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17:39 26 avril 2018 | mise à jour le: 26 avril 2018 à 17:39 temps de lecture: 3 minutes

Bissonnette: ce n’était pas un crime terroriste, dit un psychiatre

QUÉBEC — La tuerie commise par Alexandre Bissonnette était un crime égoïste, et non terroriste, a fait valoir jeudi matin un psychiatre appelé à la barre par la Couronne.

Alexandre Bissonnette

Photo tirée de Facebook

Le jeune homme de 28 ans n’avait pas de revendication ni d’idéologie qu’il mettait de l’avant en posant ces gestes.

Ce n’était qu’en fonction de lui, a déclaré Gilles Chamberland, expert en psychiatrie légale.

Bissonnette développait depuis un bon moment un projet de suicide, qui devait régler ses problèmes, et qui est devenu la porte de sortie de sa vie.

Puis, juste s’enlever la vie lui est apparu comme n’étant pas un projet satisfaisant. Il s’est alors fait une construction raciste, «basé sur des choses complètement fausses», explique le psychiatre, qu’il avait besoin de croire pour prendre la communauté musulmane comme cible.

Un crime trop égoïste pour être terroriste, juge-t-il.

Et avec des bases racistes, malgré ce qu’il prétend, a ajouté l’expert. Bissonnette a déclaré à la cour qu’il n’était pas islamophobe.

Il avait vraiment l’intention de se suicider, croit-il également: «Il avait gardé des balles».

Son potentiel de réhabilitation est très difficile à évaluer, a-t-il fait valoir au juge François Huot de la Cour supérieure.

Des thérapies seront disponibles en prison, certes, mais des gens intelligents s’en servent pour apprendre quoi dire et paraître sous le meilleur angle possible. L’expert note que Bissonnette peut être «stratégique» et qu’il est capable de changer ses versions.

Le docteur Chamberland a témoigné aux audiences pour la détermination de la peine d’Alexandre Bissonnette, déclaré coupable pour la tuerie de la grande mosquée de Québec.

Il a rencontré Bissonnette pendant quatre heures la veille.

Cette semaine, la défense a fait entendre un psychologue et deux psychiatres qui ont évalué la dangerosité et le risque de récidive de Bissonnette, afin de démontrer au juge qu’il est réhabilitable et pourra éventuellement réintégrer la société. 

Avec M. Chamberland, la Couronne cherche à répliquer à certains éléments mis en preuve par la défense.

Bissonnette a été déclaré coupable de six meurtres et de six tentatives de meurtre pour la tuerie qui s’est déroulée à la grande mosquée de Québec le 29 janvier 2017.

Il est passible de 150 ans de prison, soit 25 ans par meurtre commis.

Les avocats de Bissonnette vont plaider qu’il ne devrait passer que 25 ans derrière les barreaux avant de pouvoir être admissible à la libération conditionnelle.

Stéphanie Marin, La Presse canadienne

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