National
17:49 24 avril 2018 | mise à jour le: 24 avril 2018 à 17:49 temps de lecture: 3 minutes

Peine de Bissonnette: il était criminellement responsable, selon un psychiatre

QUÉBEC — Un psychiatre retenu par la défense ne croyait pas qu’Alexandre Bissonnette pourrait invoquer avec succès une défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.

Alexandre Bissonnette est accusé de 6 meurtres.

(Photo tirée de Facebook)

C’est là l’une des nombreuses conclusions rapportées par le psychiatre légiste Sylvain Faucher au juge François Huot, de la Cour supérieure, aux audiences sur la détermination de la peine qui sera imposée à Bissonnette, reconnu coupable d’avoir tué six hommes et d’en avoir blessé cinq autres à la grande mosquée de Québec le 29 janvier 2017.

Cette défense avait été plaidée notamment par Guy Turcotte, l’homme accusé d’avoir poignardé à mort ses deux enfants. Le docteur Faucher avait d’ailleurs témoigné pour la Couronne dans cette cause tristement célèbre: lors du premier procès du cardiologue, M. Faucher avait conclu que Turcotte était responsable de ses actes.

Les services du docteur Faucher avaient été retenus par les avocats de Bissonnette notamment pour déterminer si cette défense était possible, et il a rencontré pour évaluation le jeune homme deux fois en septembre et décembre 2017.

Le psychiatre a conclu que le tireur de la mosquée comprenait la nature de ses gestes et était capable de déterminer s’ils étaient bons ou mauvais.

Bref, son état mental n’était pas altéré par une psychopathologie majeure.

C’est au tour de la défense de présenter preuves et témoignages pour obtenir la peine la moins longue possible pour Bissonnette.

Avant, la Couronne a contre-interrogé le psychologue Marc-André Lamontagne, qui a évalué la dangerosité et le risque de récidive de Bissonnette.

Lundi, ce psychologue avait témoigné une bonne partie de la journée, à la demande des avocats de la défense.

Selon lui, Bissonnette, âgé de 28 ans, est réhabilitable et son risque de récidive est modéré.

Il a aussi rapporté que Bissonnette savait ce qu’il faisait le 29 janvier 2017 lorsqu’il a fait irruption dans la grande mosquée de Québec.

Il voulait s’enlever la vie, mais souhaitait avant de poser ce geste faire un «acte grandiose», pour qu’on se souvienne de lui.

Le jeune homme se percevait très négativement, mais il compensait au niveau de la fantaisie, en ayant développé une image grandiose de lui-même dans sa tête, a raconté l’expert.

Bissonnette est passible de 150 ans de prison pour les six meurtres et les six tentatives de meurtre dont il a été déclaré coupable. Ses avocats vont plaider qu’il ne devrait passer que 25 ans derrière les barreaux avant d’être admissible à une libération conditionnelle.

Stéphanie Marin, La Presse canadienne

Articles similaires

Commentaires 0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *