Opinion
09:37 27 mars 2019 | mise à jour le: 5 juillet 2019 à 13:22 temps de lecture: 1 minutes

Les droits acquis, une clause discriminatoire

Les droits acquis, une clause discriminatoire

Si la tendance se maintient, quelque 500 employés de l’État seraient exemptés de l’interdiction de porter un signe religieux comte tenu qu’ils en portent déjà un avant l’adoption de la loi sur la laïcité. En termes clairs, la loi inclurait une clause de droits acquis, communément appelée la « clause grand-père ».

Or, quelqu’un peut-il me dire en quoi un employé de l’État qui porte déjà un signe religieux est différent d’un autre qui n’en porte pas ou qui serait tenté d’en porter si la loi le lui permettait? À mes yeux, cette clause grand-père est tout à fait discriminatoire et crée de façon inappropriée deux catégories d’employés de l’État.

D’ailleurs, est-il utile de se rappeler que la position traditionnelle de la Coalition avenir Québec ne faisait aucunement référence à une clause de droits acquis. Je suis d’avis que ce virement de cap est purement politique, François Legault, par cet « assouplissement », tentant de ratisser plus large avant le vote sur le projet de loi.

Henri Marineau, Québec

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Commentaires 2

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  • Denis Beaulé

    Et si ce qui serait discriminatoire était plutôt ou davantage de ne faire bénéficier qu’asymétriquement ou qu’imparfaitement de ladite clause grand-père, (adoptée) le jour de la fête des pères?…

    À partir du moment, en effet, où on l’octroie à quelques-uns et surtout pour quelques-unEs, quid de celles qui ne pourront « faire autre chose » ou le faire ailleurs que là où elles le font actuellement pour pouvoir continuer d’en bénéficier; mais surtout, bien plus encore, quid de celles s’étant investies, corps et âme, d’esprit et avec coeur, en apprentissages devant les mener à l’enseignement et qui, là, tout à coup, subitement, ‘bang!’, ne le pourront pas?

    Quant à moi, je cherche en vain l’éconologique de tel «développement» (en forme de fermeture). Je ne vois guère ce que l’État, qui y a aussi inve$ti, y gagne. Ne vois pas ce qu’il y a d’équitable (‘fair’) là-dedans – (ç’apparaît en être tout le contraire). Et vois encore moins comment peut être considéré souhaitable ou justifié de priver ainsi, aussi soudainement qu’abruptement, davantage d’élèves encore d’autres enseignantes, au moment même où il y en a le manque le plus criant et leur faisant le plus mal. Ça, ça dépasse l’entendement. Le mien, en tout cas…

  • Denis Beaulé

    On arrive de loin. Mais on ne va pas loin.

    Jusqu’à cette année, jamais n’avait-on légiféré au Québec à propos de religieux, comme cela vient d’être fait il y a trois mois.
    Ç’a changé chez nous! Ou pas?…

    Bien, c’est que jadis la religion faisait partie de l’éducation. En était l’essence même. Curriculum, catéchisme, prières, rites…

    Aujourd’hui, on croit devoir l’en évincer. D’apparence en compétence.

    Jusqu’à cette année, la ‘Déclaration universelle’ prévalait. On considérait sacrée l’éducation. Droit d’enfant, devoir d’État.
    Obligation de parents.

    Maintenant, pour des motifs religieux, on passerait d’impératif à facultatif à cet égard.

    C’est-à-dire qu’importerait plus dorénavant qu’il n’y ait pas apparence de religion en classe au public, (que) qu’il y ait compétence ou qu’il y ait (éducation) tout court. En effet…

    Advenant la présence — (comprendre l’[offre d’]enseignement) — d’une enseignante voilée dûment qualifiée mais non grand-pèrienne, deux options possibles seulement:
    soit on lui en substitue quelque autre indépendamment qu’elle s’y connaisse (convenument) ou pas éducationnellement parlant, ou on n’en assignera aucune à l’enseignement, dû un cortège d’élèves complet ou un enfant «spécial» n’en point avoir du tout.

    On serait rendu.e.s là. Paraît.

    Et pourquoi? À l’évidence parce qu’au Québec, plus encore que jamais auparavant dirait-on, la religion prévaudrait sur l’Éducation.

    N’y a-t-il pas (eu) Quelqu’un, un ‘Éminent’, ayant dit de « nous » naguère qu’on serait « sans culture » ?

    Eh bien, s’il n’avait pas raison alors, aujourd’hui il l’aurait. Puisque…

    Appert qu’on serait prêt.e.s à se passer d’apprentissages ou connaissances en général, à fin soit d’avoir du religieux à plein en classe ou de ne plus en (a)voir la moindre apparence de.

    Ainsi est-on. Ainsi fait-on. Au Québec canadien français.

    Et l’on appelle ça « neutralité ». Or…

    Lorsque t’es soit farouchement pour quelque chose ou férocement contre, t’es rien moins que neutre.
    C’est lorsque ça t’indiffère que tu l’es ou peux l’être.

    Si bien que, oui, peut-être y a-t-il caprice ou lubie se déployant en forme d’OBStination chez des voilées,
    mais certainement y a-t-il symétriquement OBSession (religieuse) de l’autre côté sous forme d’obnubilation.
    Éprouver et manifester à ce point horreur d’évocation religieuse au point de ne pouvoir en rien supporter…
    est la même chose qu’inversement ne pouvoir s’en passer au point de devoir la voir ou l’avoir partout
    (représentation/signe de) sa religion, son dieu, sa croyance, sa foi.

    Antireligiosité = religiosité.