Opinion
06:04 16 décembre 2019 | mise à jour le: 15 décembre 2019 à 11:14 temps de lecture: 4 minutes

Iniquité et discrimination dans les garderies du Québec

Iniquité et discrimination dans les garderies du Québec

Un mouvement de fond s’organise en contestation des plus récentes décisions du gouvernement Legault en matière de services de garde. Quelques semaines à peine après la mise à jour économique du ministre des Finances Éric Girard, un groupe de parents, dont les enfants fréquentent un service de garde non subventionné, entreprend une série de moyens de pression pour dénoncer l’importante injustice et discrimination dont ils sont victimes.

En effet, l’annonce du retour au tarif unique de 8,25$ par jour ne profite actuellement qu’aux bénéficiaires de places en CPE et garderies subventionnées, laissant ainsi de côté 25% des parents québécois qui sont contraints, faute de place dans le réseau subventionné, de payer plus cher pour un service de garde non subventionné.

«À revenu familial égal, l’écart à payer par les familles peut dépasser 15 000$ annuellement par rapport aux parents utilisant le milieu subventionné en plus de financer ce milieu par leurs impôts et les taxes payées. Donc 25% des parents du Québec payeront plus cher pour les mêmes services et payeront la facture deux fois. Cela nous apparait complètement inacceptable, injuste et discriminatoire, surtout pour un gouvernement qui s’est positionné comme l’allié des familles et des régions», souligne Brigitte Cardinal, instigatrice du mouvement et mère de trois enfants.

Les familles peuvent valider leur écart de coût sur le site de Finances Québec, selon leurs revenus et le nombre d’enfants en service de garde. Il existe un outil de calcul «Coût d’une place en service de garde» disponible en ligne sur bit.ly/outilcalcul, à multiplier par 262 jours afin de calculer l’écart annuel.

Les sous-investissements chroniques dans les services aux 0-5 ans ont amené le développement d’un important réseau de garderies non subventionnées pour pallier le manque de places en garderie et répondre aux besoins des familles. Cependant, cette option devient trop onéreuse pour beaucoup de familles.

«Les besoins de tous les enfants n’ont pas été bien compris. Le délai d’obtention d’une place en CPE est beaucoup trop long pour les toutspetits. Après deux ou trois ans dans un service de garde non subventionné, les enfants ont eu le temps de construire des liens significatifs avec leurs éducatrices, leurs amis, etc. Désormais, même si le maintien de cette stabilité influence positivement le développement, les parents qui privilégient cette option sont maintenant très désavantagés, des milliers de dollars par année», disent Christine Maltais et François St-Pierre, résidents de Montréal et parents d’un enfant.

Le Regroupement de parents utilisateurs de garderies non subventionnées a reçu l’appui de Jennifer Maccarone, députée de Westmount–Saint-Louis et porte-parole de l’opposition officielle en matière de famille, qui a déposé leur pétition à l’Assemblée nationale le 6 décembre dernier. La pétition est disponible en ligne depuis le 10 décembre et a déjà amassé 2 040 signatures en moins de 48 heures. «Nous invitons tous les Québécois à signer cette pétition pour soutenir toutes les familles du Québec afin qu’elles bénéficient toutes du même tarif à 8,25 $ pour les services de garde de leur choix. La pétition est accessible via le lien http://bit.ly/parentsfloues», précise Mme Cardinal.

Notons que la pétition demande le remboursement intégral de tout montant excédentaire à 8,25$ pour frais de garde d’enfants, rétroactivement au 1er janvier 2019, sans égard au type de service de garde fréquenté par l’enfant.

Regroupement de parents utilisateurs de garderies non subventionnées

Le Regroupement de parents utilisateurs de garderies non subventionnées a été mis sur pied le 1er décembre 2019. Il a pour but de convaincre le gouvernement de rétablir l’équité entre les familles dont les enfants fréquentent des garderies subventionnées et celles qui doivent faire appel aux services de garde non subventionnés. Le Regroupement rassemble à ce jour plus de 1300 sympathisants et connait une croissance importante.

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