Société
13:30 22 août 2016

Rentrée scolaire: la parole aux profs

ÉDUCATION. La rentrée des classes amène son lot de sujets habituels: les aberrations de la liste de fournitures scolaires à acheter, la reprise de la routine réglée au quart de tour, les frais de scolarité… On en oublie presque les professeurs: comment vivent-ils le retour à l’école?

Julie Marcotte (niveau: primaire 2e année; expérience: 12 ans)

L’été tire à sa fin: qu’est-ce qui vous donne envie de retourner travailler?

«Je suis soulagée de voir qu’après 12 ans, la rentrée m’amène encore une belle dose d’excitation! L’univers touchant et divertissant des enfants, leur enthousiasme, le sentiment d’appartenance et la complicité qui s’installent dans la classe et les journées qui passent à la vitesse de l’éclair, c’est sans doute ce qui me donne envie de remettre les pieds à l’école. J’aime bien préparer ma classe aussi, penser à de nouvelles activités, à de nouvelles façons de fonctionner. On a l’impression de tout reconstruire à chaque fois! Et j’aime ça.»

Quel est le plus gros défi qui vous attend cette année?

«Des défis, il y en a toujours à la tonne! Et c’est un peu comme la boîte de chocolats de Forrest Gump, On ne sait jamais sur quoi on va tomber… Je m’attends à plusieurs élèves en grandes difficultés d’apprentissage cette année. Je sais que certains n’ont pas appris à lire l’an dernier et ces élèves “non-lecteurs” représentent un grand casse-tête de logistique en deuxième année. Trouver du temps pour les aider sera en soi un très grand défi.»

Dans le sac à dos du bon prof, on retrouve quoi?

«D’une année à l’autre, d’un enfant à l’autre, les outils nécessaires sont différents. Je répondrais donc de la flexibilité! Un bon sens des priorités, de l’énergie en quantité industrielle. Une grosse dose de lâcher-prise, pour ne pas s’épuiser. Et de l’amour… Je suis de ceux qui croient fermement qu’on enseigne beaucoup mieux quand on le fait avec amour!»

***

Martin Fortin (niveau: secondaire; matière: histoire; expérience: 26 ans)

L’été tire à sa fin: qu’est-ce qui vous donne envie de retourner travailler?

«Ce qui nous donne hâte, c’est de savoir qu’on va rencontrer 120 nouveaux élèves, 120 nouveaux visages, 120 personnes à qui on a tant de choses à dire pendant un an. Les adolescents, ils nous gardent jeunes. Physiquement, on vieillit un petit peu, mais on garde toujours l’esprit alerte et jeune quand on côtoie d’année en année des jeunes adolescents. Ça nous énergise en même temps.»

Quel est le plus gros défi qui vous attend cette année?

«Le plus grand défi, ce qui nous rend le plus fébrile, c’est de trouver les pistes pour intéresser tout le monde. De faire les bons choix d’activités, de matériel, de mots, des bons choix de présentation qui vont faire en sorte que tout le monde va s’intéresser à la matière qu’on enseigne, ou à tout le moins le plus grand nombre. […] Après plusieurs années, on développe des recettes qu’on sait qui marchent bien. On profite de l’expérience qu’on a, mais on reste toujours à l’affût des nouvelles choses qui pourraient bonifier et améliorer notre façon de faire. Concernant ma matière, il y a plusieurs grands trucs: lire beaucoup pour continuer de s’inspirer, faire les liens entre l’histoire et l’actualité, voyager.»

Dans le sac à dos du bon prof, on retrouve quoi?

«De la passion, de l’énergie et de l’habileté à communiquer la passion qu’il a pour sa matière. […] Aussi, c’est facile quand on enseigne ma matière de se disperser, donc mon outil fétiche, c’est mon agenda papier. Je les garde tous depuis mes 25 dernières rentrées, j’ai mes 25 autres agendas de prof dans mon classeur et ça me permet de valider si j’ai du retard, si j’ai de l’avance, qu’est-ce que j’ai fait l’année passée qui a mal été… C’est mon outil de validation professionnelle. J’ai une collection de plus de 400 livres d’histoire dans ma classe auxquels je réfère tout le temps avec les étudiants pour leur montrer que les documents, on les trouve dans les livres. Je les feuillette devant eux. C’est mon grand outil de travail.»

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Karine Dion (niveau: cégep; matière: biologie; expérience: 12 ans)

L’été tire à sa fin: qu’est-ce qui vous donne envie de retourner travailler?

«J’ai hâte de rencontrer mes nouveaux groupes et partager avec eux! Ils me donnent de l’énergie! J’adore les voir apprendre. J’ai aussi hâte de revoir mes collègues, on est une super gang.»

Quel est le plus gros défi qui vous attend cette année?

«Je donne un cours que je n’ai pas enseigné depuis 10 ans, donc c’est comme un nouveau cours et j’ai hâte de me replonger dans cette matière.»

Dans le sac à dos du bon prof, on retrouve quoi?

«Du dynamisme et de la passion!»

Québec Hebdo

Equipe Redaction


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