Opinion
07:01 19 août 2019

La liberté pour qui?

La liberté pour qui?

Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, ne participera probablement pas aux débats des chefs en octobre prochain. C’eut été pour lui une occasion rêvée de s’en prendre aigrement à l’État et à des groupes en particulier lors de ce forum si peu propice au développement des idées.

Parce qu’à mon avis, tous ceux qui prêtent l’oreille aux idées libertariennes d’un Maxime Bernier, du Réseau Liberté-Québec ou du Tea Party aux États-Unis, n’en comprennent pas encore bien les conséquences.

Les déréglementations voulues par ces libertariens pour réduire l’État à son strict minimum auraient des conséquences funestes. Elles briseraient les protections durement acquises des citoyens et permettraient aux entreprises, plus riches encore, de contrôler plus parfaitement nos «démocraties».

La nécessité dans laquelle se retrouverait ultimement une personne pauvre ou vulnérable de négocier «librement» sa force de travail avec une personne ou un groupe de personnes riches et puissantes ne nous mènerait qu’à une seule forme de liberté – celle, pour le plus puissant, de jouir sans retenu de la misère de l’autre.

Imaginez-vous un instant dans une société sans salaire minimum, sans système de santé pour tous, sans soutien aux plus démunis, dans un système «démocratique» gangrené par le financement privé des carrières et des partis politiques! Bravo! Et tout cela pour avoir fini par croire, à la longue, aux élucubrations d’affairistes de la politique, du show-business et des radios-poubelles?

Maxime Berner et les libertariens sont des idéalistes à la noix qui doivent réapprendre le b.a.-ba de la liberté. Le raisonnement est simple: la liberté est le corollaire de l’égalité. Et s’il faut l’exprimer plus clairement encore: la liberté ne se conçoit que dans un monde égalitaire.

Certains n’ont pas encore compris? J’irai donc plus loin: quand on a faim, qu’on travaille 12 heures par jour pour survivre, qu’il n’y a personne pour nous soigner quand on est malade ou blessé et que l’on abuse impunément de nous physiquement ou psychologiquement, eh bien – devinez quoi? – on n’est pas une personne libre!

Bruno Marquis, Québec

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