Actualites
11:20 22 octobre 2020 | mise à jour le: 22 octobre 2020 à 12:13 temps de lecture: 5 minutes

Ados en péril: drapeau rouge d’un directeur d’école

Ados en péril: drapeau rouge d’un directeur d’école
Luc Savoie est convaincu que les adolescents sont les plus grands sacrifiés avec la pandémie. Photo gracieuseté

Covid-19. Dès le début de la pandémie, le directeur général du Séminaire Saint-François, Luc Savoie, a montré ses couleurs en décriant la situation anxiogène avec le sport scolaire. Appelé à commenter la situation scolaire en zone rouge, le dirigeant n’a pas changé son fusil d’épaule alors qu’il dit s’en faire pour la santé mentale des adolescents.    

«Définitivement que c’est alarmant comme situation et je ne suis pas surpris ni rassuré des chiffres des organismes comme Tel-jeunes. Notre service de soutien psychologique à l’intérieur de l’école a également eu à faire à une bonne augmentation depuis le passage en zone rouge. Il y a définitivement plus de craintes présentement chez nos élèves et nos parents.

Pour l’école privée de 1165 élèves, dont 900 étudiants-athlètes pratiquent un sport en concentration ou en sports-études à l’intérieur de l’école, la situation est possiblement plus difficile à gérer alors que la grande majorité des élèves sont privés de leur passion.

«C’est certain que c’est difficile, mais le climat d’incertitude a grandement contribué à créer de l’instabilité dans le milieu scolaire. Dans les derniers 28 jours ouvrables, nous avons changé trois à quatre fois de régime pédagogique. Le gouvernement a également joué au yo-yo avec les étudiants-athlètes. Ils sont maintenant privés de leur passion, qui sert bien souvent d’échappatoire pour plusieurs d’entre eux. Il n’y a pas seulement les adolescents qui sont essoufflés alors que le personnel enseignant travaille très fort. Tu veux donner le meilleur service éducatif possible, mais cela demande de la préparation et ce n’est pas évident avec le milieu qui change constamment.»

Situation irréelle

Le directeur du Séminaire Saint-François est catégorique: la population ne peut même pas imaginer ce qu’est la réalité de l’école secondaire présentement.

Luc Savoie trouve pénible de voir les élèves de son école avec des masques toute la journée. Photo gracieuseté

«C’est un peu irréel de voir tous les élèves se promener avec des masques et manger dans leur classe en ne pouvant pas côtoyer leurs amis parce qu’ils doivent rester dans leur bulles-classes. Des élèves de secondaire un qui ne savent pas vraiment encore ce que c’est le secondaire parce qu’ils ne côtoient pas les plus vieux. L’autre jour, des policiers sont venus pour voir si nos élèves respectaient la distanciation sociale sur les terrains extérieurs de l’école. Ils ont été très polis et ils ont fait leur travail de façon très professionnelle, mais comme directeur d’école je me disais qu’il y avait quand même des policiers armés sur le territoire de l’école. On s’en va où? C’est un peu intense et il y a une grande différence entre un policier en civil qui vient faire de la prévention et des policiers en uniforme de police qui sont armés aux yeux des adolescents. Je regarde notre maxime qui est un esprit sain dans un corps sain, je trouve qu’on est à l’opposé de cela actuellement.»

Crainte et sacrifice

Luc Savoie tient à ce que la population comprenne que les adolescents de 12 à 17 ans ne vivent absolument pas une vie normale actuellement.

«Je m’en fais encore plus pour les adolescents qui hésitent à consulter les services d’aide. Je pense qu’il doit y en avoir beaucoup. Je perçois de la frustration chez nos élèves et ça doit être la même chose partout dans la province. Les jeunes ont de la difficulté à comprendre pourquoi un virus qu’ils n’ont pas vraiment besoin de craindre en raison de leur âge doit forcément changer toutes leurs habitudes de vie. Est-ce que comme société on fait les bons choix présentement en demandant tous ses sacrifices à nos jeunes qui se conduisent généralement de façon exemplaire avec dans la balance la santé mentale de nos adolescents? Je ne suis vraiment pas certain.»

Message au ministre Roberge

Questionné à savoir ce qu’il ferait de différent en tant que ministre de l’Éducation, Luc Savoie n’a pas hésité avant de donner sa réponse.

«J’essaierais de rendre à nouveau l’école la plus normale possible pour les élèves et je connais très bien les risques associés au coronavirus. Nous avons eu une éclosion dans nos murs malgré le fait qu’on respecte toutes les mesures sanitaires exigées. C’est normal qu’il y ait des cas dans les écoles et il faut juste prendre les mesures nécessaires quand cela arrive. L’autre point que je demanderais aux décideurs avant de prendre une décision, c’est d’aller faire un tour dans trois ou quatre écoles différentes d’une région. Chaque école a des spécificités qui lui sont propres et après cette tournée d’écoles privées et publiques, ils pourraient être en mesure de beaucoup mieux voir ce qui peut s’appliquer à tous.»

À lire également: https://www.quebechebdo.com/local/quebec-hebdo-local/actualites-quebec-hebdo-local/233120/ados-en-peril/

https://www.quebechebdo.com/local/quebec-hebdo-local/actualites-quebec-hebdo-local/233143/ados-en-peril-des-ados-temoignent/

Articles similaires

11:00 22 octobre 2020 | mise à jour le: 22 octobre 2020 à 11:54 temps de lecture: 5 minutes
Ados en péril

Commentaires 3

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  • Diane -St-Laurent

    Merci M. Savoie d’être la pour nos enfants vous êtes le seul à se tenir debout a dire haut et fort que ça ne vas pas pour nos enfants . Quand cela vas-t-il finir merci

  • Richard

    Tant que les jeunes dans les écoles continueront de ne pas respecter les mesures sanitaires, la pandémie ira en s’accentuant. Ils sont propagateurs asymptomatiques. Qu’ils fassent leur effort, et après, ils seront de retour a leur vie…. normale. 😒😒😒

  • Julie Marcotte

    Monsieur Savoie a totalement raison. Les mesures prises amputent les ados d’une portion cruciale à leur développement : la socialisation, l’acquisition de compétences qui ultimement minent leur développement identitaire. Lorsqu’en plus, on leur coupe leur sport : un vecteur essentiel à la motivation scolaire, on ne peut imaginer les conséquences potentielles.