Opinion
15:57 11 décembre 2018

Non au détournement de nos missions !

Non au détournement de nos missions !

Les groupes de défense collective des droits de la région interpellent le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, afin d’empêcher le détournement de mission annoncé dans le dernier Plan d’action gouvernement pour l’inclusion économique et la participation sociale.

Les groupes en défense collective des droits permettent aux gens de s’organiser pour faire respecter leurs droits et combattre les discriminations qui s’exercent contre eux, pour mener des luttes pour améliorer leurs conditions de vies et réduire les inégalités sociales. Les services individuels font partie de ce processus, ils sont une porte d’entrée vers les groupes et une étape essentielle du processus d’éducation populaire et de transformation sociale. C’est ce processus dans son ensemble qui permet aux gens de reprendre du contrôle sur leur vie, de surmonter les injustices auxquelles elles sont confrontées, de briser leur isolement, de créer des liens communautaires.

En dédiant de nouvelles sommes de 9,5M$ spécifiquement aux services individuels, le gouvernement s’ingère dans la mission et dans les pratiques des organismes de défense collective des droits. C’est aux groupes de définir leurs façons de faire, en fonction des besoins des personnes avec lesquelles ils travaillent. Nos missions ont été construites, bâties, inventées par des personnes engagées dans leur milieu qui voulaient se donner des moyens de combattre les injustices et de transformer la société.

Le désengagement de l’État et les compressions budgétaires ont durement affecté les services publics créant ainsi une grande pression sur les organismes qui croulent sous les demandes.  Nous craignons qu’en finançant les services individuels le gouvernement cherchent à utiliser les groupes pour combler ce vide.

Les différents partis politiques présents à l’Assemblée nationale semblent reconnaitre le rôle essentiel que nous jouons dans la vie démocratique, dans les débats sociaux ainsi que dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. D’ailleurs, le 8 novembre 2016, la motion suivante a été adoptée à l’unanimité: « Que l’Assemblée nationale souligne l’apport des organismes d’action communautaire autonome au développement social et économique du Québec » Plus récemment, la Coalition Avenir Québec (CAQ) a promis de mieux soutenir les organismes communautaires, de leur accorder une plus grande reconnaissance et de simplifier les procédures administratives.

Il est temps d’agir ! Nous demandons au nouveau Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale de respecter notre autonomie et d’empêcher ce détournement de mission en s’assurant que les sommes additionnelles du Plan d’action gouvernement pour l’inclusion économique et la participation soient entièrement allouées à la défense collective des droits.

Vania Wright-Larin, porte-parole du Regroupement d’éducation populaire en action communautaire de Québec et Chaudière-Appalaches (Répac 03-12).  Ainsi que:

Daniel Poulin-Gallant, Alter Justice

Sandrine Louchart, AmiEs de la Terre de Québec

Martine Rodrigue, AQDR Lévis-Rive-Sud

Véronique Salmon, Association pour la défense des droits sociaux – Québec métropolitain (ADDSQM)

Roxanne Blanchette, Association pour la défense des droits sociaux – Rive-Sud (ADDS – Rive-Sud)

Yves Carrier, Carrefour d’animation et de participation à un monde ouvert (CAPMO)

Aline Ratté, Centre d’Information et de Recherche en Consommation de Charlevoix-ouest (CRICCO)

Dominique Salgado, Comité d’action des personnes vivant des situations d’handicap (CAPVISH)

Daniel Lachance, Corporation de défense des droits sociaux de Lotbinière (CDDS de Lotbinière)

Nicole Dionne, Bureau d’animation et d’information au logement (BAIL)

Éloïse Gaudreault, Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur (CCCQSS)

Cheryl-Ann Dagenais, Comité Logement d’aide au Locataires (CLAL)

Vincent Baillargeon, Comité populaire Saint-Jean-Baptiste

Sébastien Harvey, Ligue des droits et libertés – sections de Québec

Karine Drolet, Regroupement des groupes de femmes Chaudière-Appalaches (RGFCA)

Nancy Beauseigle, Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale (RGFCN)

Marie Dionne, Rose-du-Nord

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