Opinion
05:21 4 mai 2019 | mise à jour le: 4 mai 2019 à 09:36 temps de lecture: 2 minutes

Imputabilité mise à l’épreuve

Imputabilité mise à l’épreuve

On aura beau, et à raison, passer par toute la gamme des émotions eu égard à la mort de la fillette de 7 ans de Granby, tôt ou tard, la question de l’imputabilité relative à un drame aussi tragique sera soulevée par les autorités responsables.

À première vue, il m’apparaît que des failles importantes ont été détectées dans le traitement du dossier de la fillette, et cela dès son tout jeune âge. À cet égard, la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de l’Estrie, pour toutes sortes de raisons probablement justifiées, évoque, entre autres arguments, le manque de ressources humaines pour faire face aux très nombreux signalements auxquels elle est sans cesse confrontée.

Toutefois, on a appris que la grand-mère de la fillette a eu, pendant quelques années, la garde de sa petite-fille à la suite des appels à l’aide du père qui avait peine à en assumer la garde et des excès de violence répétitifs de sa conjointe envers sa fille qui est finalement retournée vivre chez son père, ce dernier évoquant qu’il avait changé…

Conséquemment, je suis d’avis que le directeur de la DPJ de l’Estrie, malgré les arguments évoqués pour sa défense, est imputable au premier chef de la mort de la fillette et qu’il doit maintenant en assumer les conséquences qui lui incombent en tant que premier répondant d’un organisme responsable de la protection de cette fillette.

Henri Marineau, Québec

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Commentaires 1

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  • Denis Beaulé

    Il n’y a pas que la (direction de la) DPJ imputable eu égard à l’amplitude et au degré de négligence agis à l’endroit d’enfants au Québec. C’est là en effet un fait social, sociétal, familial et politique ‘total’, i.e. embrassant et concernant tout le monde, d’A à Z.

    Sceptiques ? Constatez.

    Il y aura bien eu, n’est-ce pas, ce ‘ben bon gars’ venu faire apologie ou promotion dynamique, ponctuellement, d’« Un Québec fou de ses enfants ». Censément. Or, lui-même, le dernier, a fini, fin d’an passé, par reconnaître qu’on « l’a pas », mais pas du tout, au Québec, vis-à-vis la maltraitance d’enfants pullulant chez nous, à l’égard de laquelle il y a « déni collectif ».
    https://www.lapresse.ca/actualites/201911/26/01-5251317-maltraitance-denfants-nous-avons-echoue-deplore-camil-bouchard.php

    Que, de siècle en siècle, r’adviennent de même cas, identiques, de petites martyrisées, est là pour en témoigner crûment.

    Si bien qu’a-t-on là, d’emblée, la toute première explication de ce pourquoi c’est, de pourquoi cela perdure ainsi : la société québécoise ‘as a whole’, séculairement, n’aime pas les enfants. Fait aussi brutal qu’incontestable. Tel qu’énoncé de mille et une façons par mille et une personnes.

    De Geneviève Pettersen
    https://fr.chatelaine.com/societe/un-quebec-fou-de-ses-enfants/

    à Sylvain Lévesque (maintenant député de Chauveau)
    https://www.journaldequebec.com/2017/01/05/un-quebec-qui-se-fout-de-ses-enfants

    en passant par Isabelle Picard (« Le Québec est la seule province où les avions-hôpitaux ne sont pas équipés de sièges pour accueillir des parents ou des proches lors de transports aéromédicaux. »)
    https://plus.lapresse.ca/screens/8541b325-3fbe-491a-aa46-88bf79eec190__7C___0.html

    Le ‘verdict’ s’avère unanime : le Québec, les Québécois.es n’aiment résolument pas les enfants = c’est au Québec, où il ‘se faisait’ le plus d’enfants…, que ceux-ci y sont le moins ‘bienvenus’.

    Si bien que…
    Comme disait l’autre, LA Raison pour laquelle adviennent tant d’événements « fâcheux » — (pour employer un euphémisme) — au Québec à propos d’enfants (‘oubliés’, négligés, maltraités, violentés, battus, abandonnés, quand ce n’est pas tués même); c’est « parce qu’au Québec c’est comme ça qu’on vit ». (C’est comme ça qu’on est). Il ne croyait pas si bien dire. Car…

    Lui-même, de son faîte politique, à ce moment-là même, à la façon dont il mettait en oeuvre précipitammissimement, voire rétroactivement, sa loi laïcité, illustrait on ne peut mieux à quel point des gouvernements québécois, l’un après l’autre, peuvent s’en foutre et s’en ficher royalement de la souffrance d’enfants, au point de ne même pas hésiter une seule seconde à l’accroître, au lieu d’oeuvrer à l’atténuer, la limiter, la faire diminuer ou viser à la faire se résorber jusqu’à disparaître entièrement, si possible ou ‘réaliste’…, souhaitablement.

    Car, on le sait, quantité d’enfants manquent d’à peu près tout à l’école, ces années-ci. D’écoles…, justement, oui. Puis d’écolocal, en général, pourrait-on dire, de classes, d’espaces de toutes sortes, convenables. Ainsi qu’en tout premier, de ressources humaines, à commencer par des enseignantes, n’est-ce pas? Or, nonobstant cela, nonobstant ce savoir qu’il n’est rien par quoi d’innombrables enfants souffrent plus qu’en raison de ce manque criant d’enseignante(s), alors qu’on n’en a jamais ouï se plaindre de la tenue vestimentaire d’une enseignante leur; au lieu de prendre en compte cette donnée et, partant, surseoir à la mise en vigueur de sa loi relativement à cet aspect de celle-ci, i.e., donc, au lieu d’a l l o n g e r la clause grand-père de manière à ce que tout le personnel enseignant disponible ou allant l’être sous peu puisse enseigner, attendu qu’il n’est RIEN par quoi souffrent davantage des élèves qu’en raison dudit manque dramatique d’enseignante(s); eh bien, ce premier ministre, ce gouvernement ont agi exactement l’inverse; soit devancer, s.v.p., ledit moment d’entrée en vigueur de la loi, y compris à ce chapitre. Tragique. Privant ainsi, immédiatement, davantage encore d’enfants de ce dont ils souffrent le plus – du manque d’enseignantes. Si bien que…

    S’il se trouve encore, au pays du Québec, quelqu’un.e, doutant encore (bis) après cela, qu’au Québec, ET une majorité de sa population ET ses gouvernements successifs demeurent délibérément indéfiniment dans l’obnubilation volontaire et le « déni collectif » face à la souffrance d’enfants, dont elle et ils se fichent en réalité éperdument, et qu’elle et ils engendrent, elle et eux-mêmes… (!)

    « Morale » ? Une dame l’aura on ne peut mieux posée, l’an passé, sous forme de questionnement :

    « Il faut se demander collectivement pourquoi il en est ainsi. Pourquoi le nombre de signalements augmente-t-il sans cesse? Pourquoi tant d’enfants aboutissent-ils à la DPJ? […] Nous sommes dus pour un examen de conscience collectif ».