Société
22:16 17 octobre 2018

Éducatrice: «Pas un métier que tout le monde peut faire»

TÉMOIGNAGE. Geneviève (nom fictif pour préserver l’anonymat), est éducatrice en service de garde pour la Commission scolaire des Premières-Seigneuries. Elle se confie sur les conditions de travail qu’elle constate au quotidien. 

Le métier d’éducatrice en service de garde scolaire n’est pas fait pour tout le monde, selon une éducatrice de la Commission scolaire des Premières-Seigneuries.

(Photo – Deposit Photos)

Parcours

Geneviève a un diplôme en Techniques d’éducation à l’enfance ainsi qu’un diplôme en Techniques d’éducation spécialisée. Elle a suivi cette formation en même temps qu’elle avait obtenu un poste de remplaçante en service de garde dans une école.

Défis

L’éducatrice trouve long et difficile de commencer une carrière en tant qu’éducatrice. «Il faut beaucoup d’années d’expérience pour avoir un poste qui a de l’allure. Et à chaque année c’est à recommencer», explique-t-elle. En effet, les postes sont donnés lors de séances d’affectation (sur le même principe que pour les enseignants). L’éducatrice a actuellement un poste de 17h et 45 minutes, mais elle a également quelques heures en éducation spécialisée ajoutées, ce qui lui «donne une chance». Elle mentionne que si elle n’avait pas la possibilité de faire ces quelques heures en éducation spécialisée et si elle n’habitait pas chez ses parents, elle serait dans l’obligation d’avoir un 2e emploi pour avoir suffisamment d’argent pour vivre.

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Fonctionnement différent selon les écoles

Geneviève considère qu’elle est chanceuse d’être dans une école qu’elle a pu choisir, où elle travaille en collaboration avec d’autres membres du personnel de soutien scolaire. Cependant, l’année passée, elle n’est pas bien tombée. «La première école pour laquelle j’ai travaillé, on avait du budget, des beaux jeux et quand c’était brisé on les mettait à la poubelle et on en achetait d’autres. L’année dernière, j’ai travaillé dans une école qui avait un budget dans le négatif. «Fallait tout réparer, ne rien jeter, fait valoir la jeune femme. Chaque école a sa dynamique personnelle et aucune ne fonctionne de la même façon», se désole-t-elle. Elle achète souvent de sa poche des jeux adaptés pour ses élèves.

Le défi de la discipline et de la stabilité

L’employée de la commission scolaire admet que les enfants sont parfois difficiles et ont besoin de beaucoup d’encadrement. «Oui, les enfants nous envoient promener, oui, ils ont de l’attitude, oui ils nous manquent de respect mais c’est des enfants et c’est ma job de leur dire de bien se comporter, de me respecter et de soigner leur langage», raconte-t-elle. Geneviève croit que le vrai problème, ce sont les adultes qui encadrent. «Il n’y a pas de stabilité dans le personnel, déplore-t-elle. Dans mon pavillon, il a y cinq postes, mais deux sont encore vacants. Ça fait deux groupes d’enfants qui n’ont pas d’adulte de référence depuis le début de l’année».

L’éducatrice constate que certains de ses collègues manquent de fermeté et de discipline pour encadrer les enfants, ils sont là selon elle «parce que c’est payant mais ils s’en fichent du travail, s’indigne-t-elle. On manque effectivement de personnel dans les écoles, mais c’est principalement pour combler des 10 à 15 heures semaines et ce n’est pas un métier que tout le monde peut faire!».

Cependant, elle confie que pour elle, il n’y a pas de plus beau métier au monde que celui d’éducatrice et qu’il n’y a rien de plus gratifiant que de voir des enfants évoluer. 

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