Économie
18:24 4 avril 2017 | mise à jour le: 4 avril 2017 à 18:24 Temps de lecture: 4 minutes

«Le Québec n’est plus le cancre qui vit au-dessus de ses moyens»

FINANCES. «C’est fini l’époque où le Québec était le cancre de la fédération canadienne. Terminée la succession des budgets dans le rouge. Nous avons mis en place un plan d’action ambitieux et nous sommes condamnés à réussir, parce que le vieillissement de la population nécessite une meilleure gestion des fonds publics.»

Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, a expliqué son plan économique 2017-18 devant la Chambre de commerce et d’industrie de Québec.

(Photo TC Media – François Cattapan)

C’est en ces termes que le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, décrit son plus récent exercice budgétaire. Invité par la Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ), lors d’un lunch-conférence tenu mardi midi, il s’est appliqué à présenter les grandes lignes de son plan économique 2017-18.

Se voulant rassurant pour les gens d’affaires présents dans l’auditoire, M. Leitão a souligné qu’il venait de présenter le troisième budget provincial équilibré de suite. Une première depuis… l’ère Duplessis et la voie à suivre, à son avis, pour assurer la prospérité économique du Québec pour les générations à venir.

«On fait la preuve que le Québec peut vivre selon ses moyens. Autrement, on s’en allait dans le mur en dépensant continuellement de l’argent qu’on n’avait pas. La prudence reste de mise et, en ce sens, on se garde des marges de manœuvre pour faire face à une certaine incertitude», a évoqué le ministre des Finances.

Vision optimiste

Optimiste en l’avenir, M. Leitão réitère son intention de positionner l’économie du Québec parmi les plus innovantes au monde. Il s’amuse encore des critiques et du scepticisme ambiant qui ont accueilli son plan d’action. «Pourtant, l’économie du Québec vient de connaître une croissance de 2% de son PIB (Produit intérieur brut). C’est mieux que le reste du Canada et, même, pour l’ensemble des États-Unis.»

Après avoir «remis la maison en ordre», Carlos Leitão estime le temps venu de réinvestir.

(Photo TC Media – François Cattapan)

Selon le ministre, cette performance est attribuable à la consommation interne liée à la croissance de l’emploi et à la réduction du fardeau fiscal. «Tout ça, sans retomber dans le cercle vicieux des déficits, parce que nous avons remis la maison en ordre», déclare-t-il en notant que le taux de chômage à 6,4% se trouve à son plus bas niveau depuis 1990. Même que le défi consiste désormais à trouver de la main-d’œuvre.

Au grand plaisir des gens d’affaires, Carlos Leitão confirme que le temps est venu de réinvestir. Pour la première fois, un cadre financier sur cinq ans a été élaboré. Cette vision à long terme contient plusieurs investissements, dont la remise à niveau des écoles et des routes, contenus dans un plan québécois des infrastructures doté d’une enveloppe de 40G$. Outre les projets régionaux comme le SRB (Service rapide par bus) et l’Institut nordique, le ministre a aussi rappelé les mesures mises en place pour encourager les entreprises à investir à leur tour pour se moderniser et exporter.

Manifestation

La Coalition pour une justice sociale a dénoncé le budget Leitão.

(Photo TC Media – François Cattapan)

Un comité d’accueil imprévu attendait le ministre des Finances devant l’hôtel Delta à Québec, avant son allocution. Une vingtaine de manifestants de la Coalition pour une justice sociale se sont rassemblés pour dénoncer le budget Leitão. À leurs yeux, les coupures des dernières années ont eu des effets néfastes et les réinvestissements annoncés ne s’annoncent pas assez généreux pour compenser.

«Nous proposons des alternatives pour débloquer davantage de fonds pour investir dans la santé, le logement social et la lutte à la pauvreté. Parmi celles-ci, le rétablissement de la taxe sur le capital des institutions financières, l’augmentation du nombre de paliers d’imposition et l’instauration d’une assurance médicament entièrement publique sont autant de solutions pouvant permettre d’investir davantage dans nos services publics», énumère Marie-Ève Duchesne, porte-parole de la Coalition.

TC Media

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