Économie
16:05 10 février 2017 | mise à jour le: 10 février 2017 à 16:05 temps de lecture: 4 minutes

Le resserrement hypothécaire freinera les mises en chantier

PERSPECTIVES. Les constructeurs résidentiels se font très réalistes pour l’activité de construction en 2017. L’impact des nouvelles règles hypothécaires plus sévères devrait se faire sentir de façon significative, puisqu’un repli de l’ordre de 18% est anticipé pour les mises en chantier d’habitation.

Ce sombre pronostic est celui de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ). Pareilles prévisions économiques suscitent des préoccupations quant à l’état du marché de la construction résidentielle, alors que des mesures récemment annoncées par le gouvernement fédéral risquent de freiner l’accès à la propriété au Québec.

Pour l’année 2016, les prévisions initiales de l’APCHQ pour les mises en chantier étaient de l’ordre de 36 000 habitations. Un peu meilleur, le bilan annuel a été relevé à 37 900 mises en chantier. Il s’agit d’un niveau stable par rapport à 2015, qui elle-même était une année modeste. Pour l’année 2017, l’Association prévoit une production de 31 000 mises en chantier, en net recul de 18% par rapport à l’an dernier.

«Ces données pour l’année 2017 nous préoccupent grandement. La diminution importante des mises en chantier est la conséquence directe des mesures annoncées récemment par le gouvernement fédéral », affirme Georges Lambert, économiste principal à l’APCHQ. Ironiquement, dans ses prévisions économiques initiales, l’APCHQ prévoyait pour 2017 une diminution de 2% des mises en chantier. Toutefois, une nouvelle analyse a été rendue nécessaire à la suite de l’annonce d’un resserrement du financement hypothécaire.

Accès plus difficile

Parmi les mesures annoncées, le gouvernement fédéral exige désormais que les nouveaux prêts hypothécaires assurés fassent l’objet d’une «simulation de crise» pour vérifier que les emprunteurs seront en mesure de rembourser leur hypothèque si, par exemple, une hausse des taux d’intérêt survenait.

L’APCHQ estime que le resserrement des conditions dressera une barrière de plus à l’accès à la propriété. «Le taux de propriété des ménages québécois est seulement de 61%. Nous sommes la seule province sous les 70% du taux de propriété. Le resserrement hypothécaire risque de nuire à 74 000 ménages qui sont actuellement aptes à devenir propriétaires. Rien pour favoriser l’accès à la propriété», déplore M. Lambert.

«À Québec, on perçoit des signes de surévaluation. Ces résultats découlent de la récente diminution du bassin d’accédants à la propriété (25 à 34 ans), et de la croissance modérée du revenu disponible des ménages. Par ailleurs, des signes d’essoufflement persisteront dans la conjoncture économique et démographique de la capitale, ce qui restreindra la demande d’habitations», observe Élisabeth Koulouris, chef analyste à la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) – région de Québec

Le locatif domine

Représentant 35% des mises en chantier en 2013, le taux des mises en chantier des maisons individuelles est passé à 29% en 2014 et devrait diminuer à 26% en 2016 et 2017. L’évolution des mises en chantier des maisons individuelles a donc connu un tournant majeur au cours des dernières années. Par ailleurs, l’APCHQ remarque que la production locative devrait constituer une part de marché de plus en plus importante. En 2014, elle représentait 24% du total des mises en chantier et elle devrait s’accroître à 39% et 42% en 2016 et 2017 respectivement.

«Ce secteur contribuera à maintenir un certain niveau d’activité, particulièrement en ce qui concerne les résidences pour personnes âgées. Toutefois, il ne faut pas oublier qu’une fois que les besoins pour servir cette clientèle seront comblés, ce segment de marché ne sera plus aussi porteur», termine Georges Lambert.

TC Media

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