Société
13:50 23 avril 2017 | mise à jour le: 23 avril 2017 à 13:50 temps de lecture: 4 minutes

L’inclusion s’invite à l’École de cirque de Québec

INTÉGRATION. Depuis environ cinq ans, le cirque a fait son entrée dans le quotidien de Mauro Rodriguez, Gabriel Kafka et leur famille. Avec les autres élèves, ils apprennent à sauter, jongler, rouler et se tenir en équilibre. L’un vit avec l’autisme, l’autre avec la trisomie.

Gabriel Kafka participe depuis cinq ans au cours de l’École de cirque de Québec.

(Photo TC Media – Prisca Benoit)

Depuis maintenant 10 ans, l’École de cirque de Québec accueille un programme consacré aux élèves vivants avec des besoins spécifiques. Chaque session, près d’une dizaine d’élèves, dont Mauro et Gabriel, viennent dépenser leur énergie à l’école dans le programme de loisirs. Ils sont avec un groupe de leur âge et un éducateur les accompagne dans leurs activités.

Le programme n’est pas seulement bénéfique pour ces élèves, il l’est aussi pour l’ensemble des groupes, selon Nancy Lessard, directrice du secteur des loisirs à l’École de cirque de Québec. «Ça leur montre la différence et la tolérance, croit-elle. Il manque de ça dans le monde en ce moment pour que ça aille mieux.» Même les entraîneurs qui ont travaillé à l’école comme premier emploi l’ont remarqué. «J’en ai qui sont revenus me voir et qui m’ont dit comment ça leur a été bénéfique, se remémore la directrice, tout sourire. Travailler avec ces enfants-là, ça ramène les choses à l’essentiel, à l’humain.»

Le cas de Mauro et Gabriel

Quand le père de Mauro, Rodrigo Rodriguez est arrivé à Sainte-Foy avec sa famille, il ne connaissait encore personne et commençait à apprendre le français. Son fils, Mauro, avec déjà un intérêt marqué pour le cirque grâce à un disque du Cirque du Soleil. Quand, par hasard, ils ont croisé l’École de cirque de Québec en 2011, ç’a été un véritable coup de foudre. «Ici, c’est un endroit où on se sent à l’aise, explique le papa. C’est plus qu’une école, c’est une famille.» Comme de fait, après Mauro, ses trois autres enfants se sont inscrits à des cours.

Gabrielle Chabot-Roberge, Mauro Rodriguez, Anne Kafka et Gabriel Kafka.

(Photo TC Media – Prisca Benoit)

Chez Nadine Tremblay, la maman de Gabriel, c’est la technicienne en éducation spécialisée qui lui avait recommandé d’inscrire son fils à une activité sportive lorsqu’il n’avait que 4 ans. De fil en aiguille et grâce à quelques connaissances, c’est à l’École de cirque de Québec qu’ils se sont retrouvés. «Maintenant, il est plus indépendant, il gagne en autonomie», voit sa mère.

Cinq ans plus tard, les deux parents ne peuvent que constater les effets bénéfiques qu’a eus le cirque sur leurs enfants. Après quelques mois, Nadine a remarqué des changements chez son garçon, qui développait petit à petit sa motricité et son tonus. «Ce sont des changements qui prennent du temps, mais après plusieurs années, ça fait toute la différence», croit la maman de Boischatel. Puis, ce sont les aptitudes sociales des deux garçons qui ont évolué. «Ce n’est pas juste les exercices physiques qui s’améliorent, c’est aussi la connexion avec les autres», remarque Rodrigo.

Un travail à temps plein

Rodrigo et Nadine en conviennent: c’est difficile pour les parents d’enfants vivants avec une difficulté intellectuelle de trouver un sport auquel leur enfant pourra participer. Souvent, les règles deviennent trop complexes et donc difficiles à suivre pour certains jeunes. «Ici, on a un outil extraordinaire entre les mains», estime la directrice de l’école. C’est que le cirque permet d’apprendre à son rythme et de façons individuelles tout en étant intégré à un groupe d’amis de son âge.

Durant toute l’année, l’École de cirque de Québec ramasse des fonds pour son programme d’immersion d’enfants vivant avec des différences. Grâce aux dons amassés, le cours récréatif coûte le même prix pour tous les enfants, peu importe leur condition. La différence, c’est que les élèves comme Gabriel et Mauro ont un éducateur avec eux qui supervise leurs activités.

Gabriel Kafka et Mauro Rodriguez avec leur deux éducatrice, Gabrielle Chabot-Roberge et Anne Kafka.

(Photo TC Media – Prisca Benoit)

Au programme de loisirs s’ajoute aussi la visite de l’école Quatre-Saisons de Québec. Deux fois par semaine, des élèves de cette école pour enfants qui ont un trouble relevant de la psychopathologie participent aux activités de l’École de cirque, les cours s’étant ajoutés à leur cheminement scolaire.

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