Société
17:00 30 novembre 2018

La photo scolaire: une tradition qui divise

PORTRAIT. Chaque année, les parents de milliers d’enfants au Québec doivent coiffer et habiller leur progéniture afin qu’elle paraisse à son meilleur lors de la traditionnelle photo de classe. À l’heure où les parents ont des dizaines de clichés de leurs enfants dans leur téléphone intelligent et malgré son côté protocolaire et mémorable, la photo de classe est-elle encore populaire?

Avec certaines entreprises, il ne s’agit pas que de faire un choix parmi les différentes épreuves. Les parents d’Angélique Turgeon n’avaient pas réalisé qu’il fallait aussi recadrer les photos. Le résultat leur a fait comprendre leur erreur.

(Photo Métro Média – Perrine Gruson)

La plupart des parents questionnés ont indiqué acheter la photo pour différentes raisons. La principale? «Ça fait un souvenir». Les plus? «C’est une photo professionnelle», indique Cindy Patterson. «C’est un souvenir imprimé», ajoute Julie Gagné. «On aime aussi voir l’évolution à chaque année», mentionne Audrey Tremblay. Plusieurs mères de Québec ont confié en donner des exemplaires à la famille proche.

Noémie Stuelsatz-Girard considère quant à elle qu’elle peut prendre de bien meilleures photos que celles scolaires sur un fond un peu quétaine.  «Ça ne ressemble pas à nos enfants. L’an passé, le photographe a même replacé les cheveux de ma fille», fait valoir Mélissa Morin qui ne les achète pas.

Des prix exorbitants

La photo scolaire comprend toujours plusieurs portraits de l’enfant mais également une photo de groupe toujours gratuite. Les prix varient généralement de 15$ pour un tirage à parfois plus de 60$ pour l’ensemble des photos. Achat numérique seulement, photo imprimée sur tee-shirt, tasses ou aimants, le choix est vaste. Laurie Bélanger se contente d’ailleurs de garder les épreuves en raison du montant, souvent jugé excessif.

Fonctionnement indépendant à chaque école

Il faut savoir que la photo scolaire est discutée de façon interne au sein du conseil de chaque établissement qui choisit un photographe. L’école du Freinet, située à Beauport, a d’ailleurs un comité spécial à la photo de classe formé de quatre ou cinq parents qui se rencontrent trois fois par année pour recevoir les offres des photographes, faire un choix, attribuer le contrat et organiser la journée photo, peut-on lire sur leur site internet.

À l’école Jeunes-du-Monde de Limoilou, une enseignante souhaitant rester anonyme indique que la question d’arrêter la tradition s’est posée sérieusement l’année dernière. «Plusieurs compagnies [de photographie] boycottent même notre école car elles ne font pas assez de ventes, ce n’est pas assez rentable par rapport à la photo de groupe gratuite», déplore-t-elle. Finalement, l’enseignante a indiqué que l’école a décidé de garder la tradition. D’abord, pour la photo de groupe qui renforce le sentiment d’appartenance, ensuite pour avoir une photo d’identité des élèves dans le système informatique.

Plusieurs autres enseignants indiquent que la photo de groupe est essentielle comme souvenir collectif.

La Fédération des comités de parents du Québec n’a pas de position précise sur le sujet. «Pour nous, ce qui est important c’est que ce soit décidé au sein de chaque établissement et que les parents aient le choix de la prendre ou non», souligne Stéphanie Rochon, conseillère en communication pour la Fédération des comités de parents du Québec.

Invitées à commenter le dossier, les entreprises de photographie scolaires Le Danube et Photo de la Capitale n’ont pas retourné nos appels.

  • L’immortalisation de l’enfant en milieu scolaire existe en Occident depuis l’avènement de la photographie, selon Wikipédia.

 

Perrine Gruson


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