Société
16:02 14 janvier 2017 | mise à jour le: 14 janvier 2017 à 16:02 Temps de lecture: 3 minutes

Hockey mineur : la relation parents-arbitres demeure fragile

HOCKEY. Loïc, 10 ans, patine à toute vitesse en direction du filet ennemi. Hubert le pourchasse, voulant l’en empêcher. Loïc perd pied accidentellement et tombe sur la surface glacée. La belle chance de marquer qui se dessinait vient d’avorter. Les deux officiels ne se laissent pas prendre au piège. Hubert ne sera pas chassé puisqu’il n’y est pour rien, les apparences étant trompeuses.

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Dans les gradins, le père de Loïc fulmine, réclamant une pénalité. Impétueux, il se lève pour injurier les deux jeunes arbitres. Sa conjointe lui saisit le bras au dernier instant et le somme de se calmer. Il obtempère en rechignant. La catastrophe a été évitée de peu.

Ce genre de scène se répète tous les hivers dans les arénas québécois. Encore en 2017, les débordements sont toujours aussi nombreux. Il faut avoir la couenne dure pour endosser l’uniforme rayé.

«Les deux premières années comme arbitre font souvent la différence. Si tu passes au travers, tu sais que tu es fait pour ça, sinon, tu comprends assez vite que l’arbitrage n’est pas pour toi», raconte Anthony Leduc, coordonnateur de l’arbitrage du 38e Tournoi provincial atome Yum Yum de Warwick.

Celui-ci en est à sa 16e saison à faire la loi sur la glace. Des invectives, il en a entendu de toutes sortes au fil des ans. «Et la situation ne s’est pas améliorée avec le temps!», poursuit-il.

Le président du tournoi, Ian Charron, n’a noté aucune anicroche ni incident concernant l’arbitrage depuis le début du tournoi, fait plutôt rare dans le monde des tournois de hockey mineur. Il précise que le Tournoi atome jouit d’une réputation appréciable à ce chapitre. «Et la réputation d’un tournoi est souvent directement liée à la qualité de son arbitrage. On prend bien soin de cet aspect», dit-il, ayant lui-même arbitré pendant de nombreuses années.

Les entraîneurs aussi

Chez les Sieurs de Terrebonne, parents et bénévoles se tiennent à carreau. Derrière le banc de l’équipe atome A, Nicolas Dutil mène la barque. Arbitre dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec depuis 20 ans, il est évidemment sensible à la réalité des jeunes officiels. Il n’accepterait pour rien au monde qu’un de ses protégés manque de respect aux arbitres.

«À notre niveau, il faut s’amuser et se développer. Ça tient autant pour les joueurs que pour les officiels. Avant le niveau bantam AAA, où le calibre de compétition devient élite, je crois qu’il est déplacé de critiquer les arbitres et de leur mettre de la pression», souligne-t-il.

Enseignant en éducation physique et coordonnateur du programme de la Ligue de hockey préparatoire scolaire (LHPS) de l’École secondaire Lucille-Teasdale à Terrebonne, Dutil trouve lui-même que certains parents et entraîneurs exagèrent. «Une fois, pendant un match de notre équipe, j’ai signalé à l’entraîneur adverse de cesser de s’en prendre à l’arbitre. C’était déplacé», raconte-t-il.

La LHPS accorde une attention particulière au comportement des siens. Dutil apprécie la philosophie de ce circuit scolaire, qui aidera, selon lui, à briser cette culture de dénigrement des jeunes arbitres instaurés depuis toujours au Québec. « Ça a toujours été comme ça. Il faut avoir une carapace lorsqu’on arbitre. À un certain niveau, il est normal que notre travail soit scruté, mais présentement, c’est trop tôt », a-t-il conclu.

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