroit d’Autochtones qu’on se trouve à « ‘EN METTRE’ » plus que leur part sur des personnes-individus québécois.es; qu’on « taxe » alors de vil.e.s racistes, d’« exception », sur qui, seul.e.s, reposerai[en]t tout/s le(s) blâme(s) possible(s) imaginable(s) observable(s), observé(s) ou NON observé.s. Alors que…

    Bien, qu’on se rappelle seulement Granby. L’an passé. N’étaient-ce que les ‘deux’ qui auraient martyrisé ‘La Petite’ qui seraient à blâmer en cette affaire? Non. Des centaines d’autres aussi. Comme a fini par le résumer adéquatement-‘honnêtement’ le PDG du CIUSSS-Estrie-CHUS, c’est « tout un système qui a[vait] failli » en ce cas. Remarquez bien le mot ‘système’ ici, pas bien bien loin de… ‘systémique’.

  • Denis Beaulé

    Bon. On entend que ce seraient nos « anges gardiens », au Québec, les infirmières et préposées en institutions santé. Ainsi, à la lueur de ce qui vient d’advenir à Joliette il y a une semaine, on peut se demander comment ‘sont’ nos « NON-anges gardiens »…

    C’est là qu’on voit que ça ne « marche » pas pareille obstination à refuser d’admettre les faits, l’incontournable réalité. À défaut de quoi, on n’en sortira jamais, on n’en viendra jamais à bout de cette aire d’achoppement-là.

    Frappant de constater que cette « société distincte », qui serait nôtre, se « distingue », en effet, et pas que peu. Un peu trop, souvent, trop – partout.

    Car qui n’a pas remarqué que non seulement le Québec a-t-il été mauvais champion lors de la première vague covidixneuf, mais continue-t-il de l’être, encore, en ce moment, pour la suite… Oh oui, on se « distingue » !

    Et a-t-on des dirigeant.e.s se « distinguant » également. Tel celui, là, actuellement.

    Doté d’une insigne capacité de reproduction d’errements, mauvais jugements ou mauvais comportements, d’année en année, de décennie en décennie.

    Car frappant (bis) à nouveau l’équivalence, l’identicité de « réponse » émanant du PM/Q, entre la façon dont il traite aujourd’hui la question du racisme systémique et la façon dont il n’a laissé de traiter l’« affaire Michaud » ces derniers vingt ans. Du pareil au même. En les deux cas, en effet, on ne sait si c’est parce qu’il s’avérerait inextricablement incapable de comprendre la chose intellectuellement, ou si ce serait psychologique, ou enfin s’il y aurait là mauvaise foi pure et simple (bien bien ‘petite petite politique’ rabougrie, calculatrice, toujours plus restreignante ou toujours davantage encore ‘amenuisante’ pour le « peuple »?). LUI dit (considérer) la population québécoise des plus disposées au monde! à se conformer; mais… peut-on se demander si cela la « sert »; s’il ne s’agirait pas, trop (souvent) de… servilité (gratuite) erratique de sa part ou de ‘naïveté’ de mauvais aloi plutôt – d’ainsi se soumettre à l’aveugle à des dirigeant.e.s, dont on a de bonnes raisons de douter du bon jugement, de la bonne foi ou d’une bonne condition ‘psy’; au lieu de tabler tant soit peu davantage sur son propre esprit critique personnel, s’il s’avère plus « honnête », plus fiable, plus sain.

    Car (re-bis), il est non seulement dérangeant mais enrageant, choquant, exaspérant ou désespérant de constater à quel point quelqu’un peut, en s’obstinant à s’enferrer en quelque chose d’à l’évidence erroné — (en l’occurrence ici ce refus braqué de reconnaître le caractère systémique du racisme québécois anti-Autochtones) —; peut, donc, bloquer, rondement et carrément, toute possibilité de s’en sortir.

    Imaginez. Il y a racisme systémique, reconnu, partout autour (Canada, Ontario, Nouveau-Brunswick…); puis au coeur même de la Cité, à/par Montréal, au SPVM même… MAIS il n’y en aurait point! au Québec? Eh, quoi, comme ça, le PM aurait déjà reconnu — (cela par contre) — que Montréal ne ferait pas partie du Québec ?…

    Pathétique, bref. En continuant à refuser d’admettre la réalité, non seulement se rend-on ou se garde-t-on sujet.te.s à perduration de mépris ou d’indignation, justifié.e.s, des « autres »; mais se confine-t-on à ne jamais (voir) régler le problème, en n’accusant-visant-considérant que des personnes-individus sources, causes, propagateurs et acteurs de celui-ci; alors que c’est, bien davantage, toute la structure, la culture — (de la société en son ensemble) —, l’organisation, les pratiques communes, les directions, les institutions, leur gestion, le Système, quoi, en un mot; qui font le plus problème et l’entretiennent ou le font croître…